Bibliosurf.com : derrière l'écran, il y a un libraire Newsletters Twitter Facebook RSS RSS
ACCUEIL
NOUVEAUTÉS
guide
GUIDES
INTERVIEWS
LECTURES
SUR LE WEB
CONSEILS
NUMERIQUES
Merci d'acheter vos livres sur bibliosurf
Shutter Island Coronado Un pays Ă  l’aube Shutter Island Gone, baby, gone Coronado
1 | 2

Quelques minutes avec Dennis Lehane

Frontignan, le 30 juin 2007
Mise en ligne le Juillet 2007 | 647 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Pas facile de trouver un moment pour interviewer Dennis Lehane à Frontignan, ce week-end. Malgré son évidente gentillesse, l’écrivain vedette du festival sait aussi se préserver.

Nombreux étaient ceux qui désiraient échanger quelques mots avec lui. La cuvée 2007 du FIRN avait attiré une audience conséquente. Comme dans ses romans, Lehane a une langue fluide et rapide. J’ai essayé d’être le plus fidèle possible en retranscrivant de mémoire les paroles échangées. Mais je ne suis pas un angliciste professionnel…


QQ.Lapra : A la fin de « Gone, Baby, Gone », vous laissez le lecteur devant deux points de vue dramatiques opposĂ©s.

Dennis Lehane : Bien sĂ»r. Je parle d’un sujet complexe et n’ai pas de leçon Ă  donner. C’est Ă  vous de rĂ©flĂ©chir, mon travail consiste juste Ă  poser les questions.

QQ : Cette position est-elle une consĂ©quence de votre expĂ©rience d’éducateur spĂ©cialisĂ© ?

DL : Certainement. Je veux Ă©crire sur mon quartier. Je le connais. En ce sens, mes prĂ©cĂ©dentes activitĂ©s me sont une aide indispensable.

QQ : La conclusion de ce roman ne perturbe-t-elle pas le lecteur de roman noir amĂ©ricain, habituĂ© Ă  des dĂ©nouements plus… dĂ©finitifs ?

DL : Je ne le pense pas. Encore une fois, je considère que l’écrivain doit savoir proposer les bonnes interrogations. Le reste vous appartient (sourire). Ce sont les hommes politiques qui donnent les solutions.

QQ : A votre avis, ils y arrivent ?

DL : …(Sourire).

QQ : Que pensez-vous de l’adaptation faite par Eastwood de « Mystic River » ?

DL : Elle est très bonne.

QQ : Eastwood, comme dans beaucoup d’autres de ses films, s’intĂ©resse particulièrement Ă  la problĂ©matique de la paternitĂ©. C’est sans doute ce qui lui a plu dans votre roman… Qui est votre père ?

DL : (Avec un grand mouvement de bras circulaire). Mon père est un homme merveilleux.

QQ : Que fait-il ?

DL : Il est conducteur de poids-lourds chez SEARS.

QQ : Lehane, c’est irlandais, bien sĂ»r ?

DL : Evidemment.

QQ : D’oĂą Patrick Kenzie.

DL : Il y a pas mal de moi en lui, oui.

QQ : Savez-vous qu’un certain nombre de vos lecteurs est encore persuadĂ© que le flic de « Shutter Island » est vĂ©ritablement victime d’une machination ?

DL : (Avec un sourire encore plus appuyĂ©). Je n’ai pas d’avis sur la question. C’est au lecteur de juger.

QQ : Mais quand mĂŞme, vous nous laissez suffisamment de pistes…

DL : C’est vous qui le dites. Moi je ne sais rien.

QQ : Ce roman tranche un peu sur le reste de votre production. Pour cet exercice Ă  risque, il faut une construction sans faille. Combien de temps cela vous a-t-il prit pour concevoir « Shutter Island » ?

DL : Une nuit.

QQ : Peut-on voir dans ce roman une mĂ©taphore ? Un certain nombre d’écrivains dĂ©clarent, soi-disant en plaisantant, se servir de leur tendance paranoĂŻaque pour Ă©crire. Vous sentes vous paranoĂŻaque lorsque vous Ă©crivez ?

DL : Absolument pas. Mais vraiment pas. Quand j’écris, je me considère juste comme un Ă©crivain.


Bibliosurf.com 9 rue Eugène Gibez 75015 Paris. Tel 09 61 25 97 52. contact