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C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc
13.5 € Délai de livraison : 8/10 jours
Lilian Bathelot
Tag(s) : - Littérature jeunesse - Science-fiction - 10ème festival international du roman noir - Le Navire en pleine ville

Le Navire en pleine ville, juin 2006. 251 p. (Sous le Vent) ISBN : 2916517049

Dans une société hyper technologique, tous les habitants de la planète sont reliés au réseau de surveillance de leur zone gouvernementale. Les territoires Inuits, pourtant, ne suivent pas la règle commune ; là, pas de surveillance, une certaine liberté et de grands espaces sauvages où l’on peut échapper au reste du monde, soit pour le plaisir de retrouver la nature et des gestes ataviques , soit pour des raisons plus complexes et plus secrètes. Les gouvernements planétaires tentent désespérément de trouver une parade à cet indépendance, et d’en comprendre le pourquoi et le comment. Cela a, semble-t-il, fort à voir avec les narvals, ces mammifères marins à longue dent de licorne, et avec leur sonar si particulier. C’est un roman de science-fiction écologique, soutenu par une intrigue menée avec une grande subtilité, que nous offre Lilian Bathelot. L’interaction constante du récit et de ses méthodes narratives, le refus de toute concession à la simplification, font de "C’est l’Inuit qui concession le Souvenir du Blanc" un roman exceptionnelle brillant.




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1 chronique

  • C’est l’Inuit qui gardera le souvenir du blanc

    25 avril 2008 12:46
    par Cobinh ( 1 chronique )

    "C’est l’Inuit..." est d’abord, pris au premier degré, un excellent roman d’aventures et d’anticipation qui nous ballade du Sud de la France au plus profond des paysages arctiques. Autant dire que les degrés sont à géographie variable dans ce récit qui renvoie autant aux images primitives de Flaherty qu’à celles spatio-temporelles de Star Streck. Ce qui n’est pas le moindre de ses charmes.

    Habilement construit dans un style d’une grande limpidité, l’histoire avance sur deux niveaux narratifs, alternance d’un regard porté sur deux univers dont on se dit au fil de l’intrigue que la rencontre a toute les chances d’être explosive. D’un côté un monde regroupant les pays dominants regroupés dans des zones hyper protégées et sécurisées, que l’on peut voir comme une extension de ce que l’on appelle le monde "civilisé", et de l’autre le reste de la planète parmi lesquels les Indigènes habitant les régions polaires.

    Roman d’aventures donc. Et d’abord celles que va vivre Kisimii, jeune femme Inuit partie vivre sa Première Chasse, une sorte de rituel qui est un passage initiatique vers l’âge adulte. Un parcours qui n’a jamais rien de simple, mais s’en trouve singulièrement compliqué lorsque l’imprévu s’en mêle et vous propulse dans la position inconfortable de gibier. Et lorsque cette Première Chasse devient le théâtre d’opérations quasi militaire où l’enjeu n’est rien de moins que l’avenir de l’humanité, le mercure grimpe de plusieurs crans sur la banquise en même temps que le suspense.

    Roman d’anticipation ensuite, parce que nous sommes en 2089, c’est-à-dire pas très loin du XXXe siècle mais encore avec un pied qui trempe dans le XXe. Et si les progrès technologiques en font un univers ancré dans la science-fiction, il n’est finalement pas si éloigné de celui dans lequel nous pataugeons. Un monde tout juste un peu plus mondialisé par ces progrès qui ne sont rien d’autre qu’une arme de domination des pays "développés" contre le reste de la planète. Tiens, ça ne vous rappelle rien... Mais ces avancées technologiques ont un coût, et c’est l’homme qui en fait les frais, y laissant au passage une grande part de son humanité. Celle justement véhiculé par les Indigènes qui s’obstinent a se transmettre des valeurs directement puisées dans l’expérience d’une mémoire ancestrale. Au-delà du controle du monde, l’enjeu de la partie qui va se dérouler se trouve là, dans ce rapport à la mémoire, à la transmission et aux images (le moyen que vont utiliser les Inuits pour accéder à la liberté est un joli pied de nez en même temps qu’un clin d’oeil à notre monde déja sur-médiatisé où rien ne semble exister sans image), au sens que l’on donne à tout cela et qui détermine notre rapport au monde. A travers ce monde futuriste, c’est aussi un regard porté sur celui d’aujourd’hui, parce qu’il porte les germes - et les virus - de ce que nous ferons de demain. Après c’est juste le choix d’une conception du monde. Mais attention, n’allez pas croire que cette réflexion fait de " C’est l’Inuit..." un roman à thèse au message un peu lourdingue. Non, tout cela est en creux, l’air de rien, comme un filigrane qui traverse l’aventure, mais à voir la tendresse avec laquelle Lilian Bathelot enveloppe le personnage de Kisimii on devine aisément vers quel monde va sa préférence. Et en lisant son roman, c’est avec beaucoup de plaisir et sans retenue qu’on glisse avec lui sur cette banquise là.

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