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Un amour fraternel
10.52 € Commandé aujourd'hui, ce titre peut vous être livré à partir du 19/01/2009.
Pete Dexter
trad. de l’américain par Nicole Bensoussan. Paris : éd. de l’Olivier, 1996. 346 p. ; couv. ill., 21 cm. (Petite bibliothèque américaine ; 7). ISBN : 9782879291116.
Tag(s) : Littérature nord américaine - Roman noir
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A Philadelphie, « la ville de l’amour fraternel », où la corruption et la violence règnent en maîtres, un garçon de huit ans, Peter Flood, assiste en quelques jours à la mort accidentelle de sa petite sÅ“ur, à l’effondrement mental de sa mère et à l’élimination de son père par la mafia. Recueilli par son oncle Phillip, Peter est élevé avec son cousin Michael. Bientôt rivaux, les deux garçons s’affrontent dans un duel à mort, emportés par le cycle infernal de la trahison et de la vengeance.








  • 2 août 2007 12:44, par Thierry Godefroid (203 chroniques)

    A Philadelphie, les Flood sont les piliers de la mafia irlandaise locale ; ils tirent leur pouvoir d’influence du syndicat des couvreurs qui est complètement entre leurs mains. Charley est taciturne, peu expansif, il habité de certaines valeurs qui font presque figure de boulets dans son milieu... et puis c’est une inébranlable tête de mule. Phillip (le frère de Charley) est tout à l’opposé : grande gueule, faux cul, cruel et passablement stupide. Les deux frères ont chacun un fils, respectivement prénommés Peter et Michael, à leur image ou peu s’en faut.

    1961. La petite fille de Charley est renversée par un flic ripoux à la solde du syndicat. Elle meurt sur le coup. Phillip exhorte son frère à ne pas se venger, en vain. Charley, jugé incontrôlable, sera éliminé et Phillip recueillera Peter qui sera élevé avec Michael.

    1966. 1972. 1974. 1986. Les enfants ont grandi. Entre temps, Phillip a mal fini lui aussi. C’est donc Michael qui prend la direction des opérations et qui doit assurer la pérennité de l’entreprise face aux vieux italiens dont l’influence n’est pas morte, loin de là. Peter se traîne dans l’ombre de son cousin Michael, sans jamais se laisser bouffer. Si Peter ne cède jamais ou presque aux lubies imbéciles et sadiques de Michael, ils ne s’affrontent jamais ouvertement, ou alors tout ça est étouffé très vite. Jusqu’à ce que le gros Michael aille trop loin et que le châtiment tant attendu s’abatte.

    Après la légende (Deadwood, 1986) et les traditions (Cotton point, 1988), c’est le poids de l’hérédité qui écrase cette fois-ci les personnages tourmentés de Pete Dexter. L’hérédité des caractères, tant les deux cousins sont les répliques – à peine réactualisées – de leur paternel ; mais aussi celle des actes terribles commis alors que Peter et Michael n’étaient que des enfants, et que ces derniers subissent comme un joug tiré vers un inéluctable dénouement. L’écriture de Dexter est constante dans son intelligence et sa remarquable simplicité, jusque dans les dialogues toujours impeccables et percutants. Encore un texte très noir, plombant (on a l’habitude) et vraiment remarquable, même s’il n’a pas tout à fait la puissance des deux précédents cités plus haut.

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  • 28 mai 2007 12:30, par Grégory Seyer (8 chroniques)

    Un amour fraternel c’est le portrait d’un homme, Peter Flood, mais aussi l’histoire d’une lutte pour le pouvoir et le contrôle du crime à Philadelphie. Tout commence en 1961. Le jeune Peter Flood n’a que huit ans et, en quelques semaines, sa vie bascule. Sa sÅ“ur est fauchée par la voiture du voisin, un flic corrompu à la solde de Constantine, le parrain qui dirige la pègre italienne. La mère de Peter sombre alors dans la dépression et elle est bientôt internée. Quant à son père, il n’a plus qu’une obsession : venger la mort de sa fille. Mais parce que Constantine s’y oppose, Charlie Flood devient rapidement gênant pour le syndicat des couvreurs dirigé par les Irlandais. Lorsqu’il meurt, éliminé (par les Italiens ? les Irlandais ?), Peter est recueilli par son oncle Philip et il est élevé avec son cousin Michael. Quelques années plus tard, devenus adultes, les deux hommes ont pris la tête du syndicat et se sont débarrassés de Constantine. Mais les jeunes Italiens rêvent de récupérer le contrôle des fonds de retraite du syndicat. Et tandis que cette guerre des clans se fait de plus en plus sanglante, Peter et Michael s’éloignent l’un de l’autre. Alors que Peter, le taciturne, le mystérieux, vieillit avec en lui pour toujours une blessure inguérissable, Michael devient de plus incontrôlable et sadique.

    Résumée à ces grandes lignes, l’intrigue d’Un amour fraternel évoque ces histoires de mafia chères à Martin Scorsese et son scénariste Nicholas Pileggi. Par certains aspects, le roman évoque également l’œuvre de Pelecanos. Mais alors que l’auteur de King Suckerman utilise ses personnages et leurs aventures pour peindre l’histoire de Washington, Dexter s’intéresse plutôt à l’intime de ses créatures. Pourtant Un amour fraternel n’a rien de l’étude de mÅ“urs ou du roman psychologique. La narration reste presque toujours comme « Ã l’extérieur » des personnages, ne parvenant jamais à pénétrer totalement leurs psychés. On assiste donc en spectateur, on suit leurs faits et gestes et on essaie de comprendre sans jamais avoir toutes les clés. Dexter joue en effet beaucoup sur l’ellipse et les vides. Au lecteur alors de reconstituer ce qui manque. C’est cette originalité, cette neutralité paradoxalement toute personnelle qui confère au roman toute son originalité. On oublie alors toutes nos références et on s’immerge totalement dans ce récit qui refuse le cadre trop étroit du roman de genre ; à l’image de son prologue qui nous annonce sous la forme d’un article de presse la mort des deux protagonistes, Peter et Michael. Une manière de souligner toute la tragique ironie du titre de ce très beau roman.

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