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Le croque-mort a la vie dure
7 € Délai de livraison : 8/10 jours
Tim Cockey
Tag(s) : Littérature nord américaine - Points. Policier - Roman policier

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Claire Breton
Ed. points, 2005 400 p. ISBN : 9782020788144

Un petit boulot tranquille, croque-mort.

Une ville banale, Baltimore.

Une vie rêvée.

C’est bien ainsi que l’entendait Hitchcock Sewell avant que ne débarque, au beau milieu d’une veillée mortuaire, une charmante demoiselle qui lui demande comment organiser un enterrement. Le sien. Et voilà ce pauvre Hitch entraîné malgré lui dans une sombre affaire de chantage. Entre son extravagante ex-femme, un vieux camarade de collège, une séduisante détective et quelques politiciens véreux, Hitchcock a fort à faire pour ne pas se retrouver lui-même six pieds sous terre.

Première enquête d’une série funèbre et irrésistiblement drôle.





2 chroniques

  • Le croque-mort a la vie dure

    10 avril 2008 21:18
    par Thierry Godefroid ( 189 chroniques )

    Hitchcock Sewel est un jeune homme de 34 ans. 1m90, beau gosse, "menton ultra sensuel", il est plutôt bien dans sa peau Hitch. Fils de vedettes de la télé locale de Baltimore accidentées en voiture dans sa prime jeunesse, il est recueilli par son oncle Stu et sa tante Billie, pompeurs funèbres de leur métier. Au décès de Stu, Hitch prend la suite et devient ainsi le croque-mort le plus sexy de Baltimore. En plus, il est cultivé et a l’esprit vif, ce qui nous vaut un festival quasi ininterrompu de répliques et de pensées super poilantes, tout en finesse  : Cockey fait encore mieux que Wessel dans le genre, c’est dire. Pour compléter le tableau, Hitch croise toujours son ex-femme, une brune fofolle à moitié nympho, artiste peintre qui pète le feu et qui le sollicite en mode essorage à la moindre crise de solitude (c’est-à-dire grosso modo au bout de 24 heures de célibat). Ah, il faut dire aussi que les deux ex font partie d’une troupe de théâtre catastrophique qui fournit quelques scènes réjouissantes de plus. Et que Hitch fréquente toujours le bar tenu par ses beaux parents, le SOS (screaming oyster saloon – le bar de l’huître hurlante).

    Et l’histoire ? j’y viens : une superbe jeune femme se pointe lors d’une veillée funèbre. Elle déclare s’appeler Carolyn James et vouloir se renseigner pour sa propre inhumation, avant de s’éclipser, toute gênée. Le lendemain, le corps de Carolyn James est amené à la boutique des Sewel... mais dans la boite, la jeune femme qui porte ce nom n’est pas la superbe nana qui s’est pointée la veille ; celle là, Hitch va la retrouver par hasard (heu) dans un commissariat de police et tenter de lui tirer les vers du nez. Bon, il est temps d’interrompre mon résumé tout plat de la superbe prose de Tim Cockey. L’intrigue est intelligente, parfaitement maîtrisée, facile à suivre, mâtinée de préoccupations écolo et de magouilles politiques bien immondes. Cockey navigue entre Wessel et Hiaasen, au même niveau que ces deux là : cette lecture est une vraie délectation.

    Mais (eh oui, mais) deux petites choses ont empêché mon enthousiasme d’atteindre la cime tant espérée. D’abord, l’histoire est réellement dramatique et, en elle-même, ne prête pas à sourire. On est donc cruellement partagé entre la tentation de la rigolade entretenue par Hitchcock et la compassion qu’inspire le destin tragique de plusieurs personnages. La cohabitation n’est pas évidente et Tim Cockey la gère plutôt bien dans l’ensemble, même si l’impression que l’auteur balance lui-même entre deux genres sans parvenir à se stabiliser effleure à plusieurs moments. Une petite valse hésitation qui disparaîtra complètement dès l’épisode suivant. Ensuite, les grossièretés inutiles qui fusent parfois entre les lèvres des personnages altèrent un peu le comique de quelques dialogues, tout en sous-entendus subtils la plupart du temps. On imagine que la douzaine de "putain de" traduisent banalement autant de "fucking" et on s’en serait bien passé, sans jouer les pères la pudeur.

    Mais l’ensemble reste d’une très bonne tenue ! Asseyez-vous donc au côté de Hitchcock Sewel dans sa Chevroley Quedalle, à la place du mort (bien sûr), et ne le quittez plus d’une semelle

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  • Le croque-mort a la vie dure

    23 mai 2008 17:30
    par BiblioMan(u) ( 23 chroniques )

    Lors d’une veillée funèbre, Hitchcock Sewell, croque-mort à Baltimore, reçoit la visite d’une jeune femme intrigante du nom de Carolyn James. Un peu farouche et déboussolée, elle s’enquiert des dispositions à prendre pour organiser... ses propres funérailles. Après tout, pourquoi pas ? La prévoyance ne fait pas de mal. Et quelque temps plus tard, le corps de Carolyn James arrive à l’entreprise de pompes funèbres. Soit. Hormis que cette fille là, prête à manger les pissenlits par la racine, Hitchcock ne l’a strictement jamais vue. Et ce cher croque-mort semble bien décidé à en savoir un peu plus sur cette étrange affaire.

    Avec un personnage exerçant une telle profession, on aurait pu s’attendre à une histoire trempée dans le formol, macabre, noire et dents de scie ; avec en toile de fond une société américaine rongée de l’intérieur et tout le toutim. Mais au terrain du morbide, du sombre et du sanglant induits par le genre, Tim Cockey a préféré sévir sur celui de l’humour sans rien ôter à l’intérêt de l’intrigue. Et franchement, ça fait du bien !

    Certes au début, on se demande où est-ce qu’on a posé les yeux. Avec le prénom du personnage, la femme ressemblant à Grace Kelly, le chien Alcatraz et un professeur de tennis tombeur de ces dames prompt à faire chanter les maris, on se croirait propulsé dans une affaire à l’ancienne, au milieu des années 50. Adultère, chantage, corruption...l’affaire a des goûts de déjà vu. Heureusement, tout n’est pas aussi simple qu’il y paraît. L’intrigue ne révolutionne certainement pas le genre mais on se plaît à tenter de la dénouer. Et puis...

    Et puis Hitchcock Sewell vaut bien le détour à lui tout seul, vraiment. Il faut le voir interrompre les discussions les plus sérieuses qui soient quand son interlocuteur utilise les termes " par contre" au lieu du "en revanche" de circonstance, ou bien encore braver les autorités avec une gouaille déconcertante. Le bougre s’en sort à l’aide de pirouettes verbales sans jamais être lourd, et ses sarcasmes ne l’empêchent pas d’être profondément humain. Bref, on tient là un personnage à la psychologie rondement dépeinte et finement ciselée, évoluant parmi une foule de personnages tout aussi truculents que drôles. Re-bref, on se régale.

    Voir en ligne : http://bibliomanu.blogspot.com

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