Fiction
Album jeunesse - Bande dessinée - Espionnage - Fantastique - Fantasy - Littérature jeunesse - Nouvelle - Récit - Roman - Roman historique - Roman noir - Roman policier - Science-fiction -


Documentaire
Arts - Biographie - Cuisine - Ecologie - Guide touristique - Histoire - Médias - Photographie - Société


Devenez le 1117ème abonné à la lettre d'information

Votre librairie
Le village de l’Allemand ou Le journal des frères Schiller
17 € Paiement sécurisé par le Crédit mutuel
Délai de livraison : 8/10 jours
Livraison gratuite
Boualem Sansal
Tag(s) : Littérature francophone - Roman - Etonnants voyageurs 2008 - Rentrée littéraire hiver 2008

Editions Gallimard, 03/01/2008 « blanche » 140 x 205 mm. 272 pages ISBN : 9782070786855

Les narrateurs sont deux frères nés de mère algérienne et de père allemand. Ils ont été élevés par un vieil oncle immigré dans une cité de la banlieue parisienne, tandis que leurs parents restaient dans leur village d’Aïn Deb, près de Sétif. En 1994, le GIA massacre une partie de la population du bourg. Pour les deux fils, le deuil va se doubler d’une douleur bien plus atroce : la révélation de ce que fut leur père, cet Allemand qui jouissait du titre prestigieux de moudjahid...

Basé sur une histoire authentique, le roman propose une réflexion véhémente et profonde, nourrie par la pensée de Primo Levi. Il relie trois épisodes à la fois dissemblables et proches : la Shoah, vue à travers le regard d’un jeune Arabe qui découvre avec horreur la réalité de l’extermination de masse ; la sale guerre des années 1990 en Algérie ; la situation des banlieues françaises, et en particulier la vie des Algériens qui s’y trouvent depuis deux générations dans un abandon croissant de la République. « Ã€ ce train, dit un personnage, parce que nos parents sont trop pieux et nos gamins trop naïfs, la cité sera bientôt une république islamique parfaitement constituée. Vous devrez alors lui faire la guerre si vous voulez seulement la contenir dans ses frontières actuelles. » Sur un sujet aussi délicat, Sansal parvient à faire entendre une voix d’une sincérité bouleversante.





rien La presse en parle

1 chronique

  • "Le village de l’Allemand ou le Journal des frères Schiller", cinquième roman de l’écrivain algérien, Boualem Sansal, édité en 2008 chez Gallimard, a reçu le Grand Prix RTL-LIRE, le Grand Prix de la Francophonie et le Grand Prix SGDL roman. Dans ce livre, l’auteur n’a pas peur des mots et choisit en toute liberté de s’attaquer à l’histoire officielle de son pays, histoire qui, selon lui, ne rend pas compte de toutes les dérives actuelles, passe sous silence la Shoa, les attitudes négationnistes émergentes et le terrorisme croissant - qui a fait 200000 victimes depuis 1992, dernier attentat en date du 9 juin 2008, à Lakdania où deux bombes ont explosé (bilan, 13 morts, le cinquième attentat en 5 jours), vague de violence difficile à endiguer -.... Le sujet de ce roman est né d’une histoire vraie. Autour des années 80, en service commandé dans la région de Sétif, Boualem tombe sur un curieux village, Aïn Deb, qui n’a rien d’un douar ; renseignements pris, il s’agit du "Village de l’Allemand" qui a été dirigé par Hans Schiller, ancien officier SS ayant fui l’Allemagne après la débâcle nazie, puis bourlingué à travers l’Europe, la Turquie et l’Egypte ; de là, il fut mandaté en Algérie comme expert auprès de l’ALN, naturalisé algérien, et il se convertit à l’Islam. C’est alors que commence la fiction. Le moudjahid épouse la très belle Aïcha, la fille du cheikh du village, qui lui donne deux fils, les frères Schiller ; à l’adolescence, les garçons seront tour à tour envoyés en France, dans la banlieue parisienne, pour y parfaire leur formation intellectuelle, chez Tonton Ali, "brave homme au coeur gros comme un camion.". L’aîné, Rachel, réussira brillamment ses études tandis que le puîné, Malrich, de 14 ans plus jeune, traînera dans la cité. Une nuit, bizarrement, Rachel se suicide dans son garage ; il a laissé son journal qui tombe entre les mains de Malrich. Terribles nouvelles : le 24 avril 1994, les habitants d’Aïn Deb ont été massacrés par le GIA. A l’insu de ses proches, Rachel s’est rendu sur la tombe de ses parents puis dans sa maison natale où il découvre une "petite valise pelée... qui contient les archives de papa" et apprend avec horreur l’ignoble vérité : leur père est un criminel nazi qui a échappé à la sanction de la Justice. Désespéré, Rachel ne s’en remettra pas. Malrich, effondré, en proie à la révolte, commence lui aussi d’écrire son journal. Le roman, d’une construction narrative originale, se compose ainsi des voix croisées des deux frères où chacun analyse à travers son cheminement, selon sa propre sensibilité, la situation à laquelle il se trouve confronté : le crime absolu. En conclusion, "Le village de l’Allemand" est un livre fort, très noir, poignant, écrit avec courage et talent dans un style remarquable ; cependant on y trouve des descriptions très lyriques, "... Aïn Deb une oasis lumineuse où il faisait bon écouter le vent du Sud et voir danser les libellules pendant que les vieux se rôtissaient au soleil parmi les lézards...", et malgré la gravité du sujet, l’humour est présent et les abondantes métaphores pittoresques sont parfois très drôles : ""les pneus chuintent comme des serpents écrasés" ou sur une photo d’Egypte, le père "sourit du coin de l’oeil à de vieilles momies anglaises qui lui sourient de toutes leurs dents."... Chaque frère s’y exprime parfaitement, dans son registre, et nous fait prendre conscience de la terrible difficulté d’assumer un passé si lourd transmis par le père : "C’est tout un monde qui s’écroule, dit Rachel, on se sent coupable, crasseux, on se dit que quelque part, quelqu’un doit expier...". Le poème de Primo Levi, "Si c’est un homme" résonne au plus profond de nous-mêmes : surtout, ne jamais laisser l’oubli recouvrir le passé. Et la terrible question de Rachel : "Est-on coupable des crimes de ses parents ?" nous interpelle encore longtemps après avoir refermé le livre. Quel est le devenir de l’Humanité ?

    Répondre à ce message



Les internautes aiment aussi !
Le fait du prince Paradis Conjugal L’inaperçu Les gens du Balto La meilleure part des hommes Seule la mer Même le mal se fait bien Mère et Fille, un roman Le Petit voyeur Le salaire de la peur et autres oeuvres Le Marché des amants Une éducation libertine La porte des enfers Crépuscule ville Ce que le jour doit à la nuit


envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Agence Bibliosurf.com 9 rue Eugène Gibez 75015 Paris. Tel 01 42 50 58 12. contact