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Les Liens du sang /

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Description

Les Liens du sang

Ça n’est pas la chair, hélas, qui est triste, la nôtre et toutes les autres, à poils, à plumes, lisses, fripées ou rugueuses, c’est plutôt le traitement qu’on lui fait subir, le destin qu’on lui réserve. Vouée à l’assiette, fragile, consommable à outrance, voilà la chair animale passant du pré au croc, de la mangeoire au mandrin, via l’abattage et ses stations : transfert meurtrissant, corral de la mort, percussion frontale, saignée, décarcassage, mise en barquette. Et tous ces geysers de sang soudain jaillissant, giclant dru, pour s’en aller croupir dans l’angoissant et fétide mystère d’une cuve souterraine. Une noria sanglante, hurlante, dont François, héros des Liens du sang, premier roman d’Errol Henrot, employé d’un abattoir industriel, endure, nauséeux et suffoquant, le remugle épais, les cadences malades et surtout l’atroce et mécanique gestuelle. La place est bonne, pourtant, qu’occupait également son père, son grand-père avant lui. À son taiseux de père, à sa mère morose, François préfère Robert, le porcher-poète qui vit à deux pas, et accouche sa truie plein d’une délicatesse et d’une prévenance exquises, ou Angelica, l’éleveuse pour qui « la chair a de la mémoire » et qui donc ne tue pas ses bêtes. La mort de son père dont la chair morte le hante, la dénonciation de l’absurde massacre d’une vache, l’altercation violente qui s’ensuit avec le directeur accule François à fuir, une fuite qui ne sera pas une prévisible cavale, mais échappée réelle, fusion au cœur somptueux d’un paysage devenu soudain ermitage cosmique. Ainsi va toute chair...


Le dilettante, 23 août 2017
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ISBN 9782842639167
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3 critiques de la blogosphère

du 15 septembre 2017 😃😃

Très littéraire, profond, intense, réaliste, brutal, engagé et c’est ça aussi qui fait cette violence, cette fureur, cette envie de vomir, de tout casser, de fuir !

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du 2 septembre 2017 😃

La sale réalité passe par le regard de François qui essaie de s’extraire du marasme comme il s’absente du monde au quotidien. Rester loin, ne pas s’impliquer, ne surtout pas s’émouvoir. Mais la narration se fait de plus en plus pressante, les questions s’accumulent quand surgit le doute.

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du 27 août 2017 😃😃

Errol Henrot réussit un roman très fort, qui secoue, révolte mais permet surtout de mettre les hommes face à leurs actes. Une littérature engagée qui n’en oublie pas d’être belle.

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