Emile devrait aller mieux, mieux qu’il y a quelques années, quand on l’avait laissé en refermant "A trop courber l’échine". Il a écrit quelques romans
qui ont eu un succès suffisant pour le mettre à l’abri financièrement. Mais, c’est bien connu, l’argent ne fait pas le bonheur, et Emile va mal : son
ex copine est prostrée dans une maison de repos, ça ne va pas trop fort avec l’actuelle, il a le moral dans les chaussette, son chien (croisement d’un
hippopotame et d’un chat angora, et réincarnation de son pote clodo Tati) disparaît, et pour finir la nièce de son meilleur ami l’appelle au secours,
et lui ne le comprend pas et ne répond pas à son attente. Heureusement Crimento veille sur lui, le soutient, et ne l’emmerde pas …
Je n’aurais pas dû aimer ce livre pour au moins deux raisons. La première : je n’aime pas les chiens, et Tati a une grande place dans le bouquin. La
deuxième : habituellement j’aime les bouquins d’opinions, de révoltes, d’indignation, d’action et d’aventure, pas les bouquins d’états d’âme. Alors
pourquoi celui-là m’a-t-il plu ? Sûrement, pour commencer, parce que le vague à l’âme d’Emile n’exclut pas, bien au contraire, une attention aux
autres, une indignation toujours vivante même s’il est sorti de la dèche et a rejoint les nantis ; ensuite parce que j’aime les auteurs qui, malgré
toutes les désillusions, malgré toutes les défaites n’ont pas sombré dans le cynisme et l’aigreur, et continuent à croire en quelque chose, et en
particulier en l’amitié. Pour finir il y a le style, l’humour, qui ici plus qu’ailleurs est bien la politesse du désespoir (et toc une citation). Une
mention spéciale à la relation hilarante entre Emile et Crimento, cas unique d’histoire d’amour entre un homme et … pour savoir qui ou quoi, il vous
faudra lire le bouquin. En résumé, comme le précédent, déconseillé à ceux qui ne jurent que par les enquêtes millimétrées, les mystères de chambres
closes, chaudement conseillé à ceux qui aiment "Les copains d’abord".
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