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Ankou, lève lève-toi Angiomes  La  grande  érosion :  black  sotie L’idiot  n ° 2

Interview de Frédérick Houdaer

par Bernard Strainchamps
Mise en ligne le Avril 2007 | 662 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Romancier, poète, Frédérick Houdaer est avant tout un conteur moderne. Il revient en avril avec "Ankou, lèvetoi", polar féerique publié dans la nouvelle collection Polar Grimoire dans lequel il revisite avec brio et non sans une certaine malice un des plus vieux mythes bretons – l’Ankou ou « l’ouvrier de la mort ».


Répondre à des questions, ça ne vous agace pas trop ?

J’aime le ping-pong. À la télé.

Que faites-vous quand vous n’écrivez pas ?

Je lis. Je repasse les tenues de judo de mes enfants. Je tombe amoureux.

Polar Grimoire est-ce une collection très contraignante pour un auteur ?

La principale (et heureuse) contrainte : prendre au sérieux ces deux mots « littérature populaire ». Et se garder de donner dans la parodie (piège dans lequel j’ai également tendance à tomber trop facilement).

La collection est également « tout public ».

Il n’est que de voir les deux premiers livres de cette collection (les choix en matière de couverture, de typo, d’illustration) pour vérifier à quel point elle est soignée… et à un prix modeste.

Vous attribuez des noms d’auteurs célèbres à vos personnages : Fante, Brautigan, Bishop. Pour leur rendre hommage ?

Fante et Brautigan ? Ils ont gâché ma vie. A 37 ans, j’aurais pu être quelqu’un de bien, tutoyer les puissants sur un green, donner mon nom à une action de charité… si je n’avais pas croisé ce genre d’auteurs sur ma route à la fin de l’adolescence.

Les personnages nommés Bishop, Thornton et cie… Autant de clins d’yeux au film de Peckinpah (« La horde sauvage ») sorti sur les écrans le jour où je suis sorti du ventre de ma mère.

« Ankou, Lève-toi » est un roman d’ambiance. J’ai l’impression que vous appréciez particulièrement décrire, rendre le quotidien, comme un localier, mais en se jouant aussi des conventions. Non ?

C’est vrai. J’écris de gauche à droite, et de haut en bas. C’est une convention. Un truc qu’on m’a inculqué, et qu’aujourd’hui je reproduis. C’est la première convention d’une longue série. Question : quelle est ma marge de manoeuvre là-dedans ? Quand est-ce que l’on commence à écrire pour de bon ? Quand notre regard commence à changer sur le quotidien de façon… radicale ? Quel matériau je travaille avec mon stylo ? Pourquoi ne pas me vouloir une sorte de « localier poétique » ?

Alors, Roswell, c’est une affaire montée par les militaires américains pour masquer la réalité d’une légende bretonne ?

J’ai eu accès à des sources que même les frères Bogdanof ont dédaignées avant leur opération. Après, ils n’étaient plus capables de lire.

Ankou = nucléaire ?

Vous me rappelez le score de Voynet aux dernières présidentielles, déjà ? Le lien Ankou-nucléaire a été plus sûrement établi par Fournier, auteur du meilleur album de Spirou (publié dans les années 70).

Ai-je oublié une question ?

Oui, plusieurs : M’sieur Houdaer, la vie est-elle une fiction réelle ? Comment faites-vous pour lire Paul Morand et Charles Bukowski dans la même journée ? Êtes-vous un ogre ?


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