Qu’est ce qu’un panorama ? on s’installe à ôté du paysage afin d‘essayer d’en voir la plus grande entité et on relève le spics, les vallons, les éléments du paysage qui se distinguent. Ce panorama-là relève bien du genre car il apparaît difficile, pour en pas dire impossible de citer exhaustivement tout ce qui pourrait relever du « genre » fantasy et merveilleux et on s’obligerait à écrire également des pensums sur des auteurs ennuyeux. Le panorama permet de relever ceux qui nous intéressent, d’appréhender une topologie en ne pouvant pas être taxé de parti-pris puisque le panorama entretient ‘l’idée même d’une subjectivité. Quand à l’idée d’illustration, elle est ici nommée à juste titre, car l’ouvrage contient une profusion de documents iconographiques qui font du livre un bel objet.
Ici, Ruaud réunit avec une masse de collaborateurs des fiches sur de sauteurs, des groupes d’auteurs, des thématiques (les animaux dans le merveilleux ou l’école des préraphaélites). Dans une tentative chronologique ; en synthétisant rapidement les débuts pour se concentrer sur les deux derniers siècles, le livre parcourt les territoires de la fantasy. Les esprits chagrins trouveront toujours un auteur manquant ou un autre surévalué. Pour ma part, je me serais bien passé des pages sur Walt Disney et qu’elles fussent consacrées à Card, Zelazny, Andrevon, Very ou Aymé mais bon....Pour le reste, des informations sur les auteurs, des comptes-rendus d’ouvrages qui donnent envie de lire, des pistes de lecture, des encarts et quelques notes en marge constituent la base d’un ouvrage qui devrait trouver sa place entre le Mesplède, le Versins ou le Clute (pour les anglophiles) et mérite le détour. (d’autant plus que son prix reste raisonnable au vu de la masse d’illustrations, du format et des mises en place d’un éditeur débutant).
Seul véritable regret : il manque les références des éditions existantes (ou au moins des dernières parutions, car, même si le monde de l’édition évolue vite, il est difficile de noter des références puis d’aller vérifier sur les moteurs de recherche ou les catalogues si les textes sont encore disponibles.). En contrepartie, le directeur évite les polémiques stériles, les définitions du genre pour spécialistes et les digressions lourdes de potaches que sont parfois les ouvrages de référence composés par des « amateurs ». Il évite également de longs développements sur le merveilleux de contes de fées et autres grimmeries pour se concentrer sur des auteurs plus contemporains.
Répondre à ce message