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Avec ses intrigues à foison et ses personnages pour le moins extravagants, La Bâtarde d’Istanbul pose une question essentielle : que sait-on vraiment de ses origines ? Elif Shafak, écrivain engagé et n’utilisant pas la langue de bois, demande à son peuple d’affronter enfin son histoire, en particulier le génocide arménien et le massacre des Kurdes. Elle a le sens du récit, un humour féroce et un talent incontestable pour enchevêtrer la comédie au drame, le présent au passé. La Bâtarde d’Istanbul est donc une réussite romanesque, et un plaidoyer contre l’injustice, la bêtise et la haine.
Voici l’histoire de deux familles dans les dernières années du XXe siècle. L’une, les Kazanci, est turque et vit à Istanbul ; la seconde, arménienne, les Tchakhmakhchian, s’est installée à San Francisco après le génocide. Chez les Kazanci, les femmes sont de grandes amoureuses, des hypocondriaques ou des fortes en gueule, et les hommes n’atteignent pas les quarante ans. Chez les Tchakhmakhchian, on est prude, religieux, sans imagination, frileux en tout, excepté Rose qui abandonne son époux pour se remarier avec un… Turc. Lorsque la fille de Rose, Armanouch, se rend à Istanbul pour y rencontrer la famille de son beau-père, elle se lie d’amitié avec la plus jeune des Kazanci, Asya, celle que l’on appelle la « bâtarde ». Au cours du séjour d’Armanouch beaucoup de secrets seront mis à nu, et pas des moindres : inceste, rapt d’enfant, identité volée. Un meurtre conclura les révélations. Et la vie continuera.