Franconville, ses immeubles, son Leclerc, sa sortie d’autoroute, son Mondial Pêche. Une banlieue, ni chicos, ni craignos, juste une banlieue "normale", habitée par des gens "normaux" qui s’emmerdent "normalement". C’est là qu’habite Richard Mortin, là qu’il travaille, et là qu’il s’ennuie sans même s’en rendre compte. Jusqu’au jour où la seule personne avec qui il a un vague lien d’amitié, Raul, son voisin, est accusé d’avoir tué sa femme. Et Raul, il le connaît, il sait qu’il la bat de temps en temps Françoise, quand il est en manque, mais qu’il est bien incapable de tuer quelqu’un. Richard se met alors à se bouger, et décide de tout faire pour sortir son pote de prison.
Chronique d’un ennui mortel !! Mais le lecteur lui ne s’ennuie pas, et ça c’est fort. La banlieue que l’on ne connaît pas, où chacun s’emmerde dans son coin, devant sa télé et son plateau repas, où les gens ne se parlent pas, se croisent à peine, où la routine du boulot et des transport anesthésie tout. Chronique de haines tièdes, de rancoeurs moyennes, de galères supportables, mais de détresses réelles. Et vraiment que cela ne vous décourage pas, Gilles Bornais réussit à rendre cette chroniqueintéressante pour le lecteur ; vive le tour de passe-passe de la littérature. Il faut dire qu’il distille de petits coups de théâtre avec un art consommé, du début à la fin.
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