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Pour le meilleur et le pire
Gunnar Staalesen rien rien
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Une enquête de Varg Veum, le privé norvégien, trad. du norvégien par Alexis Fouillet et Élisabeth Tangen , 432 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio policier (No 338) (2004), Gallimard rom. ISBN 2070310949.

« Nous avons Roar. Tu sais où tu peux le trouver. Si tu préviens les flics, on le tue. » Varg Veum, ancien salarié à la protection de l’enfance du port de Bergen, devenu détective privé par défaut et détesté des forces de police, n’avait pas besoin de cette nouvelle affaire de kidnapping pour nourrir son vague à l’âme. Roar n’a pas dix ans. Les ravisseurs, menés par un adolescent psychopathe, n’ont plus guère de limites. Tous vivent dans des tours aux galeries sans fenêtre, aux sous-sols murés et trichent, en périphérie de la ville, avec un avenir sans lendemain. Veum, en s’enfonçant dans cette réalité, va une nouvelle fois donner toute la mesure de son humanisme. D’autant que quelques heures plus tard, c’est à la mère de Roar d’être accusée de meurtre...





Mauvais genres (1999-2005). Par MGRB
Un policier qui dépasse largement l’envergure du polar moyen. D’abord par l’analyse à laquelle nous invite l’auteur des racines profondes des meurtres commis et du dévoiement de Joker : l’échec de deux mariages - l’auteur ne croit pas à la possibilité d’une réussite -, des amours passionnées et clandestines, des trahisons et des lâchetés. Ensuite parce qu’il nous peint, non seulement en arrière-plan, mais comme contexte agissant, un cadre et une société débilitants. Les ascenseurs des tours où s’entassent nombre de familles modestes jouent symboliquement un rôle considérable, et dans une vie particulièrement morne et grise, femmes et hommes cherchent désespérément un coin de ciel bleu. Mais le temps, en cette fin d’hiver norvégien, semble secréter le cafard. Les protagonistes sont de personnalité complexe, décevants pour la plupart, mais avec des excuses, et dans un cas au moins une lueur d’espoir. Un roman pessimiste donc, davantage peinture d’une époque que policier classique, rédigé dans une écriture recherchée et particulièrement riche.
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1 chronique

  • Pour le meilleur et le pire

    13 février 2007 23:26
    par Jean-Marc Laherrère ( 612 chroniques )

    Varg Veum n’est pas vraiment surchargé de boulot. C’est peut-être pour cela qu’il accepte celui que lui propose Roar, 10 ans, son plus jeune client depuis qu’il a ouvert son agence de privé : Une bande d’affreux lui a volé son vélo, et il ne veut pas que sa mère aille le récupérer, la précédente qui y est allé a été humiliée par les jeunes. Alors Varg monte sur son cheval blanc, et récupère le vélo. Il y gagne l’admiration du gamin, et un très beau sourire de Wenche, la maman. Deux jours plus tard, elle l’appelle, la bande a cette fois enlevé Roar. Varg réussit une nouvelle fois sa mission, mais de façon plus violente cette fois, la bande de Joker l’attendant de pied ferme. Les choses se gâtent définitivement quand l’ex mari est assassiné à coups de couteau dans l’entrée de l’appartement de Wenche, et que Varg la trouve, le couteau à la main. La police arrête la jeune femme, et Varg, convaincu qu’elle est innocente comme elle le clame, entreprend d’enquêter pour comprendre ce qu’il s’est passé.

    Ceci est la deuxième enquête de Varg Veum. J’avais trouvé la première agréable mais classique, celle là est d’un tout autre niveau. Le personnage a pris de l’épaisseur, les descriptions de la nature autour de Bergen sont magnifiques, et surtout les relations entre hommes et femmes y sont rendues avec une grande humanité dans toute leur complexité. Une belle réflexion sur l’amour, la fidélité, l’érosion des sentiments, et également sur les conséquences sur les enfants. Staalesen nous livre également un tableau sans concession, mais non sans humour, de la déshumanisation des grands ensemble. Varg Veum est un humaniste, qui comprend même ceux qui le passent à tabac, mais ne supporte pas la bêtise et l’arrogance, un bien sympathique personnage en somme, que l’on sera content de retrouver.

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