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Rien, plus rien au monde : monologue pour un crime
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Massimo Carlotto
Tag(s) : Littérature italienne - Métailié. Noir - Roman noir

proposé et traduit de l’italien par Laurent Lombard. Paris : Métailié, 2006. 1 vol. (61 p.) ; couv. ill. en coul., 19 cm. (Suites ; 116). ISBN 9782864245711

Abrutie d’alcool et de télévision, lasse de sa vie, elle a reporté tous ses espoirs sur sa fille, et elle sombre dans la folie la plus noire. De cette tragédie, on ne connaît que son monologue intérieur banal et délirant qui nous dit la fin de la classe ouvrière, la cohabitation difficile avec les immigrés, le manque de travail, la difficulté à joindre les deux bouts quand on n’est plus productif, l’absence totale de perspectives, la frénésie de consommation pour se sentir vivant, la télé comme seul modèle et moyen d’évasion face à la noirceur de l’existence...

Avec un réalisme psychologique percutant, l’auteur met en scène une vision cruelle de notre monde. Et tend un miroir impitoyable à toutes les sociétés européennes.

Ce court récit surprenant et efficace a connu un très grand succès en Italie.




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3 chroniques

  • Rien, plus rien au monde : monologue pour un crime

    26 décembre 2006 00:13
    par Thierry Godefroid ( 187 chroniques )
    Ce court texte d’une soixantaine de pages est un véritable coup de poing. Le syle, extrêmement réaliste, colle parfaitement à l’expression de ce personnage de femme au bout du rouleau et nous met aux premières loges d’un drame ordinaire aux résonances sociales manifestes. Carlotto écrit à l’américaine : pas d’analyse pompeuse, pas de message (en apparence du moins), pas de leçon à qui que ce soit. Cette peinture incontinente d’une réalité déformée rappelle les meilleurs moments d’un Selby ou d’un Buckowski (par exemple), c’est dire.

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  • Elle en a marre de sa vie terne, à regarder à la télé tout ce qu’elle n’aura jamais, à compter le moindre sou, à partager un appartement minable avec un mari qu’elle n’aime plus, qui ne lui a pas apporter ce qu’elle espérait. Alors quand elle a lu ce que sa fille, qui à plus de vingt ans ne fait rien pour avoir une vie différente de la sienne a écrit sur elle dans son journal, elle a vu rouge.

    Texte court (une soixantaine de pages) qui arrive à tout dire d’une vie désespérante qui bascule dans l’horreur et la folie. Au gré du monologue de la narratrice, abrutie de télévision et d’ennui, le lecteur passe de la commisération, à l’angoisse, puis à l’horreur. Carlotto a l’immense talent de résumer sans caricaturer, de présenter, au travers d’un parcours individuel, toute l’inhumanité et l’aliénation d’une société basée uniquement sur l’argent et l’acquisition de biens, qui amène une victime à devenir bourreau, par ignorance et frustration. Tout cela est dit sans mélo, sans angélisme, sans prêchi prêcha, mais également sans pitié pour le lecteur.

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  • On ne saura pas son prénom, pas plus que celui de "la petite".

    On découvrira seulement au fil des pages que la première n’en peut plus de la vie qu’elle mène et qu’elle projette sur la seconde ses aspirations et ses envies d’autre chose.

    Mais "la petite" est bien ingrate et n’entend pas faire plaisir à sa mère. Dommage... un accident est si vite arrivé dans cette vie sans vie.

    Ce court roman de Massimo Carlotto est sombre, terrible. Comme son titre, la narratrice n’a rien, plus rien au monde, seulement cette espèce de misère polymorphe qui lui colle à la peau…

    N’en demandez pas trop à vos enfants !

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