En 1900, en Chine, la secte des Yihequan, connus en occident sous le nom de Boxers commence à massacrer tout ce qui n’est pas chinois, et en
particulier les prêtres et pasteurs blancs. Les puissances européennes réagissent en finesse, tuent, exterminent, et brûlent le texte sacré des
Boxers, un long poème de Wang Mian intitulé "Lointaines transparences de l’air". Et voilà qu’un beau jour, apparaît par hasard une copie
miraculeusement sauvée des flammes. Les héritiers de la secte, qui se sont quand même un peu calmé vont tout faire pour remettre la main dessus. Mais
ils ne sont pas les seuls, Suarez Salcedo, colombien, journaliste à RFI Paris est envoyé à Pékin pour récupérer l’objet. Il n’a pourtant vraiment rien
d’un héros ce pauvre Salcedo. En même temps Nelson
Chouchen Otalora, péruvien professeur de littérature à Austin, auteur de l’inoubliable "Cuzco Blues" qui tarde à connaître la renommée internationale
qu’il mérite, décide, pour retrouver les traces d’un grand-père chinois, et aussi pour fuir la fac où on lui reproche quelques irrégularités, d’aller
à Pékin. L’histoire de ce grand-père, chef historique des boxers va le rattraper, et le mener vers le manuscrit. Et pour couronner le tout, Gisbert
Klauss, sinologue en charentaises, sous le choc de quelques bières et de la lecture d’un ouvrage de Pierre Loti, décide d’aller lui aussi sur place,
voir cette civilisation à laquelle il a consacré sa vie, mais qu’il ne connaît que par les livres. En grand connaisseur de la littérature, son chemin
se devait de croiser Wang Mian et les maintenant
très courues "Lointaines transparences de l’air". Tout est en place, manquent quelques sociétés secrètes de plus, une cubaine volcanique, une russe
pas farouche, un jésuite fou, quelques curés pas très catholiques ... et plein de chinois, dont un nain.
Un vrai régal ce bouquin, c’est un peu, pour ceux qui connaissent "Jack Burton dans les griffes du mandarin" de Carpenter, en version littéraire.
Trois anti héros, pas franchement courageux, pas du tout "physiques", plongés au milieu d’un tourbillon de chinois, de sociétés secrètes, de suiveurs
suivis, de filatures, d’escalades de toits … Ces trois pauvres intellos ne comprennent rien, mais raccrochent tout à leurs chers bouquins, qui Ã
Malraux, qui à Pierre Loti, sans parler du malheureux Chouchen qui rêve de week-ends passés avec Cortazar (pourtant déjà mort) Garcia Marquez ou
Salman Rushdie. Un roman pétillant, drôle, vif, fourmillant de références littéraires, qui n’oublie pas, au détour d’une phrase, de glisser un petit
commentaire sur l’attitude des pays occidentaux face à la Chine, sur la prépondérance des affaires sur les droits de l’homme. En résumé un roman
d’aventures ironique pour grands enfants amoureux de la littérature.
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