Bibliosurf.com : derrière l'écran, il y a un libraire Newsletters Twitter Facebook RSS RSS
ACCUEIL
NOUVEAUTÉS
guide
GUIDES
INTERVIEWS
LECTURES
SUR LE WEB
CONSEILS
NUMERIQUES
Merci d'acheter vos livres sur bibliosurf
La Résistance La Déclaration : l’histoire d’Anna

Interview de Gemma Malley

par Bernard Strainchamps
trad. de l’anglais par Jeremy Marnham
Mise en ligne le Décembre 2007 | 2073 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Je crois réellement dans le cycle de la vie - le nouveau remplace l’ancien - qu’il s’agisse d’êtres humains, de feuilles, d’idées...


« La déclaration : l’histoire d’Anna » est votre premier roman traduit en France. Pourriez-vous en quelques mots nous dire qui vous êtes ? Même si vous êtes très âgée... car vous devez être très très vieille pour raconter une histoire aussi horrible !

Je suppose que cela dépend du point de vue. J’ai 36 ans, alors cela fait de moi une vieille pour un adolescent, mais peut-être pas tant que ça pour un septuagénaire ! Je vis à Londres avec mon nouveau-né et mon époux. J’ai débuté en tant que journaliste et avant de me lancer à plein temps dans l’écriture, j’ai travaillé comme fonctionnaire dans le domaine de l’éducation.

Plus de longévité égale moins de naissances possibles. Cette équation est terrifiante. Non ?

Effectivement. Je crois réellement dans le cycle de la vie - le nouveau remplace l’ancien - qu’il s’agisse d’êtres humains, de feuilles, d’idées... C’est la raison pour laquelle j’ai écrit le livre. Il y a tant d’articles consacrés aux progrès importants sur l’allongement de la vie humaine, mais personne ne semble se soucier des implications plus larges.

On vit dans un monde où l’humain renonce progressivement à son humanité. Aujourd’hui, on a avec les immigrés en Europe un comportement similaire à celui des protagonistes de votre roman . Du constat « On ne peut pas accueillir toute la misère du monde », on ferme les yeux sur le travail de chasse organisé par la police. A-t-on encore le choix ou en est-on arrivé au stade extrême de votre livre : une vie contre une vie ?

Je crois que c’est un sujet difficile : il n’y a jamais de réponse simple. Il est tellement facile d’ignorer le malheur des autres, de ne se préoccuper que de son propre monde. C’est pour cela que j’ai crée le personnage de Julia Sharpe. Pour moi, elle est une femme « ordinaire » : elle n’aime pas l’idée que quelqu’un puisse être persécuté et veut aider, mais pas au delà de son confort personnel. Il en va de même pour beaucoup d’entre nous : nous donnons aux oeuvres caritatives, nous nous émouvons lorsque les informations télévisées nous font part de grandes tragédies, mais la plupart du temps nous réussissons à bannir ces choses-là de notre esprit afin de pouvoir mener nos vies tranquillement.

Comment d’une idée, on construit une fiction qui accroche le lecteur ?

Pour moi, tout revient à une histoire. La trame est très importante : je me demande constamment pourquoi les lecteurs souhaiteraient encore tourner la page et connaître la suite. Ils ont investi de l’argent dans mon livre, et je ne veux pas les décevoir ! Je ne débuterais jamais un livre sans en connaître l’histoire, ses revirements, ses tournants. Je sais que cela fonctionne lorsque je suis moi-même en haleine en fin d’écriture !

J’ai un môme qui m’a écrit qu’il se pose mille et une questions depuis la lecture de votre roman. Pensez-vous que la littérature est encore un média qui peut susciter la réflexion chez les jeunes ?

Tout à fait, oui. Je reviens du salon du livre de Montreuil et cela m’a réjoui de voir autant d’enfants et de jeunes avec leurs enseignants et leurs parents. J’ai eu beaucoup de conversations merveilleuses avec de nombreux jeunes qui posaient des questions si sensibles que cela m’a encore plus enthousiasmée pour le métier d’écrivain.

C’est triste que l’on soit aujourd’hui obligé de classer les romans en jeunesse ou en vieillesse. « La déclaration : l’histoire d’Anna » est un formidable roman qui ne sera donc pas lu par tout le monde ! Je ne serais pas content à votre place.

Oh, je n’en suis pas si sûre. Au salon du livre , il y avait de nombreux adultes qui avaient lu le livre, alors je pense que si le livre vaut quelque chose et il trouvera son public. Pour ce qui est des adolescents, je trouve qu’ils sont le public le plus enthousiasmant. Je me souviens moi-même de mon adolescence et d’avoir lu avec tant de voracité. Et les livres que j’ai lus à l’époque ont été très influents pour moi, car c’était le temps de mon apprentissage, le temps où je commençais à me poser des questions sur qui j’étais et sur le monde qui m’entourait. Les adolescents sont très exigeants et très stimulants. C’est angoissant pour un écrivain, mais aussi gratifiant .


Bibliosurf.com 9 rue Eugène Gibez 75015 Paris. Tel 09 61 25 97 52. contact