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On l’appelait Raspoutine.
Je m’appelle Ferdinand ! il nous reprenait.
Raspoutine, c’était un personnage de la Russie blanche. C’était aussi le surnom qu’on donnait à Ferdinand, le clochard qui s’était installé devant la boulangerie. C’était pas un bon endroit pour faire la manche : dans le quartier, on roulait pas sur l’or. Il avait le nez aquilin, les cheveux hirsutes et le regard acéré, un peu fou, qui faisait peur aux petits. Mais il n’avait pas d’état civil, pas de maison, pas de famille. Il vivait dans la rue ou dans les foyers. Il se moquait des adultes mais jamais des enfants. Il ne se prenait pas au sérieux ; je me souviens des batailles de boules de neige... et puis il est mort. La vie a continué sans lui, mais peut-être qu’il a été quelqu’un d’important pour plusieurs d’entre nous, les enfants du quartier.