Guillaume des Mots est une jeune homme de bonne famille, de très bonne famille même, il va jusqu’à dire de trop bonne famille. De ces familles qui tiennent depuis toujours le haut du pavé, trouve cela tout à fait normal, et écrasent sans le moindre état d’âme, mais avec de très bonnes manières, tous ceux qui osent se mettre en travers de leur chemin. Mais Guillaume est différent, alors il vit dans une pension très correcte, de son écriture : il écrit des petits billets qui informent les gens qui ont intérêt à être bien informés, des événements importants d’Ankh-Morpok. Jusqu’au jour où son chemin croise celui d’une équipe de nains qui a inventé une machine qui permet, en un temps record, de composer un texte, et de le sortir à quelques milliers d’exemplaires. Alors, par hasard, Guillaume s’aperçoit que ce qu’il écrit peut intéresser beaucoup de monde, que les gens sont prêt à payer pour savoir ce qu’il se passe, ou pour leur confirmer ce qu’ils savent déjà . Et tout ça arrive au moment où le Patricien est accusé d’un meurtre, ce qui semble bien étrange à Guillaume et à Monsieur Vimaire, Capitaine du Guet. Et dans l’ombre, deux tueurs sans pitié oeuvrent, mais pour qui ? Voilà qui va alimenter les petits écrits de Guillaume, jusqu’à ce que la Vérité jaillisse.
Il va falloir s’y faire, si ce n’est déjà fait, Pratchett est un génie : sous les dehors farfelu, et avec un gros nez rouge, il écrit ce que j’ai lu de plus humain, émouvant, convaincant et profond sur la fièvre du journalisme, la naissance d’un journal, la recherche de la Vérité, même si ce qui fait vendre ce sont les énormités mensongères. On voit, comme pour tout les sujets qu’il traite, qu’il a vu tous les films, lu tous les polars qui traitent du sujet, il les a digéré, et transposé dans son monde fantaisiste, qui ressemble tellement au nôtre. Tout cela avec humour et suspense, avec sa façon bien à lui de faire sentir au lecteur qu’il sait qu’il est intelligent et qu’il va comprendre sans avoir à mettre tous les points sur les "i". Alors le lecteur, se marre, s’émeut, et est très heureux d’être pris pour quelqu’un d’intelligent. Indispensable, une fois de plus.
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