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Rencontre avec Pierre Pelot

Mise en ligne le Janvier 2007 | 546 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Pierre Pelot a accepté aux questions des abonnés de mauvais genres du 20 au 24 septembre 2004 !


Laurent Greusard : Vous avez écrit des séries qui n’ont pas abouti totalement (deux Arian Dhaye, la fin manquante de Tony Burden, les aventures policières préhistoriques, sans doute celles de Garden qui attendaient une fin, celles des hommes sans futur qui auraient pu...). Comment le vivez vous ? Quels rapports entretenez-vous avec vos éditeurs ?

Pierre Pelot : Chacune de ces séries se sont interrompues non par manque de combattant mais par décision de l’éditeur, qui n’avait pas eu la patience d’attendre qu’elles prennent leur place, je crois pouvoir le dire. ’est particulièrement le cas pour la série de "polars préhistoriques". J’ai beaucoup regretté l’interruption des "hommes sans futur", j’étais parti pour des lustres. Je pense que si j’étais un auteur ricain il y a belle lurette qu’un Spielberg aurait mis la patte sur cette série. :). Je me dis aussi qu’elle pourrait poursuivre son existence en BD, et donner lieu en plus des adaptation à des épisodes inédits. Mais pour l’heure personne ne pense comme moi ni n’en en a eu l’idée ni ne m’en a fait la proposition. Et moi je suis fatigué de demander.

Rapports avec les éditeurs généralement bons. Pas  mauvais en tous cas, et en règle générale. Je réfléchis... Oui. Ou alors quand ça se gâte plus de rapport du tout.

Laurent Greusard : Dans le même ordre d’idées, vous avez plusieurs fois mis en scène des écrivains qui sont gênés de ne pas avoir de contact avec leurs lecteurs, avec leurs éditeurs, qui se fourvoient dans des scénarios télévisés. Sont-ce des fictions ? Totalement ?

Pierre Pelot : En partie... C’est inspiré de ‹ et puis ça prend des proportions romanesques. C’est ainsi que les romans vivent...

Laurent Greusard : Comment un écrivain de romans populaires se sent-il avec des éditeurs et des collections de littérature populaire ?

Pierre Pelot : Déjà je me sens mal à l’aise quand on dit "crivain populaire" parce que je ne sais pas ce que ça signifie exactement, dans l’esprit en tous cas des gens qui emploient cette expression. Franchement. Ce qui est certain, c’est que je préférerais voir encore vivre mes romans publiés dans ces collections dites ...

Laurent Greusard : Peut-on apprécier par exemple en Fleuve noir la disparition programmée ou presque de sa "production" ?

Pierre Pelot : Evidemment non. D’autant que je suis quasiment sûr que lesdits romans trouveraient leurs lecteurs.

Laurent Greusard : Pour continuer il est annoncé une reparution de la saga de Konnar le barbant ?

Pierre Pelot : Yes ! Aux Editions Bragelonne. Joie !

Laurent Greusard : Pensez-vous que d’autres titres auraient eux aussi mérité de connaître une nouvelle vie ?

Pierre Pelot : Des tonnes ! Oui, oui. Quelques dizaines, sans doute. Certainement. Tous mes western, notamment. Suis certain. La série "Dylan Stark" - qui a failli être reprise en BD dessinée merveilleusement par Franz. Et Franz est parti dans les grandes prairies...

Laurent Greusard : Un petit souci a agité quelques écrivains de policiers : des titres confisqués et réutilisés sans accord. Vous avez vous écrit "Elle était une fois..". en fleuve noir. Récemment "Elle était une fois" vient d’être imprimé, mais ce sont les mémoires d’une transsexuelle ? cela appelle-t-il un commentaire ?

Pierre Pelot : Bof, non.

Laurent Greusard : Il y a souvent des passerelles entre vos romans : certains titres policiers sont presque des westerns (les grands méchants loufs avec de longues scènes de cheval) Le phénomène de la drave qui est dans une intrigue policière, dans un Dylan Stark et dans un roman de science- fiction où ce sont des cadavres et non du bois qui est charrié, des thématiques reviennent : civilisation et barbarie ou retour aux hommes préhistoriques. commentaire de votre part ?

Pierre Pelot : Ces "passerelles" émergées ne m’étaient pas apparues puisque immergées, pour moi, sans doute. :) Non, je ne sais pas. Cela correspond certainement à des "préoccupations intérieures". c’est vrai que les flottages de bois m’évoquent des images... pourquoi ? ça... Et je ne me suis jamais demandé. IL y a beaucoup de choses, d’ailleurs, que je ne me suis jamais demandé... J’ai bien l’impression que la plupart de mes romans fonctionnent et se présentent comme des réponses à des questions que je ne me suis jamais posées consciemment. Et peut-être que si je me les posais consciemment, ces questions, j’y répondrais ou tenterais de le faire jusqu’à croire que j’y suis parvenu, consciemment aussi, et du coup je n’aurais peut-être pas à écrire de roman.

Laurent Greusard : Il y a également dans la partie science fiction des développements ou des allusions à ce que l’on appelait l’aventure mystérieuse (explications des images de Cuzco, MU et l’Atlantide, le Christ qui aurait survécu pour vivre en France. Etait-ce juste un point de départ de votre imaginaire ?

Pierre Pelot : Voilà.

Laurent Greusard : L’imprégnation de l’époque ? Des idées personnelles ?

Pierre Pelot : Non, pas forcément. Des processus déclencheurs, au plus. On se dit : "Et sur ce chemin-là, où va-t-on ? Jusqu’où peut-on aller ? Et si on s’amusait dans cette direction ?"

Laurent Greusard : Il y a aussi beaucoup de fous, de folie, de références à la fatigue nerveuse dans vos livres. Pouvez-vous nous parler de votre rapport à la folie ?

Pierre Pelot : Fascination sans aucun doute pour les mécanismes de l’esprit et de ses perceptions. Et pour ce qui fait que ça dérape. Mais je n’ai pas encore plongé tout à fait au profond de ce grand secouement...

Laurent Greusard : Il y a en littérature Sf et policière ces dernières années des tentatives de partager un personnage dans le cadre d’aventures (Le Poulpe, Macno, Quark noir). Avez vous été contacté ?

Pierre Pelot : Non, en tous cas je ne me souviens pas.

Laurent Greusard : Ce type de travail/commande vous intéresserait-il ?

Pierre Pelot : Non, en vérité.

Laurent Greusard : Pourquoi ?

Pierre Pelot : C’est pas "mon truc", à la base. Ou bien simplement les "bibles" de ces séries ne me plaisent pas suffisamment. Je pense que je ne me sens pas "chez moi", surtout.

Laurent Greusard : Dans l’ensemble de genres littéraires d’imaginaire, vous avez manié les différents "sous-genres"(roman historique, sf, policier, fantastique, gore. Reste encore en suspens le roman d’espionnage et le roman de pirates. Des regrets ? des envies ? Des oublis de ma part ?

Pierre Pelot : Je n’aime pas fonctionner en genre. Bien sûr que ces romans appartiennent aux dits genres, quand on classifie. Mais j’essaie de ne pas m’y inscrire. J’écris des histoires. Et c’est très rigolo parce que je travaille en ce moment sur un roman qui se situera au XVIIIeme siècle en Caraïbes, avec des bateaux, des pirates, des corsaires, etc... en je me dis que ce sera un roman du genre, certes, mais "à nul autre pareil"...

Marc Villard : Certains disent que les romanciers prolifiques ne possèdent pas d’écriture. Et ceci au profit de l’intrigue. Qu’en penses-tu ??

Pierre Pelot : Que les "certains qui disent" feraient mieux de la fermer, souvent. Mais nous sommes submergés par ces "certains qui disent", n’est-il pas ? Je pense et très sincérement et tu le sais, qu’un certain Marc Villard est par exemple un sacré écrivain, comme il y en a peu, dans son manteau de "polardeux". Et c’est honteux et dramatique qu’on ne le dise pas, et que les "certain" nous cassent les burnes à parler de "choses" non seulement sans intrigue mais en plus sans style, sous prétexte de littérature et de rentrée littéraire, par exemple. Maiis je vais m’énerver... Et en tous cas, pour illustrer ce que je dis là, qu’on aille voir des romans comme "Tropique de la Nuit" de Michael Gruber aux Presses de la cité et "Dernier Battement de Cil" de Mark Billingham au Masque. Si ce ne sont pas des intrigues et du style, que je sois pendu sur le champ.

Marc Villard : Tu es l’un des rares écrivains français auteur de westerns. Crois-tu que ce genre littéraire a encore un avenir ou a-t-il été remplacé ??

Pierre Pelot : Je crois que ces histoires peuvent être de sacrées histoires. Et je suis certain qu’elle peuvent intéresser nombre de gens. Sûr et certain. Encore une fois, les romans de James Carlos Blake, par exemple, Crépuscule sanglant, est ce que j’ai lu de plus décoiffant depuis pas mal de temps. Et un "Méridien de sang" de Cormac Mc Carthy....

Marc Villard : Le polar peut-il s’accommoder de l’imaginaire ?

Pierre Pelot : Sans doute. En assaisonnement.

Marc Villard :A quoi sert une novélisation ??

Pierre Pelot : Pour moi c’est un roman. On me sert un sujet auquel j’adhère, sous forme de scénar que je traite en synopsis et dont je m’empare, et que je vole impunément. Et j’en écris le roman, sans penser au film (qu’en général je n’ai pas vu). Cela devient le roman duquel sera adapté le film.

Marc Villard :As-tu le projet de regrouper tes romans vosgiens dans un même volume ?

Pierre Pelot : Non, à ce jour non. Encore faudrait-il qu’un éditeur s’y intéresse.

Marc Villard : Bien affectueusement, cher Pierre.

Pierre Pelot : Salut et fraternité, amigo ! Et j’espère que tu vas ! et donne-nous vite des histoires !

Philippe Bouvier : Cher Pierre
Je n’ai lu qu’une infime partie de votre oeuvre en science fiction et déjà vos livres sont pour moi une référence dans ce domaine. Autant vous dire que j’ai trouvé vos romans par hasard non pas parce que je n’écume pas les fonds des bibliothèques ou des librairies mais bien parce vous n’êtes (via vos romans) pas dans les rayons.

Et quand je demande :

- Y a t-il du Pierre Pelot dans vos rayons ?
- Y a pas, me répond-on.
Où alors :
- Si j’ai celui-là (toujours le même).
- C’est tout ?
- C’est tout.

Bref, apparemment il faut vous mériter, vous êtes très confidentiel. Ne passeriez-vous pas à l’émission "La ferme" deux trois semaines afin que je puisse trouver tous vos livres en tête de gondole dans le supermarché du coin ?

Pierre Pelot : Tout ceci évidemment me navre et me désespère... :) je ne demande qu’une chose, c’est que les librairies regorgent de mes romans. Suis le premier à rager de n’y pas voir la plupart de mes livres. C’est d’autant plus rageant que certains libraires qui me font l’honneur d’apprécier ce que j’écris me vendent à tour de bras...(sic) Cela dit, quand on vous répond en avoir un, toujours le même, quel est-il ?

Amitié

Lucie Chenu : Une question qui vous a déjà été posée je suppose, pour quelle raison avoir publié une partie de votre oeuvre sous le nom de Pierre Suragne ? Et comment ressentez-vous maintenant ces livres-là ?

Lucie qui a été profondément remuée par Duz à une époque et ne s’en est pas encore remise :-)

Pierre Pelot : Ce sont des romans publiés au Fleuve Noir, et en ce temps-là ( !!!) il fallait, quand on signait un contrat au Fleuve, signer également un pseudo réservé au Fleuve Noir, sous lequel on n’avait pas le droit de publier ailleurs. Une manière en quelque sorte de contrat d’exclusivité déguisé.

Donc voilà. (Suragne parce que dans mon village un ruisseau porte le nom d’ Agne. Donc...)

Ce sont en général des romans que j’aime bien. Il y a eu un vrai plaisir à les écrire. Je ne suis pas trop mécontent d’un bon nombre, en vérité.

pmelnotte : Si vous aviez un classement à faire de vos 3 romans préférés, quel
serait-il ? : 1) parmi vos propres oeuvres

Pierre Pelot : C’est ainsi que les hommes vivent
Ce soir les souris sont bleues

Natural Killer
(mais c’est très difficile, en vérité.)

pmelnotte : 2) parmi celles de vos confrères

Pierre Pelot : Trois seulement... c’est encore plus difficile... Disons :
Absalon ! Absalon ! de William Faulkner
Le grand passage, de Cormac Mac Carthy

Le visage de l’autre, de Thomas Tryon

pmelnotte Si vous deviez donner un ou des conseil(s) à un jeune auteur ?

Pierre Pelot : De vieillir... je plaisante. Quoique... C’est la chose la plus difficile (et la plus prétentieuse, en plus) au monde, donner des conseils. Pour écrire, je dirais néanmoins ne pas écouter les conseils. Il faut que l’envie et le besoin de le faire soient capable de surmonter tout ce qui se dresse sur son passage. Je crois.

pmelnotte Merci.

Pierre Pelot :Buenas noches !

Richard Limat : Tout d’abord, un ami tient à s’excuser de vous avoir confondu avec Gilles Servat au festival Etonnants Voyageurs ; un gros moment de fatigue en est la principale cause :-)

Pierre Pelot : No problemo ! (On me confondrait avec Christine Angot ce serait plus grave)

Richard Limat :  Vous avez écrit quelques romans post-apocalyptiques, et notamment le très étonnant "Kid Jesus". Je me souviens avoir adoré cette histoire originale. Que représente pour vous ce roman  ? Un simple passage thématique dans votre carrière, ou un roman qui se voulait engagé, notamment sur les mystifications religieuses, et auquel vous tenez encore aujourd’hui ? Sera-t-il un jour réédité ?

Pierre Pelot : Très content que vous me parliez de ce titre - c’est un de mes romans que j’aime beaucoup, vraiment. je disais à Claude Ecken que je me faisais mes films, celui-ci en est l’exemple typique. Je me suis fais un vrai cinoche avec cette histoire de mystification, effectivement (qui visais à l’époque crois-je me souvenir le parcours de LeechWalesa (ça s’écrit comme ça ?) J’aurais adoré voir ce bouquin adapté au cinoche. J’avais travaillé en ce sens. Je me dis une fois de plus, à en radoter, que si un certain nombre de mes bouquins étaient publiés aux US, il y a belle lurette que...
Une réédition ? Il serait dans les intentions de Gilles Dumay... Mais rien n’est encore décidé.

Richard Limat : Un autre roman qui m’a fasciné, c’est Delirium Circus.

Pierre Pelot : Décidément... Encore un "chouchou" - d’ailleurs en règle générale j’aime plutôt bien ce que j’ai publié à cette époque en J’ai Lu et autres. "Les Pieds dans la Tête", Les "Barreaux del’Eden..."

Richard Limat : J’ai trouvé que ce livre avait beaucoup de points communs avec le film de Proyas "Dark City" (qui est beaucoup moins intéressant que votre livre), lui même très influencé par l’oeuvre de Dick. Je ne sais si Proyas a eu cette démarche inconsciente, mais vous, avez-vous écrit Delirium Circus après lecture de l’oeuvre de Dick ? Enfin, j’ai vaguement entendu dire qu’il serait réédité chez Denoel ?

Pierre Pelot : Beaucoup aimé aussi Dark City, oui. (L’est en DVD, au fait ?) J’ai sans aucun doute été nourri de Dick. Mêmes préoccupations à la même époque... Grande admiration pour quelques romans superbes de Dick, effectivement...
Oui, Delirum va ressortir en février chez Denoël, aux dernières nouvelles, avec trois autres, en "omnibus", sur lequel la foule en délire se jettera.

Richard Limat :  Dernière question : Votre démarche littéraire était-t-elle la même selon que vous écriviez sous le nom de Suragne, ou Pelot ?

Pierre Pelot : Absolument. Suragne était un pseudonyme fleuve-noirien imposé par l’édition. ça fonctionnait comme ça. Il se trouve cela dit qu’en ce temps là j’ai écrit quelques romans-fusées (je veux parler de la vitesse à laquelle je les ai régurgités) et qu’ils sont tombés dans la marmite fleuve noir. Mais il y avait de bonnes petites choses, je crois. Dont le souvenir pour moi est associé au plaisir, en tout cas.

Richard Limat :  Merci

Pierre Pelot :  De nada !

Claude Ecken : Bonjour Pierre

Pierre Pelot : Je vous salue, Ecken !

Claude Ecken : Tu as touché à tous les genres, quand bien même tu n’aimes pas les étiquettes. Mais tu sembles t’éloigner de ceux dans lesquels tu t’es illustré. Est-ce volontaire de ta part, par lassitude, impression que tu as fait le tour de la question, parce que tu ne t’entends plus avec les éditeurs desdits ou bien parce que l’inspiration te pousse ailleurs ?

Pierre Pelot : C’est sans doute que je suis en train d’avoir envie d’écrire des choses et d’une certaine façon qui n’entrent pas dans ces genres dont tu parles. Je pense. Et puis aussi par exemple en polars (ou plus exactement ce style de romans qu’on dit noirs) il se trouve que plus d’une fois on ne voulait pas de moi là où je venais . Par exemple la Série Noire. Par exemple en ce moment une autre maison que je ne citerai pas avec qui j’ai une intention, un projet, mais ça fait des mois que j’attends que ladite intention de ma part et de la leur passe au stade supérieur. Des broutilles dans ce genre.

Par ailleurs il y a eu lassitude sans doute, aussi, à une époque. Quand j’étais susceptible... Les "milieux", les "chapelles" et ceux qui y prêchent m’ont un peu fatigué. Ce genre de truc où si tu n’es pas dedans tu es dehors, où si tu n’as pas la carte tu ne rentres pas. Du coup j’ai de carte pour nulle part. Ce qui n’est pas grave. J’ai des amis, c’est mieux, je crois. Et puis maintenant je suis grand...

Claude Ecken  : Tu as vraiment manqué de chance en BD ! Hormis la série que tu publies actuellement chez Dupuis, as-tu d’autres projets dans le domaine ?

Pierre Pelot : Plusieurs oui. ça ne tiendrait qu’à moi. Ai failli faire quelque chose chez Albin, mais ils tenaient sans doute davantage à un produit obéissant à leurs critères qu’à ce que je proposais. je regrette beaucoup que le grand projet d’adaptation des Dylan Stark ne se soit pas fait avec Franz. J’aimerais aussi beaucoup voir s’adapter comme je le disais la série des "Hommes Sans Futur".

Et aussi (again) celle de "Sous le vent du monde", qui pourrait être une grande chose, dessinée par un type de GRAND talent, inconnu à ce jour. Manque l’éditeur. Ily en a un qui réféchit en ce moment.

Claude Ecken : Ton dernier roman a obtenu deux prix,

Pierre Pelot : Non, trois :)))
dont le Erckmann Chatrian

Claude Ecken : (félicitations !). Est-ce que ce livre a changé quelque chose dans tes rapports avec les éditeurs ? Une reconnaissance supplémentaire ?

Pierre Pelot : Tiens, il pleut !

Claude Ecken : Si on te proposait de reprendre une des anciennes séries interrompues, serais-tu prêt à reprendre le flambeau ?

Pierre Pelot : Yes ! Certaines, oui !

Claude Ecken : Tu as écrit le scénario (non retenu) de Highlander 2 (pourtant bien supérieur à ce qui a été finalement réalisé). As-tu d’autres projets dans
ce domaine ?

Pierre Pelot : Pas plus tard qu’hier, un mail d’une lectrice me disait encore "mais qu’attendent les producteurs et le cinéma ?" C’est une de plus. Honnêtement, ça n’a jamais arrêté depuis quasiment le début. Les seuls qui ne me demandent rien sont effectivement les réal et les prod. En général. Alors c’est comme ça. je me fais mes films tout seul.

Claude Ecken : Aimerais-tu écrire directement pour le cinéma, avec les contraintes que cela suppose (notamment celle de ne pas être entièrement libre) ?

Pierre Pelot : Ce serait intéressant d’écrire pour le cinéma. Oui. Mais à partir de là surgissent les contraintes comme tu dis et globalement les frictions avec des décideurs qui ramènent leur gueule pour la ramener - des déplacés parfaits. Mais ils décident. J’ai travaillé plusieurs fois avec des réalisateurs avec qui je me suis parfaitement entendu. Gilles Béhat, Chantal Picaut, par exemple, et puis...

Claude Ecken : Après tant de romans, comment abordes-tu l’écriture du suivant ?

Pierre Pelot : Comme celui qui doit naître. Derrière c’est du brouillon.

Raymond Perrin : Salut Maître Pelot, tu penses bien que je vais profiter de cette belle  occase pour te poser enfin toutes les questions jamais osées jusqu’ici !

Pierre Pelot : Je pense bien, effectivement... et je m’attends à tous les tarabiscotements ( ou tages)...

Raymond Perrin :  - Tu voues une admiration à Franquin, (admiration ô combien méritée et  durable, on le voit en découvrant le nouveau jouet de la chatte Cosette !)  et tu étais davantage un lecteur du journal de Spirou que de celui de

 Tintin. Or, tu envoies pourtant tes bandes dessinées à Hergé. Pourrais-tu  expliquer cet (apparent) paradoxe puisque tes B.D. sont des westerns  humoristiques correspondant davantage à « l’esprit Spirou » et à l’Ecole de  Marcinelle, le petit côté Lucky Luke de tes personnages risquant de déplaire  au maître de l’Ecole de Bruxelles) ?

Pierre Pelot : Qu’est-ce que je disais au sujet des tarabiscotages ? :)) J’étais abonné à Spirou ET Tintin... Et Journal de Mickey aussi. je n’ai rien adressé à Walt... Non, blague à part, je ne sais pas. ça s’est trouvé comme ça...

Raymond Perrin :  - Il reste un grand mystère sur ta documentation concernant les westerns.  Les ouvrages documentaires sérieux sur l’Ouest américain et sur le genre  Ã©taient plutôt rares. Il fallait souvent se contenter des textes médiocres

 de Joé Hamman ou George Fronval. On se doute que tu as plutôt lu et apprécié  Rieupeyrout. Quelles étaient tes autres sources « sérieuses «  Ã  l’époque ?  Où trouvais-tu une telle documentation, sans doute inexistante à  Saint-Maurice et même dans toutes les Vosges ?

Pierre Pelot : Cher Raymond, sais-tu qu’il y avait une librairie à Saint-Maurice ? Avec des livres dedans ou qu’on pouvait commander ? Voilà. Des ouvrages historiques. Des "histoires de l’ouest" à la pelle. Le cinéma... L’Histoire de la Conquête. Des films...

Raymond Perrin : - Quelle est ton impression quand on te dit que la série « Dylan Stark »  est inachevée puisque Dylan n’ a ni rejoint la belle Indienne Wahika, ni  retrouvé son frère disparu à Jaspero ?

Pierre Pelot : Mon impression est que c’est diablement vrai : la série est inachevée et elle s’est achevée le jour où la collection Marabout Pocket a cessé d’exister.

Raymond Perrin : Si tu reprenais la série,  chercherais-tu à en retrouver l’esprit initial ou choisirais-tu plutôt un  ton pastiche parodique et humoristique ?

Pierre Pelot : Je ne reprendrai pas la série.

Raymond Perrin : - La rivière me semble, dans tes écrits, un lieu souvent ambivalent. Lorsqu’elle coule, elle est souvent en crue, "en colère" et devient dangereuse, voire criminelle... Elle est encore un lieu dramatique, aussi bien dans la saga « Sous le vent du monde » que dans « C’est ainsi que les hommes vivent ». L’île est souvent, elle aussi, un lieu inquiétant, qu’elle soit habitée par les "enragés" ou lieu du "vacarme". .Aurais-tu une explication pour justifier la dépréciation de ce lieu ?

Pierre Pelot : Sûrement pas. Parce que je ne considère pas déprécier ces endroits... Il y a pas mal d’orages ou de chaleurs aussi, dans mes histoires, est-ce déprécier l’été ?

Raymond Perrin :  En revanche, la rivière asséchée, avec ses odeurs de vase, est plus  rassurante : c’est vers elle que va l’adolescent de retour du centre  d’apprentissage (Le Ciel fracassé, Blues pour Julie) ; c’est elle qui est  vantée dans "Colère de renard " et dans bien d’autres récits depuis.  Y aurait-il une différence fondamentale entre la vision dramatisée du  romancier et celle, vécue, moins fantasmatique donc, de l’homme ou de  l’"autobiographe" ?

Pierre Pelot : Raymond...

Raymond Perrin : - Tu dis souvent que l’histoire est terminée pour toi avant que tu te  mettes à l’écrire.  a)Or, certains dénouements te surprennent comme si tes personnages  arrivaient à t’échapper.

Pierre Pelot : Jamais surpris par lesdits dénouements. Je sais où je vais. je connais le bout du chemin, en tous cas où s’arrêtera l’histoire racontée.

Raymond Perrin : Par exemple, avais-tu prévu la fin de "Fou comme

 l’oiseau" avant de l’écrire avec beaucoup d’émotion devant ta machine à  Ã©crire (à l’époque) ?

Pierre Pelot : Bien sûr.

Raymond Perrin :  b) certains romans ont une construction très rigoureuse (dans l’espace et  dans le temps).Par exemple "Une autre Terre", au montage parallèle  systématique, ou "Le Pantin immobile" réglé méthodiquement par journée et  par lieux alternés. S’agit-il d’exceptions ou fais-tu, des plans avant de  rédiger ?

Pierre Pelot : TOUJOURS des plans.

Raymond Perrin : - Tu t’identifies volontiers à un animal ou tu établis une communication  avec lui ? De quel animal te sens-tu plutôt le plus proche ? Es-tu plutôt loup  ou plutôt renard ? plutôt ours ou plutôt cheval ? plutôt chien ou plutôt  chat ?

Pierre Pelot : plutôt homme, qui est quand même l’animal auquel je m’identifie le plus facilement.

Raymond Perrin :  - Est-ce qu’il t’arrive, lorsque tu sais que le livre est destiné à une  collection juvénile, de concevoir un dénouement moins dramatique ou même, de  t’autocensurer sur le plan de la violence ou de la sexualité ?

Pierre Pelot : Non, je ne pense pas. Mais je n’écrivais jamais POUR ces collections en pensant à leur lectorat. Je me disais éventuellement on va voir si ça passe - et je pensais plutôt aux éditeurs qui allaient ou non accepter le roman. je parle à l’imparfait. Alors ça passait ou ça cassait. C’est pour ça que je ne suis pas un écrivain POUR la jeunesse.

Raymond Perrin :  - Le roman noir est un "moule" qui semble bien te convenir pour écrire des  histoires noires à faire peur. Carné fait dire à Michel Simon dans "Drôle de  drame" : "A force de raconter des histoires horribles, les histoires  horribles finissent par arriver". Ta conception n’est-elle pas exactement  inverse ? Est-ce comme pour exorciser tes propres peurs que tu écris de  telles histoires ou bien penses-tu décrire seulement une certaine réalité

Pierre Pelot : Je me demande, franchement, si j’ai peur de quelque chose qui soit susceptible d’être exorcisé par l’écrit. Les peurs ça demeure. Alors on vient les re-visiter. Mais c’est plutôt des descriptions de certaines réalités. Des visites aux pays de ces réalités. En tous cas si le but était d’exorciser ça n’a pas marché. Je ne crois pas. Je ne me crois pas suffisamment costaud pour réussir l’exercice.

Raymond Perrin :  - Souvent un fait en apparence anodin : une interview entrevue et entendue à  la télévision pour "Fou comme l’oiseau", la rencontre d’un enfant fou de  dinosaures pour "Le Père Noël...", semble être l’amorce d’un roman. Te  souviens-tu d’autres exemples précis qui ont peut-être enclenché le  processus ?

Pierre Pelot : Ce n’est fait que de ça. Processus quasi normal, c’est comme ça que je fonctionne et je ne comprends pas toujours. Je m’en rends compte par après, certaines fois. je n’ai jamais analysé profondément les coulisses et les caves, je ne suis pas un spécialiste des processus déclencheurs et narratifs. je ne sais pas faire ces discours et ça ne ’intéresse pas de les tenir, moi, d’autres s’en chargent, quelquefois ils m’éclairent, d’autres fois m’amusent. C’est rigolo. Je mets mon énergie ailleurs, dans le "faire" plutôt que dans le "pourquoi je le fais". En gros. Mais par exemple, La Guerre Olympique est venue d’une année scotchée devant ma télé à regarder la coupe du monde de foot... J’ai eu envie de parler du sport et de ses spectateurs citoyens...

Raymond Perrin :  - On connaît ta passion pour le théâtre, pour les comédiennes et comédiens.  Le cinéma, adulé depuis l’enfance sans doute, est capable de te donner  aujourd’hui les plus grandes joies et de provoquer les plus vives déceptions

 quand les projets engagés, même près d’aboutir, sont finalement refusés.  Quelles réflexions fais-tu aujourd’hui sur le théâtre, le cinéma et la télé,  par rapport à tes écrits acceptés ou refusés ?

Pierre Pelot : Je crois que je vais m’abstenir, si tu le permets, d’émettre quelque réflexion que ce soit à ce propos. Parce que ça ne sert à rien. je continue à avoir envie quelquefois d’écrire pour le théâtre et le cinéma, qui sont des outils formidables. La télé c’est autre chose - un outil formidable, également, dans les mains de bricoleurs navrants.

Raymond Perrin :  Amitiés à toi, à Irma, Dylan et Cosette.

Pierre Pelot : Hasta luego

Patrick Gauneau : Il y a presque 20 ans, je découvrais les romans de Pierre Suragne (en particulier la 7° saison) en même temps que je lisais les textes "préhistoriques" de Rosny et je me souviens avoir pensé à l’époque que vous étiez fait pour écrire également des romans préhistoriques. Qui vous a donc donné l’idée, l’envie, d’écrire la magnifique saga de "sous le vent du monde" ? La rencontre avec Coppens, "La guerre du feu", un gros contrat d’éditeur ?

Pierre Pelot : Fana de la guerre du feu depuis tout petit, ça c’est une chose. la rencontre avec Coppens sur le projet de collaboration pour" Le Rêve de Lucy", avec Libératore. Et là je lui ai proposé de poursuivre l’aventure sur tout le paléolithique : il a dit oui tout de suite. Le gros contrat, j’eus aimé...

Patrick Gauneau :Comment avez vous travaillé pour inventer le langage de nos lointains grand-pères ? Pensez-vous aujourd’hui qu’il était nécessaire d’inventer ces langages au détriment m’a-t-il parfois semblé de la fluidité narrative (mais je dis peut-être là une grosse connerie) ?

Pierre Pelot : Il est acquis que ces fameux lointains ancêtres parlaient. Cela étant, il m’a semblé impossible et inconcevable de les faire s’exprimer en français comme vous et moi. J’ai donc inventé de toutes pièces ce langage (ces langages) que des linguistes ont d’ailleurs reconnus comme étant des langages très cohérents, ce dont je ne suis pas peu fier...) On ne peut évidemment se baser sur rien de précis, il existe fort peu d’enregistrements de l’époque... J’ai essayé de faire au mieux en me plaçant dans la tête de ces gens lointains, en me demandant ce qu’ils avaient pu décider de nommer et comment et pourquoi, quels avaient pu être leurs choix de désignations et mémorisations. Il m’a semblé aussi qu’après tout on incluait bien volontiers des termes anglais ou étrangers dans les narrations contemporaines. :) Enfin, je me suis quand même efforcé d’ expliquer en cours de narration ce qui se dit dans les dialogues, et de ne pas remplir des pages et des pages avec ceux-ci.On peut fort bien lires les romans en "sautant" les dialogues. Par ailleurs on peu aussi (certains l’ont fait !!!) suivre dans les dialogues ce qui se dit sans avoir recours aux lexiques !!! - là je tire mon chapeau.

Patrick Gauneau : La suite des aventures de Matt Garden est-elle déjà écrite ?

Pierre Pelot : Non. Et ne le sera pas, la collection ayant cessé d’exister.

Patrick Gauneau : Vous semblez aujourd’hui vous éloigner de la SF, est-ce un hasard ou pensez avoir fait le tour de la question ?

Pierre Pelot : Oh, fait le tour de la question sûrement pas. La SF est un outil, sans plus. je n’ai donc pas fait le tour de l’outil. J’ai eu envie d’en manier d’autres (des outils) et d’écrire d’autres histoires , en tous cas sous d’autres formes. De sortir aussi d’un enfermement, peut-être. Mais j’ai en tête depuis longtemps un énorme sujet qui sera de la SF. le Retour !!! :)))

Patrick Gauneau : Merci pour tout.

Pierre Pelot : Mais de rien
Cordialement

Antoine Escudier : Je suis un lecteur qui écrit des critiques pour s’amuser à écrire. Je suis aussi un critique qui aimerait être utile, bon, juste etc... tant qu’à faire. Pouvez-vous m’éclairer sur le rôle que je devrais jouer ?

Pierre Pelot : Alors il se trouve que moi aussi j’ai joué ce rôle de critique dans les colonnes de quelques journaux, hier l’Huma, aujourd’hui le Républicain Lorrain. Pourquoi fais-je ça, alors que je pourrais me contenter de lire des livres et d’aller à la pêche ? Et pourquoi j’aime le faire ? Il me semble (et c’est très bête) que j’ai simplement envie de faire partager des plaisirs de lectures, d’informer sur l’existence de certains livres, à mon avis à lire parce qu’ils m’ont procuré du plaisir, et de dire pourquoi. De donner envie de. C’est pourquoi je ne chronique que des ouvrages que j’ai aimés, qui donc très subjectivement me semblent "bons". J’ai aussi quelquefois envie de dire pourquoi je ne suis pas d’accord avec, en général, les délires accordés par d’autres à certains titres. Par exemple je peux avoir envie de dire que Christine Angot qui se prend sans vergogne pour un écrivain et n’en finit pas de le clamer, écrit à mon avis de la merde sans autre intérêt que celui qu’elle explique en nota bene dans ses interview, sa prétention arrogante m’y autorise. Par exemple.

Antoine Escudier : En tant qu’auteur, qu’attendez-vous d’une critique ? Ne répondez pas simplement : "qu’elle soit bonne".

Pierre Pelot : Eh bien si, au fond si... Une "bonne" critique c’est comme un "bon" livre. Une bonne critique doit parler justement du livre qu’elle traite - pas d’un autre qu’elle aurait aimé lire - déjà. Surtout. D’abord.

Antoine Escudier : Vous savez qu’écrire un bon livre n’est pas si facile et je pense que vous savez aussi qu’écrire une critique digne de ce nom
n’est pas si facile non plus.

Pierre Pelot : C’est même presque plus difficile... Comment être à la hauteur d’un livre qui vous a plu, comment le servir au mieux ?

Antoine Escudier : (Sur cette liste, on tape plus souvent sur les critiques que sur les auteurs). Si j’écris des critiques, c’est parce que je pense que c’est utile. Pourquoi ? Parce que si on pioche des livres au hasard sur un rayonnage, on lit un gros paquet de daubes (dans tous les genres). En ce qui me concerne, j’ai sans doute lu plus de 500 volumes de SF dans ma jeunesse et une quinzaine seulement m’ont marqué (dont Le chien courait sur l’autoroute en criant son nom). J’ai ensuite lu les livres que me conseillaient mon encyclopédie, et là, ça allait beaucoup mieux : plein de bons livres... Alors, quel est le rôle de la critique, que doit-elle dire, informer, d’abord, je crois.

Pierre Pelot : Informer sur l’existence d’un livre, avec plus d’"honnêteté" qu’une simple pub. 

Antoine Escudier :Que doit-elle éviter ? Doit-on critiquer de la même façon un auteur débutant et un Pierre Pelot ? Vos idées sur ce sujet critique ?

Pierre Pelot : Je viens un peu de le donner plus haut. Mais je crois en tous cas qu’on doit avant tout "critiquer"-parler d’un livre, et faire abstraction de son auteur. L’auteur est dans le livre, nulle part ailleurs . Mais je crois que la base de la base c’est surtout d’éviter ‹ et j’en lis quand même des tas dans ce sens ‹ de donner des leçons !!! On ne critique pas un livre comme on corrige un devoir de français, foutre dieu ! le nombre de critiques qui viennent de l’enseignement et qui donnent des notes , sous leurs diplômes encadrés, c’est hard !

Antoine Escudier : Merci pour tous vos livres.

Pierre Pelot : Merci à vous et cordialement.

Bernard Strainchamps : Pourquoi avoir choisi de vivre de votre plume ?

Pierre Pelot : ha.

(ça fait dix minutes que je cherche une réponse... et je ne trouve pas ! je ne sais pas. Je voulais écrire des histoires. Je veux toujours. Tant qu’à faire, autant donc essayer d’en vivre... Très honnêtement je ne trouve rien d’autre à répondre.

Bernard Strainchamps : N’avez-vous jamais connu l’angoisse de la page blanche ?

Pierre Pelot : Jamais. ça ne veut pas dire que ça coule de source et que j’y vais les doigts dans le nez. C’est même de plus en plus difficile.

Bernard Strainchamps : Votre imaginaire est-il sans limite ?

Pierre Pelot : C’est pas que l’imaginaire. Il y a du besoin aussi.

Bernard Strainchamps : Vous écrivez avec un plan. Plus précisément, avez-vous des règles pour développer une intrigue ?

Pierre Pelot : Je dois en avoir, elle sont  souterraines et fonctionnent en sous-sol. La salle des machines est enterrée. J’essaie d’être dans l’histoire et bêtement qu’une page appelle la suivante... Qu’à la lecture on se trouve ne position de demandeur et d’attente. Le plan, cela dit, ce sont des grandes lignes. je sais quelle histoire je raconte.


Bernard Strainchamps : A une question d’Hubert Artus, Virginie Despentes répondait honnêtement qu’elle avait une très mauvaise maîtrise de l’orthographe et de la syntaxe.. Quel est votre rapport à la langue française ?

Pierre Pelot : Bon , je crois. Très plaisant. Le rapport que pourrait avoir un ébéniste avec son rabot. En tous cas pas de soucis  insurmontables avec la syntaxe et l’orthographe - avec la frappe et ses dérapages, davantage. C’est un très bel outil que la langue française. Comme disons les règles de perspectives pour un dessinateur,des couleurs pour un peintre (ce que je suis un peu aussi) : des outils, la moindre des choses...

Bernard Strainchamps : Merci d’avoir accepté ce jeu des questions-réponses avec les abonnés du site.

Pierre Pelot : Le plaisir fut pour moi. Mais je ne suis pas certain d’avoir été à la hauteur...


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