L’écriture est plus qu’un plaisir, c’est une autre manière d’être, une deuxième respiration, une autre vie, devenue indispensable !
Faudi-Khourdifi
Faudi est ce qu’on appelle en France mon « nom de jeune fille ». Un de mes oncles a fait des recherches sur l’origine de ce nom et a découvert qu’il venait de « Faudé », c’est-à dire : marchand de fil. C’est le sujet de l’histoire que je raconte dans « trois petites notes d’harmonica » qui est dans le recueil. Les détails sont inventés, mais cela me plait bien d’imaginer qu’un de mes ancêtres était un « mercelot » un marchand de fil.
Khourdifi, c’est mon nom « d’usage », celui de mari, d’origine marocaine. L’utilisation conjointe de ces deux noms constitue mon nom d’auteur et me représente pleinement.
Vosges
Ces montagnes à taille humaine sont mon havre de paix. Je les vois en me levant le matin, elles m’entourent et m’inspirent. Là où je vis, c’est un « écrin de nature », un endroit que nous avons choisi. Quand des amis viennent chez nous, leurs premiers mots sont : « comme vous êtes bien ici ! » Je participe à la vie du village, je m’y sens bien.
Quadrature
Une belle rencontre ! C’est un groupe de sept passionnés de littérature, chacun avec sa sensibilité, ses capacités qu’il apporte au groupe. Tout se discute au sein de Quadrature : le choix des manuscrits, les corrections à y apporter, le titre ! Ce qui est intéressant pour un auteur, c’est qu’une fois que le manuscrit a été accepté, on travaille ensemble, avec la sécurité que votre texte a plu à sept personnes, hommes et femmes, de goûts et d’exigences variées !
Quadrature n’édite que trois recueils de nouvelles par an, je me sens flattée et heureuse d’avoir été choisie pour l’un de ces recueils ! Et les recueils déjà édités chez eux témoignaient d’une grande qualité.
Nous avons beaucoup travaillé par mail et téléphone avant la Foire du Livre de Bruxelles où j’ai dédicacé mon recueil. Et à cette occasion, j’ai découvert le sept membres de Quadrature en chair et en os, avec qui j’avais travaillé de loin. Un contact formidable, des rencontres enrichissantes, que du bonheur !
Nouvelle
C’est la forme qui me convient le mieux. En quelques pages, une tranche de vie, une ambiance, une histoire qui se déroule et se termine…. C’est un « tout » qui doit tenir ensemble, intéresser le lecteur, le tenir en haleine. Dans la nouvelle, on n’a pas le droit à l’erreur, chaque mot y est pesé, travaillé, accompagné. J’écris aussi des textes pour enfants qui fonctionnent sur le même modèle : peu de personnages, une histoire efficace qui délivre un message clair, une émotion…
Noir
Le noir, c’est le plaisir de la vie… C’est la touche d’humour qui permet de rire des choses les plus tristes, qui nous délivre de la lourdeur de la vie. Il faut qu’un personnage me plaise pour que j’invente sa vie. Parfois, c’est son aspect lourd, maladroit, ou son manque de chance qui me fait rire : cela se traduit par un certain humour noir, une approche grinçante de son histoire…
Plaisir d’écrire
L’écriture est plus qu’un plaisir, c’est une autre manière d’être, une deuxième respiration, une autre vie, devenue indispensable ! Lorsque j’invente une situation, des personnages, je vis avec eux, je m’en vais dans leur monde, un peu comme lorsque je vais au cinéma, mais là, c’est moi qui dirige, c’est ça qui est passionnant !
Fabrique de l’histoire
Cette expression me plait. Je me sens un peu comme un artisan qui façonne un nouveau monde, un nouvel environnement à mes personnages, je les imagine dans une situation donnée. J’aime qu’on me raconte des histoires, j’aime en inventer. La nouvelle c’est un peu le conte de fées pour adultes, l’autorisation de redevenir enfant quelques instants, de retrouver la magie de l’histoire pour quelques minutes.
Envisager l’inimaginable
Ben… c’est imaginable puisque je l’imagine !! C’est vrai que la fin est souvent inattendue, on n’imaginait pas le pire et c’est souvent ce qui arrive. C’est la vie qui est inimaginable et c’est tant mieux ! Sinon où serait le plaisir de vivre si tout était prévisible d’avance… Je ne suis pas tendre avec mes personnages, parce que la vie n’est pas tendre, elle non plus…
Chute
Grande question : une nouvelle doit-elle avoir une chute ? Doit-on l’avoir en tête avant de commencer à écrire ?
Une nouvelle peut se passer d’une chute si elle crée une ambiance assez forte pour tenir à elle seule. La chute n’est qu’un ingrédient de plus qui boucle l’histoire.
Quand j’écris, il me faut avoir une idée globale de mon histoire, quelque chose de bien complet, de rond, qui me plaise. Et c’est vrai que j’ai souvent l’idée d’une chute précise. Mais il peut se passer deux choses différentes au cours de l’écriture.
La première, c’est que les personnages n’en font qu’à leur tête : je les suis dans leur évolution. La chute que j’avais imaginée ne colle plus du tout avec ce qu’ils sont devenus… je dois alors la changer… ou la supprimer.
La deuxième chose, et c’est la plus fréquente, c’est que la chute que j’avais imaginée au début est tellement présente dans l’histoire, puisque je l’avais constamment à l’esprit qu’elle est trop prévisible… il m’arrive alors de la décaler pour la rendre inattendue.
Relations humaines
C’est à mon sens la base de la littérature. C’est l’alchimie des rapports humains qui fait que chaque histoire est différente. J’essaie de dénoncer certains rapports déséquilibrés, certaines situations qui me paraissent intolérables : l’expulsion des sans-papiers, les mal-logé victimes d’incendies. c’est ma manière personnelle de m’indigner, d’éveiller peut-être une conscience, dans un monde où chacun se replie sur soi. Parfois, c’est le cours de la vie qui fausse les relations, les distend, les rend difficiles : la maladie d’Alzheimer, la retraite… d’autres fois, c’est l’adultère, l’incompréhension… Je raconte des histoires ancrées dans l’actualité, avec des sujets qui me touchent.
Emotions
C’est pour l’émotion qu’on écrit, bien sûr ! L’émotion des personnages, les sentiments qui passent entre eux. Mais faire rire ou au moins sourire le lecteur, lui faire verser une larme, bref, l’émouvoir… quoi de plus beau, de mieux réussi pour un auteur ?