L’Athènes de Platon est le théâtre de ce polar ludique, enquête littéraire et enquête de terrain, regorgeant de références et de clins d’œil. En bon auteur de polar, Somoza nous montre tout de l’Athènes de cette époque lointaine, l’académie où enseigne le célèbre philosophe : « Le chemin qui conduit à l’école de philosophie de l’Académie est, à ses débuts, à peine une sentier qui se détache de la Voie sacrée peu après la porte de Dipylon […] Il y a un portique à l’entrée […] Dans l’espace central, une inscription : « Que personne n’entre qui ne connaisse la Géométrie » » ; mais également le quartier des prostituées, qui se situe … près du Port, comme toujours « Ils la cherchèrent dans les rues étroites où flottait, volatile, l’odeur de la mer, dans les embrasures sombres des portes ouvertes, ici et là, entre les petits groupes de femmes silencieuses qui souriaient quand ils s’approchaient. » ; et le quartier des commerçants étrangers : « un coin de rue solitaire situé au-delà de la zone des commerces métèques ». Ainsi Somoza dresse t’il la carte d’une ville, de ses habitants et de sa sociologie, avec l’élite des citoyens grecs, les étrangers (les métèques) qui n’ont pas de droits civiques, et au fond, tout en bas, les esclaves, qui n’ont pas de droits du tout.
José Carlos Somoza, La caverne des idées
(La caverna de las ideas, 2000), Actes Sud, 2002.