Ce livre est un piège !
Il piège par son titre tout gentillet, tout guilleret et sa couverture poético-bucolique. Vous vous surprenez à chantonner du Prokofiev ? (mais si ! Ne niez pas, on vous entend d’ici !) La musique de Pierre, le petit garçon calme et joyeux qui promène ses guiboles au soleil ?
C’est bien trouvé car, attention : si dans l’histoire de Pierre, il y a la peur du loup, dans les 11 nouvelles de Magali Duru, il y a aussi la peur d’un loup insaisissable, traître, changeant, dangereux car métaphorique.
Le loup est comme le furet, caché par ici, ou par là, dans des endroits inattendus, les pires, les endroits que vous venez de toucher, comme la poche d’une veste, des endroits que vous venez de respirer, comme un bouquet de fleurs, des endroits que vous venez de refermer, comme la porte d’une cuisine, des endroits simples, comme le jardin du voisin. Piège !
Il ne s’agit pourtant pas ici de littérature à la Stephen King, “pour se faire peur pour du semblant”. Magali Duru dévoile un monde caché, celui où les ressorts sont froissés, où les mécanismes grincent, où l’apparente banalité est un mouchoir à recouvrir les failles. Son écriture est précise et travaillée, ébarbée, mais aussi lyrique, poétique, chaque histoire en cohérence avec son univers, à chaque titre son style particulier.
Magali Duru peut montrer ce qui se cache sous la sereine apparence de vie. Elle peut décrire soigneusement l’attention de ses personnages à masquer leurs fêlures. Sous la croûte de vernis, c’est la mort qui laisse dépasser son doigt.
Chacune de ces 11 nouvelles est un destin... Et grâce à Magali Duru et à ses "beaux dimanches", je ne regarderai plus un téléphone portable comme une chose anodine…
Un grand Bravo pour ce livre !
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