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Versus
Antoine Chainas rien
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Gallimard, 2008 « Série Noire » 155 x 225 mm. 544 pages ISBN : 9782070786374

Après avoir voulu faire plonger des policiers municipaux impliqués dans le meurtre d’un SDF en pleine période préélectorale, Andreotti, jeune flic idéaliste, a été cassé par sa hiérarchie. Après deux années d’arrêt maladie à moitié forcé, il est intégré à la Brigade des Mineurs, dirigée par le terrible et monstrueux major Nazutti.

Nazutti est un vieux de la vieille, un flic qui a connu les petits commissariats quasi-autonomes perdus en pleines « banlieues ». C’est un homme qui s’est affranchi de toute morale, un être furieux qui marine dans une haine absolue du genre humain. Sa mission : mettre hors d’état de nuire les pervers en tout genre, les pédophiles, les violeurs en série… La loi est le dernier des soucis de Nazutti, pour qui la fin justifie tous les moyens. À peine le binôme improbable est-il constitué qu’il se retrouve plongé dans une affaire de tueur en série. Des cadavres de pédophiles sont retrouvés avec une balle dans la tête tirée à bout portant ; à proximité, des corps d’enfants dans des sacs en plastique ; des poèmes sont placés sur le corps des victimes… Mais le plus troublant est que ces poèmes sont étrangement proches de ceux qu’un assassin d’enfants (enfermé en prison vingt ans plus tôt suite à une enquête pour le moins musclée de Nazutti) envoie à la mère d’une de ses victimes. Très vite, l’enquête va plonger Andreotti dans le passé pour le moins violent et obscène de Nazutti.

Ce pur roman policier, terriblement réaliste, nous projette dans le crâne en ébullition d’un « sale flic » misogyne, raciste, intolérant, baignant dans sa haine comme un monstre dans son bain de formol. Mais cette sauvagerie est transcendée par un style hors du commun qui fait de Versus un exercice de haute voltige sans temps morts





rien La presse en parle
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8 chroniques

  • Versus

    12 février 2008 14:59
    par Jean-Marc Laherrère ( 612 chroniques )
    Cela faisait très longtemps que je n’avais pas pris une telle claque. Nazutti est incandescent. Une boule de haine et de violence. Tous ceux qui l’approchent se brûlent. Personnages comme lecteur (et l’auteur ?). Ceci n’est pas un jugement de valeur. Je ne prétends pas que cela rend la livre meilleur ou pire que d’autres. C’est une constatation. Force est de reconnaître qu’il faut un talent immense pour arriver à un tel résultat. Le lecteur peut soit fuir un tel livre comme la peste, soit rester scotché, fasciné, happé. Et hanté. Car on ne peut plus oublier Nazutti. Avec lui on plonge au plus sombre, au plus crade de l’âme humaine. Avec lui on explore l’envers d’une ville touristique de la côte méditerranéenne. Il est à la fois le repoussoir, le concentré de toutes les haines et généralités imbéciles, et une sorte de force, d’intégrité dure comme le silex qui fascine. Autour de ce personnage inoubliable se tresse une intrigue beaucoup plus élaborée et serrée que dans le premier roman de Chainas ; et le portrait sans concession d’une société sans âme ni valeurs, uniquement basée sur l’apparence, la futilité, la consommation effrénée et le fric. Avec ce second roman, Antoine Chainas s’affirme comme une des voix les plus puissantes et les plus originales du polar français. A défaut d’être une des plus aimables !

    Voir en ligne : http://actu-du-noir.over-blog.com/

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  • Versus

    4 mai 2008 22:48
    par tisotte ( 3 chroniques )
    OK, l’histoire est bien construite, avec brio, même. Le personnage de Nazutti est tellement réussi qu’il en devient "vivant". Je n’en dirais pas autant du petit flic intègre, cassé par son passé et sa hiérarchie, en difficultés dans son couple : vraiment trop caricatural. Globalement, le bouquin est bien, mais j’ai quand même été tentée plusieurs fois de le lâcher. Pas cause de la violence, mais pourquoi truffer les pages d’un argot vieillot et démodé, qui vient vraiment comme un cheveu sur la soupe ? Je trouve aussi le livre bavard par moment, je pense que quelques coupes auraient été les bienvenues. Si tel est l’avenir du polar français, cela ne me réjouit guère !

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    • Versus 6 mai 2008 22:04,
      par Thierry Godefroid ( 179 chroniques )
      D’accord avec Tisote. Je vais être honnête : je n’en ai lu qu’une ou 2 pages au hasard, et c’est absolument insupportable ! Quand le polar français se débarrasera-t-il de cet argot grotesque obligé ? c’est pour faire popu, branché borderline ou je ne sais quoi d’autre ? C’est tout ce que je déteste dans notre littérature noire à la française. Lire un pavé complet à cette sauce est mille fois au dessus de mes forces. Vraiment désolé.

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      • Versus 14 mai 2008 11:51,
        par jeanl ( 1 chronique )
        D’accord, on peut effectivement présumer, en lisant une ou deux pages au hasard, qu’un livre nous plaira ou pas. Mais, à partir de là, peut-on porter un jugement de valeur sur le roman ? Je ne le crois pas. Il en faut pour tous les goûts. Certains ne jurent que par Agatha Christie, d’autres par San Antonio ou Ellroy ou Exbrayat ou... ou... ou... Et c’est bien l’intérêt de la littérature, qu’elle soit grande ou de genre, de nous offrir cette diversité et ces mille et un rêves. Les critiques sans fondement (vous remarquerez que celles-ci sont toujours négatives) me gênent car elles n’apportent rien. Vraiment désolé.

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        • Versus 16 mai 2008 08:04,
          par Webmaster ( 1 chronique )
          Thierry Godefroid critique une tendance... et non le roman. Amateur de polar au goût affirmé, il peut s’exprimer même si cela ne fait pas plaisir.

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          • Versus 16 mai 2008 09:49,
            par Jean-Marc Laherrère ( 612 chroniques )

            Certes Thierry a beaucoup lu. Ceci dit je rejoins l’intervenant précédent. Juger un roman de 500 pages en en ayant survolé 1 ou 2 pages me semble un peu rapide, et surtout, pas très constructif. Je ne vois pas de quelle "tendance" il est question ici. Je n’ai pas vu d’argot grotesque dans ce roman. Et je n’ai rine lu qui ressemble, de près ou de loin, à Versus. Je ne vois donc pas comment il pourrait s’inscrire dans une tendance quelconque. Qui d’autre écrit comme lui ?

            Ceci dit, je crois l’avoir dit dans mon message, il est certain que Versus ne peut pas plaire à tout le monde, il est trop extrême, et crée forcément des réactions extrêmes, toutes aussi légitimes les unes que les autres.

            Voir en ligne : http://actu-du-noir.over-blog.com/

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            • Versus 17 mai 2008 16:42,
              par Thierry Godefroid ( 179 chroniques )

              Je ne prétends évidemment pas porter un jugement complet sur le roman de Chainas, comment le pourrais-je ? Les quelques lignes ci-dessus rendent compte de ma réaction épidermique à la lecture de plusieurs passages pris au hasard, passages que j’ai supposés représentatifs du style dans lequel est écrit l’ouvrage. Et ça s’arrête là me concernant. Cet avis – porté exclusivement sur la forme – n’engage que moi, et je suis heureux pour l’auteur, le directeur de la collection et l’éditeur (ces deux derniers me donnant par ailleurs une satisfaction superlative en publiant Mc Kinty...) en constatant que d’autres que moi apprécient cette prose.

              Pourquoi cependant tairais-je mon aversion ? Je ne suis évidemment pas le seul à être irrité par ce type d’écriture que, sur le fond, je pense être le produit d’un narcissisme certain (je m’explique plus loin, pour ceux qui ont le courage de poursuivre avant d’envoyer une volée de bois vert). Les livres sortent par centaines et les lecteurs, librement, font part de leur enthousiasme ou de leur déconvenue. Les voix "contre" font certainement mal aux artisans de l’ouvrage, mais vu le prix de ce dernier, en faisant entendre un avis différent, elles peuvent constituer un avertissement salutaire pour les finances de qui n’a pas la possibilité de se déplacer dans une librairie pour goûter quelques échantillons avant l’achat. J’ai malheureusement plus d’une fois perdu mon temps et mon argent à lire des livres médiocres qui n’avaient provoqué que des éloges dans la presse et les forums de lecteurs tels que celui-ci.

              Ces mini polémiques me poussent toujours à m’interroger, c’est le côté positif de la chose. Mais pourquoi donc me hérissé-je devant cette langue pareillement distordue ? Notre langue est vivante, elle appartient à tout le monde et chacun a certes le droit de se l’approprier comme il l’entend. Il ne s’agit évidemment pas de "droit" ici. Je crois que je n’aime pas les proses qui semblent vouloir à tout crin se poser par une originalité de façade. Je pense qu’un certain nombre d’auteurs français – en particulier dans le roman noir mais pas seulement – sont très tentés de marquer ainsi leur territoire dans la littérature, un peu pour qu’on puisse dire "il ne laisse jamais indifférent, on adore ou on déteste" ou encore "t’en lis deux ligne, tu sais tout de suite que c’est du Machinchose". Paradoxalement, ils en viennent à se ressembler (pas de noms, j’ai assez de potes comme ça). Ben voilà, en gros (il y a sûrement des exceptions), c’est ceux-là que j’aime pas. En lisant des échantillons de Versus, c’est ce malaise là qui m’a sauté dessus. Je ne doute pas que pour certains, je suis complètement à côté de la plaque. Encore une fois, tout ceci n’engage que moi.

              Nous avons en Europe des auteurs qui savent chahuter leurs lecteurs en gardant un style sobre, authentique, modeste, ce qui permet à leur prose d’être encore plus percutante parce que pas encombrée de tics m’as-tu-vu et parasites. Il faudrait traverser les Alpes, mais comme on a de la chance avec Métailié, on peut lire en français un opuscule de 60 pages qui nous claque dans la figure la misère de notre société en perdition comme personne à ce jour n’a su le faire chez nous dans une oeuvre de fiction – jusqu’à preuve du contraire. "Rien, plus rien au monde" ça s’appelle. J’attends qu’on m’indique le Carlotto hexagonal que je n’ai toujours pas trouvé.

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