Varg Veum est détective privé à Bergen, en Norvège. Il a autrefois été marié et il a un fils, qu’il ne voit presque jamais. Ancien salarié à la protection de l’enfance où il s’occupait des adolescents toxicomanes, il a été remercié pour avoir cogné un dealer. Aujourd’hui il attend donc qu’on lui confie des affaires. Les finances sont au plus bas et il se console à l’aquavit.
Un jour, Moberg, un avocat de renom lui demande de suivre sa femme pour un constat d’adultère. Veum, qui n’aime pas ce genre d’affaire, refuse. Mais le lendemain, le frère de Mme Moberg se présente et lui demande de retrouver sa sœur qu’il a perdue de vue depuis des années. Et notre sympathique privé, qui manie l’ironie comme personne, se retrouve embarqué dans une sombre affaire de prostitution et de trafic de drogues.
Dès les premières pages du roman (Veum, installé dans son bureau, qui attend des clients), l’influence de Chandler s’impose avec force. Car le roman de Staalesen est bien plus proche de l’œuvre de l’américain que de celles des auteurs scandinaves tel que Henning Mankell. Le Loup dans la bergerie se présente en fait comme une transposition norvégienne du roman noir américain classique, celui de Chandler donc. Filatures, brutes épaisses et flics imbéciles, prostitution, stupéfiants, femmes belles et dangereuses : tout y est. Le roman est donc archi-classique et sans surprise. Toutefois Staalesen est un auteur sympathique et son personnage, un peu cassé et mal fichu, mais toujours droit et intègre, nous rattache en permanence à une intrigue assez convenue. Le roman se lit donc sans déplaisir d’autant que Staalesen a retenu les leçons du grand Chandler : pas de digressions inutiles, une écriture sobre et des chapitres rythmés. Le livre refermé, on est donc certain de retrouver avec bonheur ce personnage attachant et humain.
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