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Alypios, est-ce un péplum littéraire ?
Tout dépend de ce que l’on entend par péplum... En fait, l’histoire se passe bien dans l’Antiquité mais je ne voudrais pas qu’on la limite à cette seule époque. Les thèmes abordés sont, à mon avis, plus universels. Et certains des paysages où se déroule le récit n’ont pas changé jusqu’à nos jours. Les Romains, c’est un peu un prétexte. Parce qu’il fallait qu’il y ait un maître, un esclave et pas trop de morale judéo-chrétienne là -dedans.
Quand vous avez décidé d’écrire ce roman, aviez-vous en premier le couple, le cadre de l’histoire, le temps historique, ou une idée particulière ? Ce roman, comment l’avez-vous composé ?
Je ne sais plus trop comment cela m’est venu. Il me semble que les deux personnages principaux du roman ont été là , soudain, dans mon imagination, sans vraiment me demander la permission d’y entrer. Ensuite, quelques objets, vus dans un musée ; quelques souvenirs historiques. Des lieux qui me sont familiers et que je trouve infiniment beaux. Enfin, cette idée de travailler sur une métaphore, celle de la passion amoureuse en tant qu’esclavage. Paradoxalement, c’est assez libératoire.

Quand j’ai ouvert ce roman, j’ai eu peur de lire encore une histoire sado-maso entre un maître et un esclave. Il n’en est rien.
En effet ! Ouf ! À quoi nous avons échappé !
Qu’avez-vous cherché à raconter avec ce couple d’homosexuels ?
Bon, disons d’abord qu’il s’agit simplement de deux êtres humains. C’est ça qui compte. Dans l’Antiquité romaine, la notion d’"homosexuel" n’existe pas vraiment. Il y a des choses qui se font et d’autres qui ne se font pas, mais c’est largement lié au statut social des gens. Ce que j’ai cherché à raconter ? L’épaisseur infime qui sépare parfois l’amour de la haine, l’esclavage de la liberté, l’admiration du mépris, la vie de la mort. C’est aussi une histoire entre deux hommes parce que, dans la perspective de ce récit, la seule différence qui doit exister entre eux, au départ, tient à leur position dans la société. Afin que cette différence disparaisse et qu’ils deviennent interchangeables, ou presque... Et puis, surtout, cette idée que rien, jamais, n’est établi. Que tout bonheur n’est qu’un instant fugace glâné sur l’aire du temps qui s’écoule.
L’esclave sauve son maître. Et en faisant, il bouleverse l’ordre établi.
En fait, qu’un esclave sauve la vie de son maître n’a rien d’extraordinaire. Le droit le prévoit, l’y oblige même. Mais ensuite, c’est le maître qui sauve son ancien esclave et qui le traite en égal. Voilà qui bouleverse tout. C’est tellement subversif que c’est impensable. Sauf dans un roman.
Un temps seulement ?
À mon avis, la réponse à cette question se trouve dans les dernières lignes du livre. À décoder, bien sûr.