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O dingos, ô châteaux !
5.1 € Délai de livraison : 8/10 jours
Jean-Patrick Manchette
192 pages sous couv. ill., 108 x 178 mm. Collection Folio policier (No 257) (2002), Gallimard rom. ISBN 2070422968.
Tag(s) : Littérature francophone - Folio policier - Roman policier
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Par les monts et les routes, fuyaient Julie la folle et l’enfant menacé d’un bien bizarre kidnapping. Dans la tête de Julie, des souvenirs d’incendies, de fusillades. Au cœur, un espoir : découvrir le château fabuleux où l’attendaient la délivrance et le repos. Mais les trouverait-elle ? Savait-elle, Julie la pitoyable étoile de ce ballet macabre, que les autres danseurs étaient bien plus fous qu’elle ?





A lire exclusivement sur Bibliosurf :
Que reste-t-il de l’oeuvre de Jean-Patrick Manchette ?

2 chroniques

  • O dingos, ô châteaux !

    20 janvier 2007 00:43
    par Marc Villard ( 5 chroniques )

    Michel Hartog, milliardaire et architecte, choisit une ex-aliénée pour s’occuper de son neveu dont les parents sont morts. La jeune femme et l’enfant, Peter, sont rapidement enlevés par un tueur chargé de les éliminer. Mais le duo parvient à s’enfuir et traverse la France avec le tueur aux trousses , lui-même aidé par deux branques. Tout ceci trouvera son épilogue dans les méandres d’un lieu relevant du mythe pour Hartog et son ex-associé, Fuentès. Manchette inscrit souvent la folie dans ses romans mais n’en fait jamais le thème central. Ici, il appuie un peu plus sur le sujet car Julie, la garde d’enfant, ne réagit pas selon les dogmes de la normalité. On ne la sent pas non plus travaillé par une morale avec un grand M. Elle veut sauver sa peau et celle du gosse. Pour ce faire, elle n’hésite pas à tuer. On peut donc avancer que l’individu sans repères psychiques revient à l’instinct de survie auquel, ici, on adhère. La violence de Julie nous apparaît comme une nécessité ne souffrant pas la discussion.

    L’intrigue proposée est peu épaisse et, du coup, Manchette progresse avec ses armes favorites : écriture et intelligence. Les scènes de violence, assez nombreuses, sont traitées avec vista et beaucoup de précision. Parallèlement à la rage de Julie, Thompson, dévoré par la maladie, annonce la fin d’une race que viendra plus tard confirmer La position du tireur couché. Contrairement à Que d’Os, simpliste et qui se noie dans la facilité, l’écrivain sublime ici une histoire de fuite-poursuite déjantée. Sans faiblesse et sans sensiblerie. En deçà de Le petit bleu de la côte ouest et La position du tireur couché, ce livre est néanmoins à situer très haut dans l’univers manchettien. Il a, par ailleurs, obtenu Le grand prix de littérature policière ; il paraît que c’est important.

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  • O dingos, ô châteaux !

    20 janvier 2007 00:43
    par QQ.Lapra ( 2 chroniques )

    Julie, une jeune femme traitée dans un institut psychiatrique suite à son passé de “ délinquante juvénile ” (selon la dénomination de l’époque, nous sommes en 1972) est engagée par un architecte mécène, Hartog, afin de prendre soin de son neveu, Peter.

    Depuis la mort de son frère et de sa belle sœur dans un accident d’avion, Hartog en est le tuteur et le gestionnaire de la fortune fraternelle. C’est apparemment quelqu’un qui “ fait le bien comme un fou ” (dixit son chauffeur).

    Le lendemain de sa prise de fonction Julie et Peter sont enlevés au jardin du Luxembourg par un couple de truands aux ordres d’un tueur à gage nommé Thompson qui lui même est aux ordres d’un commanditaire mystérieux.

    Julie découvre que derrière un kidnapping crapuleux pour lequel on veut lui faire porter le chapeau, se cache plus simplement une tentative de meurtre organisé. Elle réussit à déjouer les plans des truands, à s’enfuir avec l’enfant et n’aura de cesse de retrouver Hartog, qu’elle suppose retiré dans une “ folie ” d’architecte, la Tour Maure, isolée dans le vercors.

    C’est là que dérouleront dans le sang les fils de l’intrigue.

    L’intrigue, c’est une constante dans l’œuvre de Manchette est assez simple. Il faut d’emblée replacer le roman dans son contexte pour s’apercevoir dans quelle mesure Manchette est novateur. Nous sommes en 72. Tournant le dos à des dizaines d’années de romans à clé, il nous emmène dans un road-movie sanglant. Le seul intérêt du récit étant son esthétique, sa musique, la vitesse avec laquelle il avance et la façon qu’il a de le faire. En fait, son style car si l’on doit retenir une chose de Manchette, plus que son apport social ou son rôle dans la naissance du “ Neo-Polar ”, c’est bien le style.

    L’histoire à la construction minime et quelquefois peu vraisemblable n’est qu’un prétexte. Juste un support qui permet à l’auteur d’effectuer sa tentative littéraire. Rendre hommage aux écrivains du “ Hard-Boiled ” qu’il apprécie, introduire une forme de violence inusitée dans le roman à cette époque qui serait un écho à la violence perçue des systèmes politiques, et surtout s’éloigner du traitement psychologique habituel des personnages. Les différents acteurs sont définis par leurs actes et leur aspect extérieur. C’est le clin d’œil fait à Hammett en passant par l’esthétique du nouveau roman français (pourquoi donc une histoire, seule l’écriture compte).

    On trouve là ce qu’on va trouver dans les autres livres. Les truands sont stupides, certains, plus efficaces souffrent toujours d’un handicap (dans celui-ci, Thompson se perfore un ulcère gastrique), les motivations de la bourgeoisie sont absurdes et la confrontation avec elle ne peut être que violente. A part ça la société française post soixante-huit se vautre dans la consommation et la vacuité de la pensée.

    Le roman refermé, il n’en reste qu’une série d’images plus ou moins violentes, de sensations plus ou moins prégnantes. Derrière son aspect volontairement volatile, se dessine vaguement un début de questionnement. C’est sans aucun doute le propos de l’auteur.

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