Je viens de finir La Horde du Contrevent, de Alain Damasio, éditions La Volte, dont beaucoup parlent comme d’un chef-d’œuvre, et j’en suis encore tout retourné. C’est un livre extraordinaire, que je recommande évidemment, écrit par un gars que j’ai rencontré aux Utopiales de Nantes en novembre dernier, un gars apparemment tout à fait ordinaire, mais maintenant je peux dire qu’il cache bien son jeu.
La Horde du Contrevent, c’est l’histoire de la 34ème Horde lancée à la conquête de l’Extrême-amont, sur une étrange planète où soufflent des vents terribles. L’Extrême-amont, c’est là d’où vient le vent, c’est un paradis pour la plupart, un leurre pour quelques fortes têtes, l’inconnu pour tous. Pour la 34ème Horde, une équipe de 23 garçons et filles affûtés depuis l’enfance pour cette quête, c’est un but qui vaut tous les sacrifices.
Lire La Horde du Contrevent c’est lire (et vivre) une épopée incroyable, complètement neuve dans ses thèmes, en tous cas pour moi, où la peur nous tenaille le ventre, la tristesse nous fait pleurer, et les moments de joie sont de vrais moments de soulagement. C’est un thriller métaphysique, qui raconte une quête insensée dans un monde où l’étrange se présente sous une forme rationnelle, où les obstacles sont surhumains, où l’héroïsme n’est pas une affaire individuelle mais une tension collective.
Je me suis demandé tout au long de la lecture comment Alain Damasio allait pouvoir finir, comment il allait boucler cette histoire étonnante sans nous décevoir, comment est donc cet Extrême-amont ( pourvu qu’il existe, pourvu que la Horde puisse l’atteindre !). Et plus on avance, avec la Horde, plus la tension monte, c’est terrible ! (au sens où ça nous remplit de terreur)
Je n’ai pas été déçu. La fin claque comme la fin d’une nouvelle, elle m’a laissé tout frivoleux au bord de mon livre, à la recherche de mes borogroves perdus. C’est dire.
Et le tout est écrit dans une langue très travaillée, inventive, avec des vieux mots oubliés, des mots techniques désuets et des mots tout neufs forgés pour les besoins du texte. Un vrai plaisir de lecture. Et il y a d’autres inventions, comme la bande originale du livre, que je vous laisse découvrir. A lire absolument.
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