La famille Westin (Joakim, Katrine, et leurs jeunes enfants Livia et Gabriel) vendent la maison qu’ils ont entièrement rénovée et quittent Stockholm pour emménager 400 km plus loin dans une ancienne demeure de gardiens de phare. Il faudra du temps et de nombreux travaux pour transformer cette maison abandonnée en foyer chaleureux. Mais le paysage environnant est magnifique, air pur et calme ont convaincu la famille qu’elle y serait bien.
Méfiance ! Ce qui est beau sous la lumière estivale l’est parfois nettement moins lorsque les mauvais jours approchent.
Maintenant que l’hiver est là , sur cette presqu’ile balayée par des vents violents, cela change radicalement l’aspect du bâtiment, et la façon d’y vivre. Les vieilles planches grincent, craquent, les reflets sur les murs jouent avec les nerfs des habitants, les pièces inhabitées semblent posséder un souffle qui leur est propre. Il faut dire que la vieille bâtisse a un passé troublant sur lequel veille l’un des deux phares voisins tandis que l’autre ne s’éclaire mystérieusement que lorsqu’un drame s’annonce….
Et puis Katrine se noie. Une chute malencontreuse sur des roches glissantes. Hypothermie. La température glaciale de l’eau ne pardonne aucune erreur.
Joakim est sous le choc, et tente comme il le peut de reprendre le cours de sa vie, entre hébétude et ancrage dans une routine servant de point d’ancrage pour ne pas sombrer.
Alors qu’il continue d’explorer son nouveau domaine, il découvre dans le grenier des planches portant le nom de personnes victimes de tragédies, et toutes liées à l’histoire de la maison.
Pendant ce temps, on découvre une série de cambriolages sur lesquels il faut enquêter, et la jeune policière récemment nommée Tilda Davidsson va être très occupée.
Car faisant parler les uns et les autres, elle va elle aussi se rendre compte que le passé a encore beaucoup de secrets à révéler, et que la voix des morts continue ses murmures aux oreilles des vivants…
Contrairement à ce que vous êtes en train de penser et que j’entends très bien d’ici, ce livre n’est pas une histoire de fantômes et de revenants. Ou alors vraiment très peu.
L’auteur fait la part belle à l’ambiance qui règne et qui vous glace peu à peu, aux histoires et légendes qui peuvent circuler lorsqu’une maison commence à avoir mauvaise réputation.
Et sa manière de dérouler le fil de l’histoire est aussi précise que prenante.
Certes, il y a eu des drames tant autour qu’à l’intérieur de cette maison de gardiens, qui ont créé une aura particulière. Mais dans un pays où les nuits sont longues, où le climat peut s’avérer franchement hostile, l’imagination s’emballe. Et les bas instincts s’exacerbent.
La violence n’est pas que dans le climat, les hommes sont capables de bien pire….
L’action se déroule sur les mois d’octobre, novembre et décembre. L’accent est porté tour à tour sur les différents personnages, avec un récit qui vient s’intercaler : celui de la mère de Katrine qui a écrit un livre pour lui révéler certains faits.
La vérité se fait peu à peu, au rythme de cette histoire qui peut paraître lente, mais dont il est impossible de se détacher tant elle est intense.
L’auteur prend le temps de placer ses pièces du puzzle, il ne sert à rien de s’impatienter : le suspense monte peu à peu, la gangue froide se referme autour de vous et tout s’explique dans un dénouement implacable et violent.
Tout y est ! Climat, atmosphère, psychologie. Tout est bien dosé.
Il s’installe un ton, un décor, il se dessine une fresque qui se serait comme condensée sur ce tout petit point géographique, qui devient personnage à part entière de l’histoire.
Un livre dévoré en quelques heures à peine.
La littérature nordique possède cette manière inimitable de naviguer entre huis-clos et mélancolie, entre déchaînements sauvages et paysages glacés, qu’il serait vraiment dommage d’ignorer.
Livre vivement conseillé par bibliofractale
Voir en ligne : http://bibliofractale.over-blog.com...
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