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Le polar, tout le monde sait ce que c’est. Tout le
monde en a lu, en a vu. Le polar, on l’aime ou on le
méprise. On est « accro », ou écoeuré, mais l’accord
se fait sur une série d’idées reçues. Les têtes de liste,
indétrônables : le polar est un « sous »-genre ou
encore une « contre »-culture. Car on a beau dire, le
polar, c’est bouleversant, palpitant, effrayant, drôle ou
provoquant, mais ce n’est pas sérieux.
Pourtant on lui reconnaît une légitimité culturelle, on
encense ses chefs-d’oeuvre et ses maîtres. On
l’étudie en classe. Mais toute cette histoire n’est pas
claire. il faut dire qu’on s’y perd. D’un côté, on range
dans le genre « polar » tout ce qui a trait de près ou
de loin à l’enquête, à la criminalité ou au suspens.
D’un autre, les termes « policier », « thriller », ou
« noir » sont perçus comme autant de synonymes qui
désignent un même objet : une fiction de crime.
genre, le polar est un domaine. Il emprunte aux
autres littératures pour se constituer, tout en
conservant les codes qu’il a élaborés au fil de son
histoire.
« Les bons polars sont américains »
« C’est du roman de gare »
« Le polar, c’est du sexe et du crime »
« Le thriller, c’est du polar en plus sanglant »
« Le héros trouve toujours le criminel à la fin de l’histoire »
« Tout a déjà été fait en matière de polar »...
Les auteurs :
Audrey Bonnemaison est directrice d’une agence de communication
éditoriale spécialisée dans les cultures populaires (littérature, musique, BD et comics).
Daniel
Fondanèche, professeur de littérature à l’université Paris VII, s’intéresse plus particulièrement
aux paralittératures et au roman policier.
La Collection : Issues de la tradition ou de l’air du temps, mêlant souvent vrai et faux, les idées reçues sont dans toutes les têtes. L’auteur les prend pour point de