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Garden of love
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Marcus Malte
Tag(s) : Littérature francophone - Roman noir - 10ème festival international du roman noir - Romans de l’été 2007 sélectionnés par Libération

Zulma, 2007. – 330 p. ISBN : 9782843043895.

Troublant, diabolique même, ce manuscrit qu’Alexandre Astrid reçoit par la poste ! Le titre : Garden of love. L’auteur : anonyme. Une provocation pour ce flic sur la touche, à la dérive, mais pas idiot pour autant. Loin de là. Il comprend vite qu’il s’agit de sa propre vie. Dévoyée. Dévoilée. Détruite.

Voilà soudain Astrid renvoyé à ses plus douloureux et violents vertiges. Car l’auteur du texte brouille les pistes. Avec tant de perversion que s’ouvre un subtil jeu de manipulations, de peurs et de pleurs.

Comme dans un impitoyable palais des glaces où s’affronteraient passé et présent, raison et folie, Garden of love est un roman palpitant, virtuose, peuplé de voix intimes qui susurrent à l’oreille confidences et mensonges, tentations et remords. Et tendent un redoutable piège. Avec un fier aplomb. Avec la force et la maîtrise déjà affichées dans la Part des chiens ou Intérieur nord (Prix du Rotary Club de la nouvelle), Marcus Malte, né en 1967, dont l’univers a été comparé à ceux de Jim Thompson, David Goodis ou Harry Crews, fascine par la violence et la tendresse de ses romans, par le charme au sens fort que donne aux rêves la puissance des mots.




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4 chroniques

  • Garden of love

    20 février 2007 08:50
    par Arno Servant ( 9 chroniques )
    Mattieu, Florence et leurs enfants. L’ombre d’Ariel. Alexandre, le flic au placard, qui reçoit un manuscrit où toute sa vie y est résumée. Ces personnages tour à tour narrateur se sont connus. Ce dernier très bon roman de Marcus Malte est un ensemble de jeux de miroirs qui joue avec le lecteur comme avec le temps. Le style fin et énergique donne un ensemble très réussi. Garden of love est un conte onirique noir aux personnages justes et ciselés par l’auteur de « La part des chiens Â» Zulma 2003.Marcus Malte un auteur à découvrir au Fleuve Noir et « chez Â» Zulma.

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  • Garden of love

    2 mai 2007 11:46
    par Sandrine Brugot Maillard ( 1 chronique )
    Construction machiavélique : on se perd parmi les narrateurs, les personnages... il faut aimer être mené par le bout du nez dans une intrigue riche et complexe et accepter de ne pas tout comprendre tout de suite. On a nettement l’impression qu’ils sont plusieurs sous le chapeau... Et on s’interroge : Malte va-t-il terminer en apothéose cette construction psychologique subtile ? Eh bien oui. Certaines scènes très dures sont écrites dans une langue irréprochable, jamais vulgaire malgré le sujet. Un roman captivant, maîtrisé, inlachable avant la fin : excellent.

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  • Garden of love

    9 juin 2007 21:34
    par Roger Martin ( 30 chroniques )

    Vous recevez par la poste un manuscrit qui raconte votre vie. Que faites-vous ? Un roman brillant et inspiré où le policier n’est qu’un prétexte.

    Jean-Claude Izzo avait attiré l’attention sur Marcus Malte. À juste titre. En dix ans, du Doigt d’Horace à ce Garden of Love, au titre trompeur, qui évoquerait plutôt le Jardin des supplices de Mirbeau, Malte, auteur trop discret, a bâti une oeuvre complexe et exigeante. Quand Alexandre Astrid reçoit par la poste un manuscrit retraçant des pans entiers de son existence, entre ascension, déchéance, et mort d’êtres chers qu’on n’a pas su protéger, il est condamné à affronter son passé. Et celui de son persécuteur-libérateur, Janus machiavélique - un étranger vêtu de noir qui lui ressemble comme un frère ? -, qui réveille des démons enfouis pour mieux le torturer. Assemblant avec une belle maîtrise confessions et témoignages gigognes forçant le lecteur à une attention minutieuse, Malte, au-delà d’une intrigue faussement policière, nous offre un récit hanté par ses propres obsessions, une réflexion tourmentée sur le bien et le mal, qui dévoile la part d’ombre et de lumière de chacun des protagonistes. Le recours à plusieurs narrateurs, dont aucun n’est innocent, mais dont tous sont victimes - deus ex machina y compris -, hantés par la faute et la volonté d’expiation, n’est qu’un paravent. Dans Garden of Love, irrigué par les thèmes du romantisme noir, celui de Byron, Hugo ou Vigny, Je est toujours un autre. Crime, repentir, expiation, ce récit où l’oeil est toujours dans la tombe et où le malin se suicide à l’âge du Christ au dernier jour, trahit, sur fond de noirceur, de perversion et de schizophrénie, la patte d’un écrivain. Amateur de musique et de poésie, Malte passe de Bach et Haendel à Brahms et Liszt, de l’architecture au désordre des passions et fait écho, volonté délibérée ou réminiscence involontaire, mais inévitable, à Musset et sa Nuit de décembre. « Il y avait belle lurette que mon âme avait quitté le navire... Â», confie le flic déchu. Qu’on ne trouve surtout pas dans cette confession prétexte à refuser de monter à bord de ce vaisseau ivre, chargé d’illusions perdues et de désespérance et servi par une langue superbe.

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  • Garden of love

    15 juin 2007 11:05
    par Jean-Marc Laherrère ( 625 chroniques )

    Serial killer, personnage mystérieux incarnation du Mal absolu, avec tout le charme irrésistible que l’on prête au Diable, flic à la dérive aux tendances autodestructrices … On pourrait se croire dans le Nième thriller formaté. Erreur ! Rarement la puissance d’attraction vénéneuse n’a été rendue avec autant de subtilité, de sensibilité, et de poésie. Rares sont les romans qui arrivent à créer une telle tension, une telle curiosité, avec une telle économie de moyens. Peu de bouquins ont réussi à rendre de façon aussi tangible l’effet apaisant d’un morceau de piano ou l’angoisse d’avoir à ouvrir la dernière porte, celle derrière laquelle se trouve se que l’on redoute le plus. Les personnages sont bouleversants, la construction d’une virtuosité étincelante, et le final est à la hauteur des attentes, forcément immenses, que crée le début du roman.

    Pour finir, un détail, qui vient parachever la perfection de l’œuvre : Zulma a fait un magnifique travail d’édition, et il y a un véritable plaisir sensuel à tenir et feuilleter le roman.

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