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Qu’il s’agisse de romans policiers ou autres, les critères sont pour nous les mêmes : est-ce que c’est bien écrit, est-ce que cela raconte une vraie histoire, est-ce qu’en tant que lectrice cela me passionne véritablement ?
Dans un article publié dans Libération le 26 juin 2007, Anne-Françoise Hivert écrivait que 74 nouveaux romans policiers on été publié en Suède l’an dernier. Je suppose que seul un extra-terrestre peut avoir lu l’ensemble de la production éditoriale des pays nordiques. Comment surfer vous sur cette vague ? Comment sélectionnez-vous les auteurs et les titres que vous publiez ?
En suède, il y a effectivement une importante vague de romans policiers. Il parait que les trois-quarts des publications de littérature sont dans ce domaine. Mais il faut savoir qu’en Scandinavie, "roman policier" est une dénomination plus vaste qu’en France. Pour se tenir au courant, et sélectionner, pas d’autres moyens que la communication et la lecture. Qu’il s’agisse de romans policiers ou autres, les critères sont pour nous les mêmes : est-ce que c’est bien écrit, est-ce que cela raconte une vraie histoire, est-ce qu’en tant que lectrice cela me passionne véritablement ?
Le polar venu du froid a ses détracteurs qui pensent cette littérature est du sous Simenon qui ne se renouvelle pas. Quelle est votre opinion ? L’école scandinave est-elle une réalité ?
La littérature policière a beaucoup évolué, certes, mais dans tous les genres littéraires, policière ou pas, on trouve des bons livres et des mauvais livres. Le polar scandinave se caractérise par ses préoccupations sociales (véritablement initiées par Sjöwall et Wahlö dans les années 60 / 70), et par l’aspect humain du policier, juge, détective privé ou autre qui mène l’enquête. Ce personnage principal, homme ou femme, est, justement un homme ou une femme à part entière, avec sa propre vie et ses préoccupations personnelles.
Les éditions Gaïa sont identifiées comme spécialisées en littérature nordique. La collection Gaïa polar bénéficie-t-elle de l’engouement pour le polar nordique. Les tirages sont-ils importants ?
Gaïa bénéficie certes de l’engouement pour le polar nordique, mais au risque de paraitre immodeste, je rajouterai que nous y sommes également pour quelque chose. Quand la presse parle des "polars venus du froid", les plus connus des auteurs de Gaïa font en général partie des auteurs mentionnés (Staalesen, Davidsen, Nesbø...) En première édition, les premiers tirages ne sont pas très importants, mais en poche (les trois auteurs mentionnés sont tous publiés d’abord par Gaïa, ensuite par Folio Policier) cela peut atteindre des gros chiffres.
Pourquoi ce changement de maquette ?
Nous avons changé de maquette parce que nous avons trouvé que la première maquette aux tonalités grises faisait trop "littéraire". La nouvelle maquette annonce plus franchement qu’ils s’agit de romans policiers.
Actes sud a lancé une nouvelle collection en s’appuyant sur la déferlante Millenium. Le Seuil a Mankell. Gallimard publie désormais Jo Nesbo. Dans votre catalogue, vous avez certes deux auteurs très appréciés du public – Leif Davidsen et Gunnar Staalesen - ; toutefois comment faites-vous pour vous imposer ?
Il est toujours difficile de s’imposer, mais en littérature policière le passage en édition de poche est déterminant, car c’est avec le poche que l’on touche le grand public. La "déferlante" Millénium chez Actes Sud est une heureuse exception. Quant à Mankell au Seuil, il ne faut pas oublier que le succès n’a pas été immédiat. Il a fallu du temps pour faire connaitre, pour "imposer" Mankell en France. On s’impose en y croyant et en s’obstinant.
Pourriez-vous nous dire quelques mots les polars que vous allez publier prochainement ?
En janvier un roman de suspense, L’otage, du danois Olav Hergel, journaliste de métier tout comme Leif Davidsen, et dont le roman n’est pas sans rappeler le style de Davidsen. Et en février un polar islandais, Brouillages de Jon Hallur Stéfansson.