Une vache, quelques chevaux, un hamster, des chiens, des chats, un frigo, un arnaqueur, Miles Davis, un tueur, son employeur, des écrivains, une bonne sœur, des minots, un renard, un corbeau (sans fromage) … Voilà quelques-uns des narrateurs de ces vingt-quatre nouvelles.
Le principe est simple : chacun écrit six nouvelles. En voilà douze. Puis chacun prend les nouvelles de l’autre, et leur a répondu, du tac au tac. En écrivant une suite, une variation, un précédent, un écho, en intercalant et rebondissant … Et voilà les vingt-quatre nouvelles.
L’impression qui saute aux yeux à la lecture c’est qu’ils ont l’air de s’amuser comme des fous. C’est brillantissime, jouissif, jubilatoire. Et comme ils se sont éclatés (du moins on le suppose), le lecteur aussi. Un lecteur qui reste bouché bée devant une telle maestria, une telle inventivité, une telle capacité de rebondir sur les thèmes de l’autre. Il faut bien entendu les lire deux par deux. Une obligation qui n’en est pas une tant il est impossible de résister, à la fin de la première nouvelle du duo, à l’envie de voir comment l’autre s’en est tiré ! On sent le sourire sardonique Marc se disant « tiens, qu’est-ce que tu vas faire avec ça ? Vas-tu saisir cette perche ? Vas-tu me surprendre » et la sourire de matou satisfait de Jean-Bernard répondant : « T’as vu comment je te l’ai retourné ? t’y aurais pensé à ça ? ». Et vice-versa. Deux gros matous. Voilà à quoi me font penser les deux auteurs. Geste vif, parfait, minimal, ludique mais définitif. On a eu Ping-Pong , Tohu-Bohu , à quand Vice-versa, Cahin-caha …
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