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Rassurez-moi, ce livre n’est qu’une fiction ?
Vous rassurer ? Mais pourquoi ! Certaines choses relèvent de la fiction, d’autres non. Ce n’est pas important de savoir lesquelles. Si ?
Ecrivain = Elébotham. En fait, écrivain, vous avez tous les pouvoirs ?
Tous, excepté celui de maîtriser la réception et l’interprétation du livre. C’est une magie différente qui est alors en œuvre, à laquelle l’écrivain assiste de loin, souvent impuissant, en espérant être émerveillé plutôt qu’horrifié évidemment !
Est-ce en vous promenant dans la forêt petit que votre imaginaire s’est développé ?
En partie sans doute, mais pas seulement. Lorsque j’ai débuté l’écriture de ce livre, jamais je n’aurais pensé pouvoir parler de la forêt ainsi. A vrai dire, je n’avais pas vraiment d’idées tranchées sur la façon de rendre certaines atmosphères. Finalement, notre imaginaire nous est en grande partie inconnu jusqu’à ce qu’on le sollicite avec force, ou filouterie selon les cas. Et alors, il ne faut pas avoir peur de ce qui résulte…
Votre narrateur-personnage est marqué par la lecture de Santiago de Mike Resnick. Êtes-vous un lecteur de science-fiction ?
Je lis environ une dizaine de livres de SF chaque année, ce qui finalement est assez peu. Je deviens sans doute plus exigeant, comme pour toutes les autres formes de littérature d’ailleurs. J’ai besoin d’être surpris, non tant par les thèmes abordés, mais par la manière dont ils le sont. Mais j’admets avoir l’esprit très ouvert, ça ne me dérange pas d’être embarqué dans des histoires qui pour d’autres peuvent paraître insensées ou ridicules.
Dans la postface du roman, vous écrivez que vous avez été influencé durant les deux ans d’écriture par la naissance d’un enfant, la mort d’un grand père centenaire. Aussi par l’ouragan Klaus, non ?
Influencé je ne sais pas. Ces événements m’ont touché, c’est évident. De là à déterminer comment ils ont orienté mon écriture, c’est impossible à dire. Pour ce qui concerne l’ouragan Klaus, étant au Kenya depuis deux ans, je ne l’ai donc pas vécu. Je n’ai vu le désastre, une partie du moins, que quelques mois plus tard, lorsque je suis revenu dans les Landes.
Si je n’interprète pas trop la fin de votre roman, celui est subversif, non ?
C’est autant un livre sur la forêt que sur l’indocilité. Les portraits d’insurgés que je dresse pourraient se suffire à eux-mêmes, mais c’est vrai que le dernier chapitre apporte une touche supplémentaire à cet aspect que vous qualifiez de subversif, tout en ayant peut-être un côté ambigu et dérangeant. J’estime cependant que son interprétation ne m’appartient pas. Et je ne cherche en aucun cas à me poser en donneur de leçons, écrire est en soi un acte suffisamment immodeste comme ça !