Bibliosurf.com : derrière l'écran, il y a un libraire Newsletters Twitter Facebook RSS
ACCUEIL
NOUVEAUTÉS
guide
GUIDE
INTERVIEWS
LECTURES
SUR LE WEB
CONSEILS
NUMERIQUES

Achetez sur bibliosurf
Brouillard au Pont de Bihac Trouille Ostende au bout de l’est French Tabloïds Réveillez le président ! La déposition du tireur caché
1 | 2 | 3

Interview de Jean-Hugues Oppel

par Julien Védrenne
Mise en ligne le Juin 2007 | 2158 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

JeanHugues Oppel a été un auteur de romans noirs incontournable qui a posé ses valises chez François Guérif et les éditions Rivages. Auteur confirmé et apprécié, unanimement reconnu après Chaton : trilogie (Rivages/Noir n° 418), l’homme est un migrateur attiré par les belles aventures. Ce ne fut pas une surprise de le découvrir en novembre 2006 dans la collection "Suite Noire" créée par JeanBernard Pouy avec La Déposition du tireur caché, un court roman témoignage atypique et CDAudio d’un tueur à gages, pour rappeler qu’il a eu l’honneur de faire partie de celles et ceux qui ont écrits pour feue la prestigieuse "Série Noire". Ces derniers temps, on a aussi pu lire, dans deux livres aux éditions Syros, des récits pour les plus jeunes. Une histoire de bÅ“ufscarottes avec Halte au feu (avril 2006), dans la collection "Rat Noir", et une d’espionnage qui se déroule en plein air, dans "Souris Noire", Tigre ! Tigre ! Tigre ! (septembre 2006). Vous l’aurez compris, JeanHugues Oppel est à la fois un homme qui a des choses à raconter et à tout le monde, et une personne qui aime les félins. Des chats aux tigres, il nous racontera les petites bêtes à moustache. Son dernier roman, paru en grand format dans la collection Rivages/Thriller en février dernier s’intitule Réveillez le Président ! Titre caustique et sarcastique pour un roman sur fond de farce noire.


Jean-Hugues Oppel, bonjour. Allez-vous nous écrire un nouveau livre avant chaque élection pour tenter, vainement, de réveiller, non pas le Président, mais les consciences ? Si je m’en réfère à la quatrième de couverture de Chaton : trilogie, écrit en 2002 : "Un livre à lire d’urgence avant les élections… et à relire après, à la lumière des résultats !", c’est devenu une habitude présidentielle. Le moins que l’on puisse faire, c’est de relire Réveillez le Président ! maintenant ! Pouvez-vous nous raconter succinctement la trame de votre roman, les principaux personnages et la suite à donner ?

Bonjour aussi tout d’abord !

Et pour ce qui est de réveiller les consciences, « vainement » est bien le mot – personne ne m’a écouté, moi qui pourtant annonçait dans Réveillez le Président ! le résultat du 1er tour de la présidentielle de 2007, et celui du second tour… et relisez bien : vous y avez aussi le résultat des législatives ! C’est le livre des Révélations, non ?!

Alors, pour ceux qui ne le connaissent pas encore (et que j’encourage vivement à faire sinon la lecture, du moins l’achat de cet excellent ouvrage – éditeur et libraires se joignent à moi !), disons succinctement comme demandé que : ils découvriront qu’à chaque élection présidentielle nous confions quelques 60 mégatonnes d’enfer atomique à la présidence nouvellement élue ; que cette formidable force de destruction massive est à la merci d’un bogue informatique comme un vulgaire ordinateur de bureau ; que si le chef de l’État est malheureusement dans le coma et son remplaçant officiel tête en l’air, le pays est dans la merde noire jusqu’aux oreilles ; et qu’il faut saisir la nuance suivante : les Américains ne sont pas nos alliés, c’est qui nous sommes les leurs...

Je leur propose un petit voyage haletant dans les profondeurs du palais de l’Élysée, au cÅ“ur de la Dissuasion française anormalement en état d’alerte Rouge, au grand dam du reste du monde : nous ferons d’ailleurs escale au Pentagone, où deux généraux américains suivent l’évolution de la situation non sans inquiétude, en se demandant qui est l’ennemi. Les lecteurs-trices claustrophobes seront ravi(e)s d’embarquer par 300 mètres de fond à bord du Téméraire, sous-marin nucléaire lanceur d’engins* prêt à justement les lancer, ses engins (l’on pourra vérifier à cette occasion que l’auteur aurait fait un excellent candidat à la présidentielle), à moins que l’informaticienne Caroline Laverda ne parvienne à neutraliser la force de frappe devenue folle, aidée en cela par Marie-Reine de Beauchâtel, pionnière de l’électronique de pointe (il paraît qu’elle a fait sauter Bill Gates sur ses genoux), que l’agent (très) spécial Philippe Vilniot est allé faire chercher en Concorde jusqu’en Guadeloupe – c’est dire si la menace est grande et qu’on ne lésine pas sur les moyens pour l’annihiler !

Pour finir, en méditant sur le potentiel d’apocalypse que représente ne serait-ce qu’un seul missile à tête multiple (45 fois Hiroshima à lui tout seul – comptez 16 missiles dans les flancs dodus d’un SNLE*), le lecteur ou la lectrice averti(e) entendra autrement les informations en provenance d’Iran ou de Corée du Nord... j’espère !

Paul Guanaud, un commissaire de police qui a du caca d’oiseau dans les yeux, reçoit La Déposition du tireur caché, un CD-Audio racontant l’assassinat de l’homme d’affaires Jean-Pierre Duchesnes.

Rassurez-nous, ce n’est pas parce qu’il aurait mis à disposition un avion privé ainsi qu’un yacht ?

Il est question de bateaux pour qui sait lire entre les lignes de l’affaire « Pélican Rouge », et que les pélicanidés sont une grande famille qui compte en son sein les frégates ! L’écriture au printemps 2006 de ce court roman (ou longue nouvelle) a été en fait une excellente mise en jambes pour le réveil présidentiel évoqué ci-dessus. Et pour ce qui est des largesses industrielles envers le Pouvoir fraîchement sorti des urnes, elle n’aura surpris que ceux et celles qui pensent encore que la politique de la Nation ne se fait pas à la Corbeille – si celle-ci est devenue continue, en ligne et toujours aussi dépourvue d’humanité, elle n’en dicte pas moins leur conduite aux états. Pour ne pas faire dans l’ironie facile, je me contenterai (avec ravissement) de citer de mémoire les propos d’un camarade de parti (donc vierge d’esprit d’opposition revancharde) du vacancier maltais : avec cette connerie, pendant la campagne des législatives, ça va pas être facile d’expliquer aux électeurs que nous sommes proches des gens modestes !

Que vous inspire la nouvelle de la semi-libération de Nathalie Ménigon, du groupe Action Directe ? Je ne sais pas pourquoi, mais votre style m’y fait penser. Elle aurait pu être un personnage fictif d’un de vos romans. Une personne qui relève le défi de maîtriser son destin, un peu à l’instar du groupe terroriste de La Nuit des chats bottés de Frédéric H. Fajardie. Un nouvel Action Directe aujourd’hui, c’est simplement de la fiction que vous pourriez écrire ou une hypothèse de notre futur proche qui acquière de plus en plus de consistance ?

Le sort des membres d’Action Directe m’inspire surtout l’étrange sensation d’un acharnement pénitentiaire disproportionné, assumé d’ailleurs par la Droite comme par la Gauche sociale-démocrate. Ce n’est plus de la punition, c’est de la vengeance d’État. Et c’est grave... Je précise que je ne partage absolument pas le principe de la lutte armée en démocratie, ne serait-ce que par respect pour les victimes des dictatures chilienne, argentine, grecque, franquiste, etc. – la France mitterrandienne, même imparfaite, était loin d’être un pays totalitaire, et l’assassinat politique d’un grand patron (entre autre) n’était pas la solution pour soulager la misère des travailleurs, mais alors vraiment pas.

Cela dit, ce qui s’annonce déjà et en si peu de jours comme la France sarkozyste pourrait bien me faire changer d’avis... J’y reviens à la question suivante, d’accord ?

Sinon, oui, l’histoire de ce groupe pourrait m’inspirer... si Jean-Patrick Manchette n’avait pas écrit autrefois Nada ! Écrit et tout dit sur la question par cette phrase d’un des personnages (une confession enregistrée au magnétophone – étonnant, non ?!), que j’aime à me réciter régulièrement : « Le terrorisme gauchiste et le terrorisme étatique, quoi que leurs mobiles soient incomparables, sont les deux mâchoires du même piège à cons. »

Quand Maurice Papon est sorti de prison pour raisons médicales, beaucoup ont crié au scandale, alors que ce n’était que l’application de la loi. La loi est la même pour tous - la loi devrait être la même pour tous... Ce qui est scandaleux, ce n’est pas que Papon sorte, c’est que d’autres ne sortent pas, quels que fussent leurs crimes.

Vous jonglez de genre en genre, du roman vraiment noir à celui d’espionnage, vous écrivez à la fois pour les jeunes et les moins jeunes, mais toujours, votre style bien particulier vous reflète, à savoir qu’il est direct, grinçant et empreint d’humour. Vous écrivez sans concessions et vos thèmes font de vous un "auteur de gauche". L’avenir, c’est quoi ? Et dans l’écriture défoulatoire et dans notre société ?

L’avenir ? Je suis pessimiste et paranoïaque de nature, mais alors là je suis servi ! Je suis atterré du vote de mes concitoyens, indiscutable de par leur splendide participation. Bonne nouvelle : les Français ont voté en masse ; mauvaise nouvelle : ils ont massivement voté à droite ! Et nous voilà obligés de parler comme Le Pen, un comble : nous nous sommes trompés, tout va bien depuis cinq ans - peu ou pas de chômage, salaires corrects, logements et loyers décents, travailleurs pauvres ? Connais pas ! On croit rêver...

Et demain, cauchemarder ?

Parce que les gens n’écoutent plus rien et, plus grave encore, n’entendent plus rien ; ne décodent plus les mots : travailler plus pour gagner plus quand les heures supplémentaires ne seront plus payées comme telles, ça s’appelle travailler plus pour ne rien gagner de plus que la stricte rémunération de son temps de travail ! Que le nouveau Président démissionne de la tête de son parti, rien de plus normal ; qu’il prenne soin de souhaiter après lui une direction collégiale et pas un nouveau chef de parti en dit long sur ses peurs de voir un futur concurrent sur ses talonnettes – il devrait s’autoproclamer Président à vie, cela lui éviterait cette crainte ! Est-il besoin d’en remettre une couche sur l’inné et l’acquis, la fatalité génétique du crime qui fleure mauvais des thèses nauséabondes que je pensais définitivement renvoyées aux poubelles de l’Histoire – putain, tout cela sent le dictateur en herbe !

Alors, l’avenir ? Le défoulement dans l’écriture concernera aussi les minables machos de la rue de Solférino, sans oublier la pimbêche qui leur a mouché le nez, et je sens qu’un certain french doctor de mes deux va me tomber sous la plume d’ici peu !

Pour l’humour de la chose, ça va être plus dur...

Vos écarts de littérature vous ont amené à écrire pour la jeunesse. Comment choisissez-vous les sujets de ces romans ?

Pas vraiment différemment des sujets « adultes », je suppose... J’avoue ne m’être pas trop posé la question ! Je fonctionne beaucoup à l’écoute des actualités à la radio, que j’écoute toute la journée (je suis incapable d’écrire dans le silence ; la musique ne permet pas d’avoir des repères horaires quotidiens). Aussi, je peux tout autant m’inspirer de l’inflation du téléphone portable chez les ados, pour en tirer une trame de suspense récréatif sans véritable lien social avec le phénomène, que bondir quand des imbéciles foutent le feu à un autobus parce que celui-ci ne s’est pas arrêté entre deux arrêts pour les prendre (c’est bien connu, les arrêts de bus ont été inventés pour que le véhicule charge les passagers entre !), et là le sujet traitera de la matière même qui l’aura suscité, les mains dedans, sans chichis ni censure, en appelant un chat un chat.

Et sans négliger le maître-mot de l’écriture jeunesse : COMPRÉHENSION. Les chers petits sont encore en devenir intellectuel, et ce n’est pas les mépriser ni leur proposer de la littérature au rabais que d’en tenir compte. Alors je leur raconte presque la même chose qu’aux adultes... presque de la même manière

Etes-vous tenté par des expériences atypiques comme l’écriture de romans policiers historiques ?

Vous imaginez la somme de recherches qu’il faut faire pour ne pas commettre d’erreurs et/ou d’anachronismes ? Je suis beaucoup trop feignant pour ça ! Rien que pour savoir en quoi roulait officiellement le président de la République française en 1994, quand on écrit en 1999 (c’est donc bien du polar historique !), j’ai vécu l’enfer – je n’ose imaginer ce que doit être la consultation des catalogues de carrosses ou de chars à bÅ“ufs ! Cela dit, c’est un genre que je lis parfois avec plaisir, et que je défends bec et ongles quand il s’agit des aventures du juge Ti !

Quelles sont vos influences littéraires ? J’ai vu que votre orientation noire vous est venue après la lecture des romans de Klotz et Manchette… Que vous vous étiez orienté vers l’écriture de science-fiction auparavant…

Ça commence avec le Club des Cinq et Langelot, ça file ensuite chez Jules Verne, Sherlock Holmes et les enquêtes du commissaire Maigret avant de plonger dans la science-fiction pour un bon moment : Chroniques martiennes de Ray Bradbury et Demain les chiens de Clifford D. Simak sont mes deux romans cultes fondateurs, avec toute l’œuvre de John Brunner – Tous à Zanzibar étant culte de chez Culte !!! Et quasiment un polar aujourd’hui :
je me revois savourant les exploits des Amocheurs en me disant « Quelle imagination » ! Quand on sait que l’exploit d’un Amocheur consiste à sortir dans la rue enfouraillé jusqu’aux oreilles pour flinguer un maximum de victimes avant d’être abattu par la police, et que le roman a été écrit voici bientôt 40 ans, on regarde autrement les actualités américaines récentes... Non ?

Côté français, un seul nom, mon maître Pierre Pelot et La septième saison, sans doute l’unique chef-d’œuvre jamais publié par la défunte collection Anticipation du Fleuve Noir - allez, un autre, quand même, j’ai failli l’oublier, au Fleuve aussi : Frédéric Dard-San Antonio, je ne peux pas l’effacer comme ça ! Première découverte par un bel été helvétique avec Du mouron à se faire, je m’en souviens comme si c’était hier. Après, pas moyen de décrocher, c’est une drogue dure... un crack, forcément ! Et pendant ce temps-là, en attendant Klotz et Manchette (puis Ellroy et Pagan) ne négligeons pas les auteurs du programme scolaire, les classiques comme on dit, avec une préférence marquée pour Émile Zola. Pas du polar, mais presque...

Des auteurs classiques même si pas apparentés au noir ? (Il existe toujours cette guerre des frontières avec des romans comme ceux de Dostoïevski, Crime et Châtiment en tête, ou L’Etranger, de Camus et Sanctuaire, de Faulkner, d’ailleurs, les avez-vous lus ?)

... alors que L’Étranger de Camus, c’en est, et pas qu’un peu – et la noirceur de Dostoïevski, donc ! Je suis moins convaincu pour Faulkner, mais je n’ai pas tout lu (Sanctuaire, justement, désolé), et je le remplace aussitôt par Steinbeck : si ses raisins colériques chassent sur les terres germinalesques de Zola, ses souris et ses hommes mériteraient d’être publiés en collection estampillée « Noir »... sacré John !

Je ne vais pas refaire le débat Noire/Blanche ici, il se résume souvent (toujours) à une simple question de couverture. Je rendrai seulement hommage aux lecteurs-trices de ma bonne amie Fred Vargas (et à son éditrice Viviane Hamy) qui ont explosé les frontières du genre en plébiscitant des romans ouvertement présentés comme policiers ; il ne leur reste plus qu’à étendre cet engouement à toutes les autres collections ; à quand un vrai polar sans couverture blanche-alibi sélectionné au prix du Livre Inter, par exemple (et putain de bordel), sans parler du Goncourt !?

Pour finir le chapitre des influences littéraires, en vrac : Yves Gibeau, Jorn Riel (je ne trouve pas le « o » barré danois sur mon clavier !), Stéphanie Benson, Jim Nisbet, John Harvey, Erik Orsenna (au début !), Patrick Cauvin (voir Klotz !), Sébastien Japrisot, Gilles Bachelet et son chat le plus bête du monde (c’est un album en Seuil Jeunesse, mais ça vaut tous les pseudo-romans de la rentrée littéraire) – et Jean Passe !

Quel est votre roman qui est à votre sens le plus abouti ?

Le prochain, bien entendu, ou celui... que je n’écrirai jamais !

Plus sérieusement, tous, et chacun pour une raison qui lui est propre, forcément. C’est l’avantage d’explorer des pistes différentes à chaque fois : le défi n’est jamais deux fois le même, et donc le travail une nouvelle expérience à mener à bien - au mieux ! Chaque histoire nécessite un style d’écriture qui est le sien, en rapport avec son contenu ; on ne raconte pas tout de la même façon, ou alors on fait de la littérature comme on fabrique des saucisses, à la chaîne et toutes pareilles. Cela dit, quand les saucisses sont l’œuvre d’un Simenon, ce n’est pas mauvais !

Alors, plutôt que de parler d’aboutissement réussi pour tel ou tel titre, je préfère dire qu’Ambernave a longtemps mon chéri-chéri d’amour parce qu’il correspondait exactement à ce que je voulais à l’époque, une alliance idéale entre le fond et la forme (avis personnel)... mais qu’il a été détrôné par Chaton : Trilogie pour les mêmes raisons quelques années plus tard – avis toujours personnel !

Que retenez-vous de votre passage dans la prestigieuse Série noire ? Etre aujourd’hui chez un éditeur dont la collection prend le relais niveau mythe, ça confirme votre talent ?

Merci de me reconnaître du talent – comment voulez-vous que je réponde à cette question ?! Je suis déjà content d’être publié ; par, successivement, deux maisons d’importance dans le genre tendrait à confirmer que je ne suis effectivement pas un mauvais auteur ! Alors, je ne peux que dire : pourvu que ça dure…

Le chien est le meilleur ami de l’homme, mais on a l’impression que pour vous ce n’est pas le cas. Que vous êtes dans le camp du meilleur ennemi du chien…

On ne plaisante pas avec les chats, SVP ! Sacré ! Tabou ! Aussi je ne résiste pas à vous coller dans cette interview mes citations favorites pour clore mes courriels :

"Dieu a créé le chat pour donner à l’homme la joie de caresser le tigre." (Joseph Méry)

"Je préfère les chats aux chiens, car il n’y a pas de chat policier." (Jean Cocteau)

"L’homme est civilisé dans la mesure où il comprend le chat." (Oscar Wilde)

"Une maison sans chat - entendons sans chat bien nourri, bien caressé et convenablement honoré - peut être un foyer parfait, sans doute, mais comment saurait-elle le prouver ?" (Mark Twain)

Et pour finir, sans aucun rapport, la signature dont il me faudra encore abuser d’ici à la fin des élections législatives – et sans doute marteler pendant les cinq prochaines années, misère…

Mieux vaut se ramasser une mauvaise gauche qu’une bonne droite, ça fait toujours moins mal – à méditer pour les législatives, à présent !

Franquin dans une de ses planches fait dire à Gaston qu’il serait bien plus tranquille si tous les généraux du monde avaient un chat sur leurs genoux, et vous ?

Je ne peux qu’avouer lui avoir rendu hommage direct page 170 de mon livre Six-Pack (Rivages/Noir n°246 – 1996 – en vente partout – pas cher), une citation directe pour amateurs avertis : « Durand n’a pas cillé, et se met à caresser l’animal. Ça rassure Saverne : un homme avec un chat sur les genoux est inoffensif – les généraux de tous les pas de tir atomiques du monde devraient avoir en permanence un chat sur la braguette. »

Le grand Franquin avait raison dans les années 80. J’en remettais une couche quelque quinze ans après - il est étrange de constater que onze ans plus tard, la réflexion est plus que jamais d’actualité... de sinistre actualité en forme de futurs champignons !

Pour conclure, quel est votre chat célèbre préféré ? Garfield le gras et bidonnant, Grosminet qui se fait toujours avoir par Titi ou un autre ?

Le rouquin Garfield aurait eu ma préférence sur Grosminet ou l’autre « sériale victime » Tom (notons au passage que ce sont deux personnages de science fiction... chez moi, aucune souris ne m’a jamais ramené un cadavre de greffier !), s’il n’y avait avant eux ma star, j’ai nommé Petit Voyou, alias P.V., le siamois chocolat de chez Disney aussi connu comme l’espion aux pattes de velours - et pour respecter la parité, je lui colle la déesse Bastet dans les pattes !

Oppel par Slocombe




Bibliosurf.com 9 rue Eugène Gibez 75015 Paris. Tel 09 61 25 97 52. contact