Washington, de nos jours. Lorenzon Brown sort juste de prison. Désirant très fortement se réinsérer, il coupe les ponts avec ses anciens potes dealers, parmi lesquels Nigel Johnson, ex ami et nouveau caïd. Lorenzo est en conditionnelle et son contrôleur judiciaire est une latino canon (Rachel Lopez) qui a quelques soucis de bouteille. Lorenzo bosse à la Human Society, une sorte de SPA privée en contrat avec la municipalité. Lorenzo, le noir, avec son pote Mark, le blanc, sillonnent la ville pour emmerder les propriétaires des clébards battus, laissés dans leurs déjections, ou dressés au combat pour les paris clandestins.
Côté came, dans la rue, le quartier est partagé entre Nigel et Deacon Taylor. Partagé au trottoir près, attention. Et la moindre méprise peut avoir de très sanglantes conséquences, car parmi les petits soldats de nos deux cadors, des gamins cruels à moitié décérébrés prennent des libertés pas vraiment favorables au bizeness. Quoi que, à terme, c’est encore à voir…
Une fois de plus, Pelecanos met en scène (si on peut dire) la sinistre situation de la population noire de Washington. Ses nouveaux personnages prennent très vite de l’épaisseur et l’humanité qui habite même les plus sauvages d’entre eux enlève au lecteur toute envie réflexe de punition violente. Bref, tout le talent de Pelecanos est là , son écriture limpide, ses dialogues toujours parfaits (ah, ces séances chez les narco anonymes…) à l’exception peut-être de cette scène un peu limite dans laquelle Lorenzo console bêtement son pote Mark après l’exécution d’un chien dangereux qui venait de la mordre. Bon, c’est un détail. L’enchaînement des événements est implacable et, c’est une habitude, le bouquin est difficile à lâcher. La traduction est remarquable, même si on peut déplorer l’utilisation d’expressions branchouilles horripilantes du genre « ça l’fait pas » et autre vocabulaire de caïd de la téci (« zonzon »), etc. C’est un autre détail…
Bref, on peut certes trouver que Drama City accuse un tout petit fléchissement dans la production superlative de cet auteur exceptionnel (ne nous lassons pas de le rappeler), mais ce roman trouve néanmoins très facilement sa place dans la couche supérieure de la production actuelle.
Répondre à ce message