Anthracite
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trad. de l’italien par Jacques Barbéri. Paris : Payot et Rivages, 2004. 333 p. ; couv. ill. en coul., 24 cm. (Rivagesthriller, 09903151).
Bibliogr., 4 p..
ISBN : 9782743613006.
1875. Dix ans ont passé depuis la fin de la guerre de Sécession. Les jeunes États-Unis sont désormais un territoire à conquérir pour les puissants conglomérats de l’industrie du rail, du charbon et de l’acier. Entré au service des Molly Maguires, une organisation secrète qui opère au sein des mineurs irlandais de Pennsylvanie, le mercenaire Pantera se retrouve au coeur d’un puzzle complexe. Ici, les conflits sociaux ne sont que façade, masquant des forces souterraines qui se livrent une lutte sans pitié dont l’enjeu est la domination de l’Amérique pour les siècles à venir. Roman inclassable aux multiples clés, western à l’italienne digne de Sergio Leone, lecture sociale et politique des origines de l’Amérique moderne, Anthracite est tout cela et plus encore. Auteur du surprenant cycle de l’inquisiteur Nicolas Eymerich, traduit en dix langues, Valerio Evangelisti est aujourd’hui considéré en Italie comme l’un des maîtres du roman moderne. Traduit de l’italien par Jacques Barberi
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Mauvais genres (1999-2005). Par Laurent Greusard
Si au départ, le western racontait des aventures échevelées, puis s’est teinté chez Leonard ou Pelot de considérations humanistes, c’est Manchette qui avait introduit les théories marxistes dans un de ses premiers romans. Ici, Evangelisti enfonce le clou et le western est aussi le prétexte à montrer des luttes d’influence, de pouvoirs, des luttes syndicales et bourgeoises, à travers des complots et des traîtrises, à travers des groupes de puissants qui manipulent, pour les déconsidérer, des groupes de pauvres (Evangelisti fait là aussi une parabole sur la propre situation des mouvements d’extrême gauche, dont parfois les dirigeants furent liés aux loges et aux groupements d’extrême droite ou pro-américains). Aux confluent des mauvais genres (le western, le polar, le roman noir, quelques éléments fantastiques (ici, le vaudou vu en demi-teintes et un inquiétant personnage qui commande aux rats, la maladie qui ressemble à une malédiction), Anthracite est un roman puissant, où le lecteur, est, comme le héros, ballotté entre les différents groupes sans trop saisir ce qui se passe, plongé dans des pièges sans fin, où il doit constamment justifier de son attachement à une cause, où les personnages féminins semblent les seules lueurs d’espoir (même si le final ouvert laisse entrevoir une fin désespérée) et le passage d’Evangelisti vers la collection Thriller va peut-être lui ouvrir un nouveau public.
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