Rulfo ne veut plus rêver. Depuis deux semaines, il fait le même cauchemar : une ombre rentre dans une très belle maison, et fait un massacre. Le jour où, aux informations, il découvre qu’un meurtre atroce vient d’être commis dans la maison de ses rêves, il comprend qu’il vient de mettre les pieds dans quelque chose d’horrible. Ce qu’il ignore encore, c’est que lui qui ne survit que grâce à la poésie va devoir affronter les Dames. Elles sont treize, vieilles comme le langage, et pour elles, la poésie est une arme mortelle. Ce n’est que le début de l’horreur dans laquelle Rulfo va être plongé.
Somoza est décidément un auteur majeur, incroyablement doué, qui sait s’approprier tous les genres, pour en tirer des romans uniques. La Caverne des idées était un hommage génial à Dame Agatha, Carla ou la Pénombre une spéculation époustouflante sur l’évolution de notre tendance à tout vendre dans un futur proche, avec ce nouveau roman, il s’attaque au fantastique, à sa façon, bien entendu. Comme toujours chez lui, l’idée de départ est brillante, et il l’exploite à fond, jusque dans ses ultimes conséquences. Dans un style éblouissant, il arrive à décrire des atrocités qui renvoient tous les serial killers américains au jardin d’enfants, et cela sans jamais tomber dans l’outrance. Du grand, grand art.
Répondre à ce message