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La Mort à Lubeck Villas rouges L’escorte

Interview d’Anne Secret

par Bernard Strainchamps
Mise en ligne le Avril 2009 | 1107 visites envoyer l'article par mail title= envoyer par mail à un ami

Secret.A©Hermance Triay C
Secret.A©Hermance Triay C

Des Udo, vous en avez déjà rencontré ? Est-ce pour vous venger d’une histoire d’amour malheureuse que vous avez écrit ce roman ?

Non, je n’ai pas écrit ce texte pour me venger d’un amour malheureux, mais pour décrire un personnage qui commence par vivre une marginalité choisie et assumée (le refus d’entrer dans le carcan professionnel, fût-ce celui d’une prof de lettres à Paris), et qui, à la suite d’une rencontre funeste, finit par subir cette marginalité jusqu’à ses conséquences les plus extrêmes.

C’est Kyra la narratrice. Ce qui veut dire que le lecteur aura la vision partielle de cette femme embarquée par amour dans une histoire qu’elle ne maîtrise pas. Pourquoi avoir choisi Kyra et non Udo ? Comment construit-on un tel roman ?

Dans un roman, j’aime que certains éléments restent dans l’ombre. Ecrire l’histoire du point de vue d’Udo, qui est l’élément moteur du récit et qui détient toutes les clés de l’intrigue, m’aurait paru moins intéressant que d’être du côté de Kyra. Il y a ainsi une dimension de réel qui rentre dans la fiction : dans les histoires de la vie, il y a forcément des éléments qui vous échappent. Par là, j’essaie d’éviter l’impression de roman ficelé où, à la fin, on sait qu’on va forcément retomber sur ses pieds.

Kyra se déplace beaucoup dans ce roman. Pourquoi la Baie de Somme, Paris, le Luxembourg... ?

Les lieux ont beaucoup d’importance dans ce texte. IIs sont d’autant plus présents que Kyra est en rupture de ban et qu’elle se déplace dans l’espace en sachant qu’elle risque à tout moment d’être arrêtée. Elle a donc cette attitude du personnage traqué qui photographie son environnement pour déceler d’où peut venir le danger. J’ai choisi de parler d’endroits que je connaissais et qui m’ont marquée pour une raison ou pour une autre. Et particulièrement d’Ault-Onival (Somme), une station balnéaire très étrange que j’ai découverte dans les années 90 et qui est le lieu pivot de l’histoire.

C’est Marc Villard qui signe la quatrième de couverture. C’est un auteur très attaché au style. Pour vous, un roman, c’est avant tout le sujet, l’intrigue, les personnages, l’ambiance, le style ?

Je ne pense pas qu’un roman, ce soit l’intrigue plutôt que l’ambiance ou le sujet. Je dirais, peut-être banalement, que l’idéal, c’est d’arriver à une sorte d’équilibre. Mais, pour en revenir au style, c’est vrai que je trouve cela très important. Marc Villard est terriblement exigeant par rapport à l’écriture de ses propres textes : ce travail stylistique donne un résultat formellement simple, mais très percutant. Les phrases créent des images qui vous poursuivent longtemps…

Si je vous dis que votre roman noir, même angoissant, est plaisant à lire, vous me répondez quoi ?

Je prends ça comme un compliment ! Mais, à mes yeux, il n’y a pas forcément là une contradiction. Dans les films noirs des années 40, par exemple, l’angoisse n’est pas incompatible avec le plaisir du spectateur…


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