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Zulu
19.50 € Commandé aujourd'hui, ce titre peut vous être livré à partir du 19/01/2009. Livraison gratuite
Caryl Ferey
Gallimard 2008 400 p ISBN 9782070120925.
Tag(s) : Littérature francophone - Roman policier - Série noire - Etonnants voyageurs 2008 - Les témoins du FIRN 2008 - Lectures été 2008 - Roman policier francophone
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Enfant, Ali Neuman a fui le bantoustan du KwaZulu pour échapper aux milices de l’Inkatha, en guerre contre l’ANC, alors clandestin. Même sa mère, seule rescapée de la famille, ne sait pas ce qu’elles lui ont fait... Aujourd’hui chef de la police criminelle de Cape Town, vitrine de l’Afrique du Sud, Neuman doit composer avec deux fléaux majeurs : la violence et le sida, dont le pays, première démocratie d’Afrique, bat tous les records. Les choses s’enveniment lorsqu’on retrouve la fille d’un ancien champion du monde de rugby cruellement assassinée dans le jardin botanique de Kirstenbosch. Une drogue à la composition inconnue semble être la cause du massacre. Neuman qui, suite à l’agression de sa mère, enquête en parallèle dans les townships, envoie son bras droit, Brian Epkeen, et le jeune Fletcher sur la piste du tueur, sans savoir où ils mettent les pieds... Si l’apartheid a disparu de la scène politique, de vieux ennemis agissent toujours dans l’ombre de la réconciliation nationale...


Trophée 813 francophone 2008


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Rencontre avec Caryl Férey



  • 23 août 2008 17:59, par Thierry Godefroid (203 chroniques)

    Afrique du Sud, de nos jours. Une jeune fille blanche de la bonne société est retrouvée sauvagement assassinée. Puis une autre. Ali Neuman dirige la police criminelle de Cape Town. Il est noir et n’a pas 40 ans. Avec quelques collègues qui lui sont dévoués corps et âme, il va mener personnellement une enquête aussi complexe que dangereuse, et affronter les artisans d’un complot hallucinant.

    Je n’ai pas lu les précédents ouvrages de Caryl Ferey, un auteur français qui semble susciter l’enthousiasme sans nuance du lectorat et de la critique, pour Zulu en particulier. Voilà en tout cas un roman très ambitieux à plus d’un titre. Ferey semble avoir acquis une connaissance imparable de l’histoire récente de l’Afrique du Sud, pays fort tourmenté, accablé par la pauvreté, la maladie, une immigration en plein emballement et une classe politique complètement débordée par la situation... sans compter les conflits plus ou moins souterrains qui perdurent entre les différentes ethnies et factions politiques, hérités de la récente période ségrégationniste.

    Les personnages ont eux-mêmes un passé particulièrement tourmenté : Ali Neuman a vu, enfant, la moitié de sa famille se faire massacrer ; Brian Epkeen noie son divorce dans l’alcool et encaisse douloureusement la haine féroce que lui voue son fils unique ; et si le frêle Dan Fletcher a à peu près digéré son passé de souffre-douleur, il doit affronter le cancer de son épouse dont il reste raide amoureux.

    Ferey met en musique son intrigue avec un savoir faire remarquable en misant sur la crédibilité de ses ingrédients : la psychologie complexe de ses personnages sonne juste, le contexte sociopolitique et les arguments scientifiques et médicaux semblent très documentés. La progression de l’enquête suscite un intérêt croissant et l’histoire, assez énorme, épouvante par ses accents de vérité. De ce point de vue, Zulu présente une certaine parenté avec le chef d’oeuvre de Jake Lamar, "Nous avions un rêve". J’aurais juste un petit étonnement : comment un homme à qui l’on confie la responsabilité de la section criminelle d’une ville aussi importante peut-il se dégager de toutes les tâches bureaucratiques qui doivent lui incomber pour mener comme il l’entend et quasiment en solo une enquête de terrain aussi longue que complexe ? ça me laisse un peu dubitatif.

    Le style de Ferey est fluide, les phrases bien pesées et rythmées. Malheureusement ma lecture a accroché très régulièrement sur des métaphores clinquantes qui m’ont un peu gâché le voyage : Ferey n’a vraiment pas besoin de ça pour asseoir la singularité de son écriture. Ici des nuages comparés à de l’azote liquide ( ?), là une vieille résurgence de cours de philo bien stérile ("cynique à faire brûler son tonneau"), ailleurs encore d’autres formules qui pètent sans vouloir dire grand chose – ou alors c’est moi qui suis bouché ; quelques unes repérées au fil de ma lecture, sorties de leur contexte, certes : "de dérive lointaine en diagonales quantiques", "leur plus vaine défaite" (si ça c’est pas incongru...), "à s’en fracturer les acouphènes", "un repos de haute voltige", "la vie des enfants des rues ne valait rien sur le marché, pas même un serment d’Hippocrate" ( ??), "défragmenter les orages bloqués sous sa peau", etc. Certains assimilent ça à de la poésie, pas moi. Parfois, dans un registre plus comique, la formule fait mouche ("Même sa voix avait une chemise à carreaux"). Au total, les grandes qualités que j’ai trouvées à ce texte l’emportent tout de même : il est difficile de lâcher Zulu et le roman finit par laisser une douloureuse empreinte.

    A noter au passage une brève évocation du génial Tim Buckley, par l’entremise de son talentueux fiston Jeff. Dans les années 90, le succès (mérité) de Jeff a permis à quelques jeunes curieux de se réintéresser à l’oeuvre renversante du père, mort très jeune lui aussi... mais avec 10 albums superlatifs derrière lui.

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  • 20 août 2008 16:39, par patrick (1 chronique)

    Je reviens d’AFSUD où j’avais apporté ce livre. J’ai découvert en m^me temps le roman et la ville du CAP.

    ZULU est un roman noir violent certe, mais touchant de réalité et très proche des problèmes de ce pays encore jeune et déséquilibré.

    Mais je reviens amoureux de l’AFSUD et ZULU m’a permis de ne pas oublié que ce pays était violent et encore à construire. En tant que Touriste, je ne me suis pas aperçu de cette violence mais nous avons rencontré un peupe hyper accueillant, charmant et amoureux de leur ville, de leurs traditions et de leur pays qu’ils soient blancs ou noirs.

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  • 26 mai 2008 12:17, par eric (11 chroniques)

    Un impeccable roman noir à tout point de vue (style, histoire, progression du récit,...) Après Aka et Utu une vraie confirmation que le polar français tient là un grand auteur qui n’a rien à envier aux scandinaves ou aux américains (qu’ils soient du nord comme du sud).

    Le récit est certe violent mais jamais gratuitement et ne cède donc pas à une mode de simple esthétique de la violence.

    Les derniers évènements en Afrique du Sud montre combien sous l’apparente réussite de la transition et de l’accession à la démocratie se cachent de très nombreux maux. Ce roman nous donne à lire autrement ce pays, autrement que le conte à l’eau de rose qui nous fut longtemps servi sur la grande réconciliation.

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  • 24 avril 2008 18:49, par Guillome (33 chroniques)

    Je viens de terminer Zulu et je dois dire qu’une nouvelle fois, Caryl Férey frappe là où ça fait mal... Il excèle à tous les niveaux : une intrigue implacable, une écriture dure et poétique à la fois, un style tranchant. Les personnages sont broyés, étouffés dans un monde pourri, corrompu par l’argent, par des trafics nébuleux, les hommes politiques véreux et par des trafiquants sans scrupules. La tension monte au fil des pages, on est littéralement happé par l’histoire et les nombreux rebondissements. L’escalade de la violence est difficilement soutenable mais avec Férey, on sait à quoi s’attendre. Ames sensible s’abstenir. Un polar noir de grande qualité.

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  • 23 avril 2008 18:49, par Antoine Chainas (5 chroniques)

    Zulu marque, à mon avis, un tournant majeur dans l’oeuvre de Caryl Férey : écrivain singulier, extrêmement talentueux et, en fin de compte, très cohérent dans les changements subtils qu’il opère à mesure que s’étoffe sa production.

    Là où Aka et Utu - faux diptyque - étaient des romans du déséquilibre et du chaos (Férey n’a-t-il pas d’ailleurs jadis dressé un "petit éloge de l’excès" ?), Zulu, lui, touche au firmament d’un certain équilibre : une station instable, précaire, certes. Mais si les personnages semblent en permanence osciller, trébucher, les voilà toujours, in extremis, qui se redressent (jusqu’à la fin, du moins : une conclusion éblouissante où les points de suspension martèlent à l’envi que rien n’est jamais clos.). A défaut d’être ouvertement déchirés, comme dans les précédents opus, les protagonistes évoluent vers le déchirant.

    On aime aussi Férey pour la poésie qu’il a su insuffler à un genre a priori très codifié : le thriller. "Les oiseaux tiraient des diagonales impossibles entre les angles de la falaise ; ils piquaient vers l’océan, s’inventaient des suicides, revenaient, à tire-d’aile..." La rage et l’autodestruction ont laissé place à un humanisme désabusé porté par des fulgurances qui hissent le roman largement au-dessus du tout-venant polardeux. Et la compassion se fait plus nette, plus franche.

    Sensible, tactile presque, Zulu cède encore à la noirceur. Seulement, il s’agit d’une noirceur écorchée, vibrante, profondément humaine. S’il n’y a aucune paix, aucun salut à attendre de la quête poignante à laquelle se livre le héros, la volonté d’apaisement, sa tentation sont bien là. Ainsi, réconciliation nationale et individuelle donnent l’impression de se confondre... jusqu’à ce que les trajectoires (celle de l’Histoire et celle de l’histoire) se séparent. En attendant, comme dans beaucoup d’oeuvres majeures – là où se situe indéniablement Zulu - on aura vécu quelque chose de puissant.

    On aura vécu.

    P.S : une version légèrement différente de cette chronique est parue sur le forum des rivières pourpres.

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  • 17 avril 2008 10:05, par Jean-Marc Laherrère (640 chroniques)

    Caryl Férey est un voyageur, qui aime les pays de rugby. Après une très brève incursion en Australie et deux roman néo-zélandais, le voici en Afrique du Sud. Mais attention, si vous recherchez un joli guide touristique pittoresque passez votre chemin. Comme la Nouvelle-Zélande d’ Utu et Haka , l’Afrique du Sud de Zulu est sombre, sanglante, extrêmement violente, révoltante, désespérante. Ici la pression capitaliste est d’autant plus forte qu’elle s’exerce sur un pays en construction, une population misérable, inculte, au sein de laquelle les pires superstitions subsistent ; une population locale à laquelle viennent s’ajouter les éléments les plus violents en provenance des pays voisins en guerre. Enfances dévastées, sida galopant, corruption, état totalement impuissant face à la main mise des gangs sur les townships … Le terrain de jeu idéal pour les grandes entreprises, terrain de jeu où elles peuvent se permettre tout ce qui est interdit dans les pays un peu plus « policés ». Si on ajoute à cela que, des années après la fin de l’apartheid, les vieilles haines n’ont pas toutes disparues, on a une bonne idée de la couleur du tableau.

    Dans ce chaos, comme toujours, Caryl Férey lâche ses personnages au milieu des fauves. Ecorchés, hantés et têtes dures, ils iront bien entendu jusqu’au bout, quoi qu’il leur en coûte. Rageur, violent et lucide, ce nouveau roman de Caryl Férey secoue le lecteur, l’assomme, le révolte. Il est très dur, mais une fois de plus passionnant et indispensable.

    Voir en ligne : http://actu-du-noir.over-blog.com/

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