Card connut à la fin des années 70 la consécration avec son roman "la Stratégie Ender" mettant en scène un enfant surdoué, Ender Wiggin, utilisé par l’armée pour combattre des extraterrestres. Fort de ce succès, Card a prolongé l’aventure d’Ender par 3 suites (La voix des morts, Xénocide, Les enfants de l’esprit) qui font pâle figure par rapport au premier opus, jusqu’à devenir ennuyeux...
Mais le prolifique auteur Américain ne jette pas l’éponge et se replonge, avec « La stratégie de l’ombre », dans l’intrigue de la "Stratégie Ender" en en changeant l’angle de vision : le héros n’est plus Ender mais Bean, un des lieutenants d’Ender. Et là force est de reconnaître l’intérêt de l’exercice, avec une intrigue parallèle à celle du roman original, la rejoignant sans pour autant reproduire le propos original.
Ce présent roman est la suite des aventures de Bean (oui, quand Card a une idée, cela se traduit presque toujours par une suite de romans...). L’enfant surdoué et ses camarades sont de retour sur une Terre qui, libérée de menace extérieure, se livre à nouveau à son passe-temps favori : complots politiques, trahisons et conflits armés. Les héros du cycle sont les enfants stratèges surdoués, qui, revenus à la vie civile, deviennent les instruments (ou les manipulateurs) des ambitions politiques des gouvernements et des états-majors. Se déploie alors – selon les propres termes de l’auteur – une partie de « risk » à échelle réelle, où le génie des enfants est capable de remettre en cause des situations géopolitiques établies depuis plusieurs générations.
Mais le propos du roman ne se limite pas à la description d’une guéguerre mondiale pilotée par des enfants. Le personnage central de Bean gagne en profondeur, évolue, apprend d’avantage de choses sur la vie et sur lui-même. C’est aussi pourquoi Card est adepte du cycle de romans : il fouille et explore toutes les facettes morales et humaines de ses personnages au fil des tomes, en évitant souvent (mais pas toujours) à être moralisateur. Au moins deux suites doivent poursuivre ce cycle : espérons que l’épuisement et la lassitude ne viennent pas avant la fin. Pour ce deuxième opus, en tout cas, ce n’est pas le cas.
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