Là , médameuzémessieu, nous avons du lourd, du très très lourd. Le résumé en dit long sur l’ambiance qui nous attend.
La narratrice, Smoky Barrett, agent du FBI au passé récent plutôt chargé nous aspire dès le début du livre dans son univers. Rien ne nous est épargné, ses émotions, sa douleur, ses doutes, tout est remarquablement évoqué, avec une sensibilité rare et un réalisme non moins éclatant. On comprend vite à quoi à on va avoir à faire. Il ne s’agit pas seulement d’une histoire de tueur en série, mais d’une plongée dans l’âme humaine dans ce qu’elle a de plus noir, de plus intime. Les personnages nous sont dépeints avec précision et affection. Car si Smoky Barrett a perdu sa famille, son équipe constitue pour elle une seconde famille à laquelle elle se raccroche, et elle transmet son attachement au lecteur. Sa narration est d’autant plus troublante que l’auteur est un homme, et il réussi merveilleusement à se mettre dans la peau de Smoky, a parler des ses sentiments avec une incroyable et touchante justesse.
Le contexte et le décor sont donc très vite plantés, l’action est efficace, le tueur particulièrement méchant et sadique. Sa démarche va très loin, ses méthodes sont perverses, il joue avec Smoky et le lecteur. Je suis rarement dans tous mes états quand je lis un livre de ce genre, je peux être fascinée et absorbée, mais pas forcément totalement empathique, car justement la plupart du temps l’action ne m’en laisse pas le temps. Or là , on a le temps, car l’auteur a trouvé un équilibre entre action et psychologie, on a le temps de ressentir de l’empathie envers les personnages, leurs états d’âmes, leurs souffrances. J’ai beaucoup apprécié le parallèle entre le tueur et Smoky, ils sont tous les deux dans une démarche de traque, l’appel du sang se fait entendre aussi bien par le tueur que pour Smoky.
À un moment donné j’ai réalisé que finalement l’intrigue n’était pas si tordue que ça, car elle s’est révélée relativement commune dans son développement, et pourtant on reste scotché, on ne s’ennuie pas, on s’attache à Smoky et à ses acolytes, on veut connaître le coupable, car bien sûr, le final est vraiment bluffant.
Un beau coup de cœur en ce qui me concerne, un premier roman pour Cody McFadyen, et je m’apprête à lire la suite, La mort en face, récemment sorti chez Robert Laffont, où l’on retrouve Smoky barret dans une nouvelle enquête. Notez qu’un troisième volet, The darker Side est sorti en version US et UK et qu’un quatrième, Abandoned, est prévu pour octobre 2009.
Auteur à suivre de très très près !
Voir en ligne : Shadowman
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