Cela n’était qu’une mission banale, déprimante mais banale pour Varg Veum : aller récupérer une ado en cavale à Copenhague. Une affaire de moins de deux jours et il retrouve effectivement Lisa, dans un bordel sordide, déjà détruite par la drogue à seize ans. Le jour où il la ramène chez ses parents, les voisins font une entrée fracassante et hurlante, leur fils Peter, ex petit ami de Lisa a également disparu. Ils engagent Varg qui le retrouve dès le lendemain, mort éventré. La police prend les choses en main, mais Varg ne peut s’empêcher d’enquêter de son côté, et il découvre un portrait peu reluisant du défunt : il se prostituait, avait mis Lisa sur le trottoir, mais pratiquait également le chantage, à l’encontre de son employeur, un entrepreneur pas toujours honnête, mais également en utilisant des secrets de coucheries bien sordides. Autant dire que la liste de ceux qui pouvaient souhaiter sa mort était longue. Mais Varg est obstiné, et il finira par défaire un sacré nœud de vipères.
Dans ce troisième roman de la série, Varg continue à prendre de l’épaisseur, est de plus en plus humain, mais également de plus en plus pessimiste quand à ce qui se cache derrière la façade des relations humaines policées : mari et femmes, parents et enfants, s’ignorent et ne se comprennent absolument pas, au mieux, et quand il y a un sentiment, c’est plus souvent la haine que l’amour. Varg ne comprend pas son fils, qu’il ne voit que de temps en temps, et s’aperçoit, au cours de son enquête, qu’il n’a pas compris non plus ses parents, qu’il n’a pas su leur parler. Et ce sont bien les non dits, les secrets sordides cachés pour sauvegarder une apparence, une carrière, une aisance financière qui vont détruire tous les personnages de ce roman sombre et désespéré et poignant qui dévoile une société bourgeoise norvégienne bien mal en point.
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