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Tels des astres éteints
Léonora Miano
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PLON : 03 Janvier 2008 Nombre de pages : 420 Dimension : 132x201 mm ISBN : 2-259-20628-X

Dans l’intra muros d’une grande ville d’Europe, vivent Amok, Shrapnel et Amandla. Alors qu’Amok et Shrapnel sont nés en Afrique, Amandla a grandi dans un territoire d’outre-mer. Trois parcours différents, une même couleur de peau, parfois embarrassante, lorsque l’Afrique, la Terre Mère, a des allures de continent déchu. Une couleur qui emprisonne et influence leur rapport au monde. Tandis qu’Amandla, l’icône rasta, s’enflamme pour une histoire glorieuse où le peuple noir descend des pharaons d’Egypte, Amok, l’écorché vif, étouffe sous cette couleur si lourde de sens. Quant à Shrapnel, le prince des villes qui rêve d’un peuple noir uni de l’Afrique aux Amériques, il a du mal à savoir où il en est depuis qu’il est tombé amoureux d’une blonde aux yeux bleus…

Entre révolte, fierté et mal de vivre, est-il possible de surmonter une identité si envahissante pour se révéler à soi-même ?





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1 chronique

  • Tels des astres éteints

    8 janvier 2008 06:00
    par Cuné ( 41 chroniques )

    Une histoire simple, un roman qui ne l’est pas du tout : Trois jeunes adultes, Paris intra-muros, de nos jours. Amok, camerounais "de bonne famille", est en complète rébellion contre sa famille. Super dépressif, il cherche le courage d’en finir, a une vue plus qu’amère sur tout. Shrapnel, son ami d’enfance, porte fièrement ses racines et oscille entre combat identitaire et une certaine blonde aux yeux clairs, qui s’immisce tout en douceur dans son coeur. Amandla, enfin, jeune guyanaise tendance rasta pure et dure, cherche son compagnon pour vivre dans un monde kémite pour lequel elle milite sans relâche.

    Trois façons d’avoir une peau noire de nos jours, trois avis diamétralement différents, trois personnalités surtout qui se révèlent immensément attachantes et dont on tente (en galérant un peu assez régulièrement) de suivre les raisonnements et les activités.

    Léonora Miano est un Grand Ecrivain. Elle signe ici un roman musical, avec une bande-son, qui s’avère extrêmement dense et touffu, empli de notes de bas de pages, de pays qu’il faut déchiffrer à l’aide d’indices, de termes nouveaux et compliqués (Kémet, leucoderme, etc.) et de références historiques ou culturelles pas franchement connues du tout venant (moi, en l’occurrence). Mais dans le même temps elle nous offre une telle réflexion, des développements tellement bien argumentés, sur des sujets vraiment pas simples à appréhender que j’ai pris autant de plaisir à lire ce roman qu’il m’a donné du mal. C’est un sujet que je n’avais pas encore eu l’occasion d’approfondir, et c’est assurément un bon livre pour l’aborder.

    Un univers complexe, dans lequel on plonge pour un bon bout de temps...

    "La plupart des gens n’avaient aucune envie de partir en croisade. Les humains n’étaient pas des combattants par essence. Ils étaient de petites choses fragiles. Angoissées. Ils avaient des enfants. Des désirs ordinaires. Ils craignaient la mort. Toutes les formes de mort. A commencer par la mise à l’écart. Ils savaient leur vie perdue hors des collectivités. Les Noirs comme les autres. La majorité de ceux qui vivaient dans ce pays ne souhaitaient pas que leurs traits soient grossis. Ils voulaient au contraire qu’ils soient oubliés. Ils voulaient entrer dans la ronde. Tenir la main des autres. Mourir sans avoir trop mal vécu. S’ils allaient écouter les frères atoniens, c’était parce qu’ils ne parvenaient pas à vivre cette vie normale. La rudesse du quotidien les contraignait à l’interrogation : pourquoi ? ils se demandaient pourquoi ils se cassaient toujours la figure. Pourquoi leur vie à eux ne prenait décidément pas tournure. Pourquoi le regard posé sur eux était celui qu’ils connaissaient. Ce regard-là avait un long passé. Ils étaient encore emprisonnés dans d’anciennes constructions." p. 210

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