Le tour de force de cette Quête d’espérance est de vous propulser dans un monde dont on ne sait au final que peu de choses – s’agit-il de la Terre à une époque très très lointaine ? D’une autre planète ? – et si l’immersion dans cet univers est certes rapide, elle n’en est pas moins parfaitement dosée, maîtrisée même. Peut-être est-ce en partie parce que Johan Heliot emprunte les codes du récit maritime et les transpose habilement dans ce monde hostile dans lequel les hommes qu’il nous présente évoluent sur d’immenses vers des sables dans un désert sans limites apparentes. A peine ce décor est-il esquissé que Johan Heliot déroule l’intrigue à un rythme ahurissant, campe ses personnages avec brio. En règle générale, les histoires de Père la Flibuste n’éveillent absolument rien en moi, et certainement pas la lueur de l’intérêt. Là , il en a été tout autrement. Comment ne pas être intrigué par l’origine et l’attitude mystérieuse du jeune Izaïn récupéré par le bosco de L’Espérance ? Comment ne pas avoir la curiosité piquée par ce livre écrit dans une langue très ancienne qu’il avait en sa possession au moment de son sauvetage ? Comment ne pas vibrer sous le coup des attaques et des trahisons dont l’Espérance et son équipage semblent être l’objet depuis l’apparition d’Izaïn, depuis que la capitaine Légyria s’est aussi mise en tête de retourner à l’oasis où se trouve l’assassin de son père ? Comment ne pas être écÅ“uré par l’attitude du sculpteur de corne d’Espérance dont le seul et unique but et fuir les pirates de fer, retrouver le faste d’antan, quitte pour cela à livrer Izaïn ? Comment ne pas être subjugué, enfin, par Espérance lui-même, ce vaisseau animal dont Bayu le guérisseur parcourt les entrailles, comme à son écoute ?
Autant de questions qui sonnent comme une invitation à la lecture !
Voir en ligne : http://desblablas.blogspot.com
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