Marcel Guichard est gros et gras, célibataire, fanatique des Verts (ceux
de Saint-Etienne bien entendu), et ne s’est jamais remis des
célébrissimes poteaux carrés de la finale de coupe d’Europe contre le
Bayern de Munich. En bon supporter interdit de stade, Marcel est
également raciste, xénophobe, et bas de front. Depuis que les Verts sont
de retour en première division, il revit. Pour fêter ça, il décide de
trucider, et de voler, Ã l’occasion de chaque match, un nouvel adversaire
à sa mesure. En général une femme plus toute jeune, seule, et dont la
tête lui rappelle plus ou moins un ou l’autre des salopars de joueurs
adverses qui firent, dans le temps, des misères à son club chéri. Les
adversaires résistent peu, mais les massacres vont avoir un effet
indésirable étonnant sur le bon Marcel.
Dans l’absolu, rien à redire à ce court roman : Le personnage est très
bien planté, Caryl Férey réussi très bien le style affreux, sale et
méchant, en y ajoutant bête comme ses pieds. Le style est en parfaite
adécuation avec le "héros", la progression impeccable, la chute
étonnante, grinçante, bien en accord avec l’humour très très sombre de
ce texte. La seule restriction que l’on pourrait avoir, tient au talent de
Caryl Férey. Quand on a goutté à la puissance dévastatrice de Utu ou
Haka, on est juste une peu déçu que cela soit si court, et quand même
moins ... époustouflant et dérangeant, plus facile presque. Ceci dit,
c’est quand même très bien.
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